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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 09:33

Poisson-AvrilCostantino Frontalini qui a fondé en Italie le Musée du sidecar se demande de quelle origine est celui qu'il vient de découvrir. Il penche pour une fabrication française mais sans certitude. Il pourrait s'agir d'une construction destinée à un défilé de carnaval. Si vous avez le moindre indice, on joint Costantino sur www.sidecar.it ou bien info@sidecar.it

Side-poisson-photo-1.jpg

À sa photo, Costantino a joint un autre document (ci-dessous) provenant d'Allemagne et représentant un cyclecar en forme de poisson, entraîné par une roue avant motrice DKW. Preuve que l'idée d'un poisson moto ou cyclo-cariste était répandue en Europe rattachée à la tradition du poisson d'avril en papier accroché dans le dos des passants. 

Side-poisson-photo-2.jpg

1928-carnaval-moto338.jpgLe poisson d'avril est précédé par le carnaval de la Mi-Carême qui se déroule durant le mois de mars à des dates diverses, parfois sur plusieurs jours. À Nantes en 1928, la moto était à l'honneur puisque le roi de la fête était ce monumental char motocycliste.

MotoAvion-Campion-001.jpgPhoto d'un char, belge sans doute, puisqu'il nous vient d'Yves Campion qui voudrait bien que cette carlingue cache une Gillet d'Herstal, sa marque préférée.

2012-Nice-c162b704.jpgEn 2012 à Nice, le thème du carnaval était LE SPORT d'où cet impressionnant char motocycliste, sans doute en hommage au maire que-vous-savez...

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:38

"Les motos ressemblent de plus en plus à des voitures : la moindre 125 possède aujourd'hui un démarreur électrique comme si la nouvelle génération de motards était composée exclusivement de jeunes filles chlorotiques : entendons-nous, je ne suis pas contre le progrès technique, mais j'ai une certaine idée de la moto comme instrument decid 2 0691C7480691C50800590095C1256FEF plaisirs particuliers, de plaisirs motocyclistes qui n'ont rien à voir avec les plaisirs automobilistes (...). Le but de mon opération est d'essayer de présenter aux motards des motos le plus "motos" possible, des motos sans concessions et sans clins d'œil aux profanes, des motos de motards avec tous leurs défauts mais aussi avec toutes les qualités qui font de la moto ce qu'elle est : un instrument de plaisir extraordinaire".

Celui qui parlait ainsi avait 24 ans et c'est Moto Journal qui en 1974 accueillait son texte sur une page entière dont extraits ci-dessus. C'était signé Chaketoff, pseudo transparent de celui qui allait se faire connaître dans le monde du design sous son vrai nom : Sacha Ketoff (photo) et dont l'œuvre la plus connue du public est une lampe de bureau (ci-contre). LeLampe W.O. Sacha Ketoff430 design, mais pas seulement car il a exercé dans bien d'autres domaines : chanteur (deux disques au moins à son actif), dessinateur, peintre, cinéaste (un court-métrage multi-primé dans des festivals), architecte, romancier, photographe. Sa profession de foi motocycliste se voulait provocante au moment où la vague japonaise déferlait sur l'Europe. Et encore plus provocante puique la "moto moto" qu'il portait ainsi aux nues était une Matchless 350, un monocylindre britannique vieux de 10 ans !

En face de ce texte, sur une page entière (encore) la photo de ce mono. Mais un mono rendu presque méconnaissable dans sa nudité car privé de son réservoir "naturel" mettant en valeur son majestueux cylindre de 72 mm x 85,5. De quoi foudroyer de jalousie tout youngtimer en mal de "personnalisation" de sa BMW afin de rider à la coule (*). Pas une Serie 2, bien sûr, mais une Serie 5 avec de gros pneus cross retaillés et un réservoir "peint en rouille".

(*) C'est nouveau : on ne roule plus, on "ride" et "à la coule" ne veut pas dire qu'on est quelqu'un que l'on n'abuse pas, mais qu'on roule "cool". Vous l'aviez compris. Le langage des journalistes s'enrichit à chaque instant, mais il me semble qu'un certain Jean-Baptiste Poquelin a écrit là-dessus, dont une fameuse réplique "Voiturez-nous ici les commodités de la conversation".

1974-Matchelss-Sacha-Ket332.jpg

(Photo Moto Journal)

Pour Sacha "un cadre chromé c'est bien plus beau qu'un cadre pas chromé", donc le cadre et les attaches-moteur de cette Matchless  sont entièrement chromés. Et Sacha n'était pas peu fier de la réflexion du chromeur à qui il avait confié ce travail : "Je connais un monsieur qui a une Bugatti. Si vous voyiez comment est construite cette voiture : exactement comme votre cadre, les pièces sont emmanchées, brasées à l'argent et au laiton et ensuite finies à la lime". Le réservoir est bien ce que vous pensez, une grosse douille d'obus en cuivre poli... Le reste de la présentation est moins exhubérant car Sacha ne voulait pas faire un chopper qui, selon lui, devait avoir un moteur multicylindre. Il s'est donc contenté de peindre à l'acrylique le réservoir d'huile et la boîte à outils puis de les décorer "par un placage à la feuille d'argent" protégé par plusieurs couches de laque transparente.

Cependant c'est le moteur qui enthousiasmait Sacha car, écrivait-il : "D'abord c'est un mono culbuté, c'est-à-dire l'instrument ultime du plaisir motocycliste, super longue-course poussant fort à bas régime, c'est le nirvana que de se promener à 3000 tours sur les petites routes sinueuses de la vallée de Chevreuse !". 

Cette Matchless est unique et elle le restera à tout jamais pour deux raisons. Primo : son créateur ne s'est plus jamais manifesté dans le champ motocycliste. Secundo : il est mort le 8 avril peu après le vernissage d'une nouvelle exposition de ses œuvres à Paris (Galerie Maia Muller, 19 rue Chapon 75003 Paris). Il paraît que sa lampe est entrée dans les collections du Musée Pompidou ainsi que plusieurs de ses photos. À côté de ces objets d'art sa moto ne serait nullement déplacée, d'autant qu'elle existerait toujours me suis-je laissé dire.

1962 matchless mono 350333La base de la machine de Sacha, un peu "crossifiée" était cette Mercury 350 de 25 chevaux avec une "selle généreuse conçue pour de larges et mâles fesses de postier britannique" (dixit Sacha). En version normale toute noire et chrome, elle pouvait , moyennant finances se retrouver dans cette robe rouge "polychromatic".

47316-7790603-7L'une des œuvres présentées par la Galerie Maia Muller. Sacha puisait son inspiration partout, glorifiant aussi bien Homer Simpson que Youri Gagarine et Thelonious Monk. Titre de cette peinture : "Mater Dolorosa wearing a Chanel handbag" ( document www.saatchiart.com).

La lampe de 1985 se nomme "W.O." en hommage aux frères Wilbur et Orville Wright, les pionniers de l'aviation.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 12:07

Gilera-4-Christian-Constans.jpgChristian Constans (signature : C.C.) en recherche de vitesse sur la Gilera 4 cylindres championne du Monde en 1955 avec Geoff Duke. Le numéro 50 est celui qu'elle portait au Tourist Trophy que Duke venait de gagner comme trois autres des huit Grands Prix de la saison. Photo prise lors de l'installation des stands du Salon de Paris 1955. À la fin des années 50, le frère de C.Constans, Jacques, fit quelques mémorables étincelles en course sur un 125 Rumi Junior à fourche Earles.

Norton-carenage-Christian-Rey.jpgDevant une vitrine du magasin de Clément Garreau, importateur des Norton, le rédacteur-en-chef de MR, Christian Rey (signature : C.R. ou André Cam) pose sur une Dominator nantie d'un imposant carénage "Avon Streamliner" qu'il va essayer pour la revue. 

Bruno Nardini265Entré comme rédacteur à Moto Revue au début des années 50, Bruno Nardini (signature : B.N.) en deviendra le rédacteur-en-chef à partir d'octobre 1968. Il succédait ainsi à Christian Rey parti à La Revue Technique Motocycliste après la vente de Moto Revue aux Éditions Larivière. À Moto Revue régnait la plus large polyvalence et un rédacteur pouvait aussi jouer les "top models" le temps d'une photo (ci-dessus) illustrant un numéro "Spécial Équipements".

Bruno-Constans-X-pilote938.jpgRetrouvailles à Montlhéry lors de la reprise du Bol d'or, Bruno Nardini à gauche parlant à un pilote (nom ?) sous l'œil de Christian Constans (moustache) qui était alors au Secrétariat de rédaction à France Soir. Cette photo a déjà été publiée ici, sans doute dans l'article évoquant le Bol 1969.

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 17:17

À L'ATTENTION DE CEUX QUI PRENNENT LE TRAIN EN MARCHE

La série d'articles qui commence aujourd'hui est la suite des trois livres consacrés à "La Motocyclette en France". Sont déjà parus un volume sur la période "1894 - 1914", un deuxième sur "1914 - 1921" et enfin un troisième traitant les années 1922 à 1924. Ce dernier est le seul encore disponible.

J'en profite pour effectuer quelques mises au point et rectifier des erreurs qui entachent le volume 1922-1924 dont beaucoup m'ont été signalées par Claude Scalet, lecteur particulièrement attentif, grand connaisseur et pratiquant de la moto ancienne ou pas. Des qualités qui l'ont mené à certaines responsabilités au sein de la F.F.V.E. (Fédération Française des Véhicules d'Époque), ce qui n'est pas rien.

En couverture (ça commence bien !), la pulpeuse créature est au côté de Smet et non pas Naas, même si les deux hommes se ressemblent. On rectifiera dans le même sens les légendes des pages intérieures 51 et 52. Page 86, légende de la photo de Gillard : la Peugeot n'avait pas de pompe à huile sur le flanc gauche. Page 128 : Sourdot serait le pilote au milieu de la photo en haut de page. Page 156 : c'est Bernard sur l'ABC et non Naas. Page 157 : le pilote du side Koehler-Escoffier est Martial Bernard. Page 184, Gaussorgues est bien aux Alpilles, mais en 1924, pas 1923. 

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1925 : PAS DE CADEAUX À LA GAUCHE FRANÇAISE !

La santé économique de la France des années 20 se mesure à la valeur de sa monnaie sur le marché des changes. Ce franc 1925 est la cible de spéculateurs dont les manœuvres amorcées l’année précédente provoquent inflation et vie chère dans notre pays. Comme le notait avec un rien d’ironie l’économiste Alfred Sauvy “ L’arrivée d’un gouvernement de gauche (ndlr : celui du Cartel des Gauches - socialistes + radicaux - élu en mai 1924) n’a, en soi, rien de favorable au marché des changes, si influencé par les migrations de capitaux ”. Effectivement, plusieurs ministères du Cartel feront les frais de cette spéculation.

Amorçant un triste jeu de “ chaises musicales ”, le ministère d’Edouard Herriot tombe en avril. Paul Painlevé prend sa suite puis démissionne en octobre pour reformer aussitôt un autre ministère. Nouvel démission de Painlevé en novembre et arrivée de Briand. Pendant ces péripéties le franc continue sa dégringolade devant la livre sterling, monnaie-étalon de l’époque.

1925-Indian-Prince-color323.jpg Une page en couleur (une seule, le bleu !) de Moto Revue : la publicité Indian n'a pas lésiné sur les moyens pour le lancement de la Prince.

Pour le motocycliste, cette spéculation se traduit par une valse des étiquettes qui rend inaccessibles les machines étrangères neuves. Exemple avec la nouvelle Indian Prince 350 mono latérales : en février 1925 elle valait 3 950 F mais 4 925 F en octobre car le dollar suivait de près la livre sterling dans son ascension... Cotant 84 F au début de 1924 cette insolente livre ne cesse de monter et frôle les 134 F en décembre 1925 ! Encore un peu plus tard, en 1927, alors que le franc est dit  “ stabilisé ”, l’Indian est affichée à 8 800 F !

CAHOTIQUE RECONSTRUCTION

La production industrielle française a pourtant progressé régulièrement depuis l’Armistice. Elle était à l’indice 104 au début 1924 (à partir de l’indice 100 de 1913), puis monte à 116 en octobre mais elle retombe à 105 en août 1925. Dans les industries mécaniques, où figurent l’automobile et la moto, on remarque le même fléchissement de leur indice spécifique : il chute de 123 à 115 entre 1924 et 1925.

Mais la moto de construction française ne peut pas lutter à armes égales avec l'étranger. Ainsi D.S., qui deviendra bientôt Ets D.S. Malterre Frères, et qui a commencé par1925 Culasse Indian328 le1925 DS culasse new324 commerce des Indian et Harley-Davidson des surplus américains, remanie (toujours aux cotes moteur Indian 79 x 101),  modérément sa 500 latérales vendue 4 200 F. Or, c'est  250 F de plus que l'Indian Prince de référence ci-dessus. On n'a pas oublié que le moteur monocylindre de la D.S. est largement dérivé de celui des twins Indian (cylindre, culasse, piston), ce qui par conséquent n'a pas dû entraîner des gros frais de recherches techniques... Bien que de 350 cm3 seulement, la Prince bénéficiait évidemment de la réputation des Indian acquise durant la guerre.

Nouveau cylindre et nouvelle culasse sur la D.S., (dessin à droite) mais toujours avec la bougie facilement démontable. Le bouchon ailetté censé améliorer le refroidissement se dévisse pour accéder à la soupape d'échappement et la dégripper éventuellement. Il permet de procéder à son rodage sans toucher au calage de distribution. Les queues de soupapes de la D.S. ont perdu les caches nickelés Indian visibles sur la photo à gauche (photo extraite du manuel d'entretien Indian. Le cylindre avant est à demi soulevé sur son embase).

1925-DS-malterre-new-500319.jpg Avant de céder la place à d'autres modèles vers 1927, cette D.S. aura reçu une pompe à huile mécanique G.I.F., fixée extérieurement au carter de distribution.

Dans les petites annonces de vente, parmi les nombreuses colonnes consacrées aux trois-roues on trouve en moyenne une trentaine de sides Harley et Indian encadrant une Gnome-Rhône et une paire de René Gillet. C’est assez dire que peu de françaises sont capables d’être attelées. Ce dont se plaint un lecteur de Moto Revue qui demande à nos constructeurs de se pencher sur le problème du motocycliste qui a pris goût au sidecar avec ceux des surplus et qui ne trouve pas de quoi le remplacer à moins de 6 ou 8 000 F dans la production nationale. Pour mémoire, une 750 René Gillet neuve est à 4 995 F en solo alors qu’on trouve encore des Indian 1000 à partir de 2 500 F avec sidecar (!) et une garantie de 6 mois. Autre solution, monter soi-même une Indian à partir de pièces d’occasion : 1700 F en solo et 325 F de plus avec un châssis de side !

Indian-side-Studio.jpgEn studio et sur un fond de toile peinte, un attelage Indian peut-être remis en état par les deux compères qui ont conservé leurs tenues de mécaniciens. L'éclairage alimenté par la bouteille d'acétylène était un vrai luxe !

La consommation élevée de ces twins reste un handicap malgré les efforts de Solex ou Zénith qui ont conçu des carburateurs spéciaux pour eux. Méthode encore plus radicale, les Ets P. Poinard proposent de chemiser (à froid) les cylindres ce qui est censé ramener la consommation aux alentours de 4 à 5 litres aux 100. D’ailleurs, proclame Poinard “ pour le solo la transformation s’impose entièrement car une moto de 9 CV en solo est manifestement trop forte ; pour le sidecar la diminution de vitesse (...) ne se fera pas sentir de façon trop appréciable ”.

LES CHARLATANS DU CARBURANT

Ce casse-tête autour de l’essence n’est pas atténué par la réapparition du fameux et moins onéreux Carburant National, un mélange 50/50 d’essence et d’alcool. Il serait enfin au point, dit-on, car “ débarrassé de ses impuretés, en sorte que les métaux Šcomposant le moteur‹ ne se trouvent plus attaqués ” (sic). Ce sera un fiasco commercial de plus, alors que le salut est annoncé avec la Makonine, nouvelle recette cuisinée par un chimiste russe qui lui a donné son nom. Les essais menés “ dans la plusBidon 5 litres bleu grande discrétion ” sur des camions de l’Armée étaient encourageants, au point que M. Makonine reçut les félicitations officielles du président de la République Gaston Doumergue. Il est vrai que l'inventeur avait fait don à la France de son procédé dérivé des sous-produits de la houille. La miraculeuse Makonine disparaîtra assez vite, traînant dans son sillage un vague parfum d’escroquerie.

La terminaison en "ine" du nom d'un quelconque carburant est la garantie d'un produit élaboré par une mystérieuse alchimie (Nous aurions tort de nous moquer, nous qui marchons aujourd'hui à l'Excellium et au Premium...).  Les raffineurs des années 20 vont donc lancer sur le marché des essences aux noms magiques. Automobiline (photo Ebay) sera l'un des plus connus mais on n'oublie pas la Motricine et autres Vaporine. La Quintonine ? naaaan.    

La relève de la Makonine est assurée par l’Iroline dont l’inventeur Camille Laurent est déjà connu pour avoir fait rouler sa voiture personnelle avec un mélange d’essence et 30 % d’eau... Cette fois, il a travaillé sur l’irol, une poudre explosive qu’il a réussi à rendre stable en la mélangeant à l’eau “ comme du sucre ”. Selon lui, un demi-litre d’Iroline équivaut à un litre d’essence. De plus, le moteur ne chauffant pas on peut supprimer le radiateur. Et Moto Revue de rappeler sournoisement que  l’idée d’utiliser un explosif dans un moteur n’était pas nouvelle car “ Juste avant la guerre, Alexis Rieder se tua dans des circonstances tragiques en essayant de faire fonctionner un moteur de bateau à la nitroglycérine. Ce moteur n’eut qu’une explosion... ”. Camille Laurent évita de subir le même sort, mais il s'évanouit dans la nature avec son Iroline.

UN PROGRÈS DISCUTABLE ET DISCUTÉ !

Si l’essence excite autant l’imagination c’est parce que c’est un produit cher vendu en bidon de 5 litres pour 9,75 F en province ou 10,75 en région parisienne. Et certains vautours ne se privent pas d’y ajouter quelques centimes, par exemple lorsqu’un client est visiblement en panne de carburant ou qu’il se présente de nuit. Un lecteur de Moto Revue s’est ainsi vu proposer un bidon à 12,50 F par un vorace dépositaire de Seine-et-Oise dont la revue donne le nom et l’adresse en manière de représailles !

Pompe-station-1925-2110afe.jpgLes compagnies pétrolières commencent l’installation des premières pompes semi-automatiques censées régler les problèmes soulevés par l’usage antique de ce fameux bidon plus ou moins bien rempli quoique scellé. Ces nouvelles pompes suscitent immédiatement des soupçons dont la presse se fait l’écho. Tel met en doute la quantité réelle de liquide que la pompe actionnée à la main par le préposé transvase dans le réservoir ; tel autre trouve de l’eau dans la cuve de son carburateur car le filtrage est négligé au remplissage de la cuve du détaillant. Il y a aussi les petits malins qui incorporent dans l’essence “ tourisme ” jusqu’à 30 % d’essence “ lourde ” destinée aux camions (et moins chère). Et chacun s’interroge à propos du reliquat d’essence qui reste dans le tuyau de la machine après l’arrêt du compteur-débiteur.  

Dans une France de 40 millions d’habitants et qui est rurale à 37 %, ouvriers et employés forment l’essentiel de la masse motocycliste et l’on comprend qu’ils tiennent à en avoir pour leur argent. En 1925, un litre d’essence demande une demi-heure de travail à un ouvrier payé 4 F de l’heure (menuisier, maçon, plombier, tourneur sur métaux) de la région parisienne et 3/4 d’heure s’il est en province à 2,90 l’heure. Avec un salaire mensuel de 633 F, un facteur débutant n’est pas mieux loti, pis encore s’il exerce en province pour 466 F. Avec sa mensualité de 1166 F, l’instituteur fait presque figure de privilégié.

DE L’ESSENCE POUR QUELLES MOTOS ?

Carburant cher, à-coups dans l’économie font que dans l’industrie motocycliste française s'accentuent encore les maussades tendances apparues les mois précédents. En l’absence de données statistiques par cylindrées, la seule lecture des catalogues est édifiante : production pléthorique de 125 et surtout de 175 qui sont des deux-temps à 99 %, noyant une poignée de moyennes et grosses cylindrées (250 cm3 et au-dessus). Dans cette dernière catégorie nos plus grands constructeurs n’évoluent que modérément. Ainsi d’Alcyon qui tient une place plus qu’honorable en compétition avec ses 250 monos et 350 bicylindres culbutées mais ne propose en série que sa deux-temps 270 cm3 à bloc-moteur Zürcher (une innovation) et deux vitesses (seulement). Comme toutes les "grandes marques" (Terrot, Peugeot, etc), Alcyon obtient l'essentiel de ses profits du commerce des cycles dont il a livré 104 442 exemplaires en 1924... selon une publicité. 

1925-Alcyon-270-cm3-cata329.jpgPour mémoire, une illustration de la 270 Alcyon inchangée par rapport à 1924. Avec une fourche plus moderne et une vitesse de plus elle aurait gagné en modernité. Mais les freins (deux) sur poulie jante...

1925 Alcyon Motrix325Plus riche en bicyclettes qu'en machines motorisées, le catalogue Alcyon 1925 propose toujours sa curieuse Roue Motrix 1 CV deux-temps (51 mm d'alésage x 40). Allumage par volant magnétique fournissant aussi l'éclairage. Curieusement, la couleur de l'émail n'est pas précisée sur les motos et bicyclettes à moteur, au contraire de celle des cycles qui va du "bleu Alcyon" au noir, vert ou grenat avec filets or, rouge ou bleu. Cependant les Alcyon-motos seront connues comme étant les "machines bleu-ciel", même si ce bleu est parfois plus foncé.

1925 Alcyon Alcyonnette326

 Qu'elle soit de marque Alcyon ou des marques-sœurs Labor ou Thomann, Alcyonnette 100 crevecette "bicyclette à moteur" (50 d'alésage x 50) poursuit sa longue carrière, modifiée seulement par une présentation qui semble être bicolore. Elle bénéficie de deux freins, tous deux sur la jante arrière (en étriers, façon bicyclette) et commandés par deux leviers renversés au guidon. La fourche pendulaire est du "Système Molliet". Ci-contre, un "crevé" partiel du moteur et de l'embrayage rendu indispensable par la transmission finale à chaîne. Avec un autre levier au guidon pour le commander et, enfin, une manette pour les gaz, le pilote avait de quoi s'occuper les mains. La magnéto d'allumage étant à avance fixe, on économisait une 5ème manette. 

1925 Alcyon Dame327La même mécanique se retrouve sur le modèle à cadre ouvert vendu 1900 F soit un supplément de 200 F justifiés par la rareté "statistique" de la clientèle éventuelle.1925-Alcyon-175-monovit.jpgExemple d'une Alcyon qui ne figure pas au catalogue (pratique courante chez le constructeur de Courbevoie), cette 175 est la première cylindrée avec laquelle l'amateur pouvait accéder au monde motocycliste. Elle n'offre cependant que des caractéristiques "économiques" : fourche pendulaire de type rustique, transmission directe par courroie, frein sur la poulie-jante. Démarrage par pédalier à la force du jarret sans aucun système d'embrayage.

1925-Alcyon-pilote.jpgAvec le même moteur on obtient une 175 (62 d'alésage x 56) plus élaborée et d'ailleurs qualifiée de "Motocyclette légère". La fourche est toujours une pendulaire mais d'une fabrication revendiquée S.G.D.G. par la marque et dérivée de celles utilisées par l'usine sur ses machines de course depuis longtemps. Boîte à 2 vitesses à kick-starter avec débrayage et transmission finale par chaîne. 

1925-Alcyon-175-2-vit.jpgLe freinage était le point faible des motos de l'époque et il le sera longtemps ! Il est assuré ici par un étrier agissant sur la jante et commandé par câble avec levier au guidon tandis que le moyeu arrière contient un frein (si c'est un tambour, il est discret !) avec des segments extensibles. Progrés certain, ce frein est actionné par une pédale au pied.  

Alcyon volant magnétique

 

 

Autre exemple d'une machine inconnue au catalogue Alcyon, cette 175 dont le moteur a été "croqué" par Moto Revue à l'occasion de l'épreuve d'endurance Paris-Nice. Elle présente un allumage par volant magnétique sous carter en place de la classique magnéto. La trappe ronde maintenue en place par un ressort à lame permettait l'accés au rupteur. On retrouve un volant magnétique sur une 175 double échappement dont la photo, voir plus bas, clôture cette article.

1925-Alcyon-couple315.jpgCe couple n'a pas hésité à s'enfoncer dans une forêt profonde sur sa Motocyclette légère 175. Preuve qu'une grosse cylindrée n'était pas indispensable pour oser l'aventure.

1925-Alcyon-175-Sport.jpg"Moteur à haute compression et régime élevé - Cylindre spécial à double orifice d'échappement", c'est ainsi que se présentait la 175 Type Sport "exclusivement émaillée en bleu Alcyon" précisait le catalogue. Outre cette couleur, elle se singularisait aussi par une boîte à trois rapports contre deux seulement à la 3 CV (70 d'alésage x 70), modèle le plus puissant chez Alcyon.

1925-Alcyon-175-Sport-famille.jpgPhoto de famille avec une 175 Sport en vedette comme son élégant pilote en combinaison intégrale qui protège un costume-chemise blanche et - probablement - cravate. Sa machine paraît bien équipée avec éclairage électrique (alimentation par dynamo "cycliste" ?), avertisseur et grippe-genoux.

1925-Alcyon-blanche316.jpgOù l'on retrouve une Alcyon 175 Sport (parisienne U7) à allumage par volant magnétique. Ici pas de problème concernant l'alimentation de l'éclairage électrique. 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 14:25

Comme promis, voici la suite du reportage-photo préservé par Didier M... qui nous l'a confié et dont le sujet le plus insolite était la "Moto rouge" Indian qui a été détaillée dans l'article du 9 mars 2014.

Toujours pas d'indice sur la date de ces photos dont on déduit seulement qu'elles ont été prises à Montlhéry à l'occasion d'une compétition. À la louche, on les date de 1969, année de sortie en France des premières Honda 4 et Kawasaki 500 H1 (cette dernière était exposée à Paris chez Murit).

 BMW-R69-rouleur.jpgLa marée japonaise va trouver la concurrence de ceux qui n'ont pas baissé les bras durant la décennie précédente. À une époque où le combat faisait rage entre les sportifs qui ne juraient que par les anglaises (les dernières...) et les rouleurs sur BMW Serie2 (R69S ?) comme celle-ci. On dirait qu'elle présente le catalogue de tous les accessoires destinés au flat teuton : réservoir Heinrich 35 litres (!), selle double "Schorsch" Meier, flûtes d'échappement, protège-cylindres, phare additionnel, avertisseur bi-tons, protection de la portière de phare, compte-tours et guidon étroit, porte-bagages (Bottelin-Dumoulin ?). Sans vouloir ramener ma science, je dirais même que les décalcos sur les amortisseurs de la Earles sont ceux de Jean Murit...

Guzzi-V7-n--19.jpg

En attendant la Le Mans, cure sportive sur cette Guzzi V7 : selle sport, carénage tête de fourche itou, phares longue portée (épreuve d'endurance ?), carbus spéciaux, échappements Lafranconi, un frein avant de japonaise ou un spécial britannique ou encore un Grimeca. Mais avec un pilote en chaussures de ville... En 1971, une Guzzi participait aux 4 Heures d'endurance de Montlhéry, est-ce celle-ci ?

Honda-4---Kawa-Fleury.jpgÀ peine apparue, la Honda 4 a suscité des vocations d'accessoiristes "plastiqueurs" en carénages légers et tubes protecteurs de carters-moteur. La Fleury 19 à l'arrière-plan était déjà présente et évoquée dans l'article du 22/02/2014 sur les Vincent. La voici avec un autre numéro ci-dessous, et sans doute dans une autre épreuve. 

Fleury Vincent309Cette Fleury est en réalité une Zerchot, œuvre d'un mécanicien doué établi dans l'ouest parisien. Il aurait réalisé plusieurs exemplaires de cette machine équipée  de moteurs Suzuki ou Kawasaki. Le cadre est inspiré de celui des Jawa d'usine, permettant d'abaisser le réservoir et d'en augmenter la contenance, le moteur étant ici un vorace 3 cylindres Kawasaki. Il s'agit là d'une version 1971 sur laquelle Roland Zerchot a monté des roues à 6 branches en alliage coulé en place de roues à classiques rayons. Cette "première" française étonna au point que Moto Revue s'interrogeait prudemment : "Les roues en alliage léger sont-elles la solution de l'avenir ? Il est encore trop tôt pour se prononcer".

Kawa Mach III en WOLa 500 Kawasaki 3 cylindres, apparue à la fin de 1968, est donc arrivée en France en même temps que la Honda 4, au printemps 1969. Celle-ci est bien entourée et toute neuve, arborant une immatriculation en "W 75". 

Honda-4-fuite-joint.jpgLa fuite d'huile au joint de culasse était la maladie chronique de certaines Honda 4. Raison avancée à l'époque : pour resserrer les goujons de fixation du haut-moteur lors de la révision (500 km ou 1000 ?), il fallait démonter le couvercle coiffant la distribution, donc la selle, le réservoir et manipuler avec précaution les câbles divers dissimulés en dessous. L'accès aux goujons centraux étant difficile, le motoriste peu consciencieux (et inexpérimenté, vu la nouveauté de ce 4 cylindres), se contentait de resserrer les goujons des cylindres droit et gauche plus accessibles, d'où ce résultat...  

Honda-4-Clamart-Motos.jpgQuoique peu volumineux, les carénage tête de fourche permettait de mettre en valeur le nom du motoriste qui vous commanditait. Le terme de "sponsor" n'avait pas encore pollué la langue française.

MV-4-cyl-coursifiee.jpgMoto rare, cette 600 M.V. 4 cylindres a reçu le traitement "sport" que son constructeur ne lui a jamais donné, au grand chagrin des amateurs séduits par les titres de la marque en championnat du monde. Mais le polyester du carénage, de la selle et du garde-boue avant, les commandes reculées ne font pas oublier un moteur poussif (pourtant double ACT !), des feins à disques commandés par câbles (Campagnolo) et une transmission par arbre, symbole "touristique" entre tous... comme sur certaine teutonne. Restait le son des quatre mégaphones !

Jawa-CZ-en-course-n--77.jpgUne CZ en vitesse sur la piste de Montlhéry est un spectacle inattendu, mais c'était sans compter avec Michel Hervé, concessionnaire Jawa-CZ et multi-participant au Bol d'or sur des Jawa. Aux 4 Heures de Montlhéry (ci-dessus) de 1971, il remportait la victoire en 250 sur la CZ dont il partageait le guidon avec Collas. Ils terminaient  15e sur 30 classés, toutes cylindrées confondues. 

PLTebec-Racer.jpgPLT racer, c'est Pierre-Louis Tebec qui fut le premier à acheter une Kawasaki 350 compé-client A7R en 1969. Sans rien changer dans le moteur, il se contenta de faire cadmier le cadre "pour l'esthétique". Et déjà les "trous-trous" en trompe-l'œil que l'on retrouve aujourd'hui sur ses dernières réalisations dont une Harley vue à Vincennes au Salon Moto légende.

Suzuki-twin-Posiforce.jpgConnue en Grande-Bretagne sous le sigle "Super 6", la Suzuki 250 était devenue en France la T20, perdant donc l'argument publicitaire de ses "6" vitesses. Elle faisait beaucoup plus impression par ses 29 chevaux qui la propulsaient à 160. Sur le papier car avec un bon 145, il y avait largement de quoi, sinon se faire peur, du moins s'amuser. Surtout avec le guidon surbaissé et réglable à l'infini que produisait les Bottelin-Dumoulin (toujours eux) et autres fabricants français. À droite en amorce, la BMW qui ouvre cette page.

Corki-Robo-kawa.jpgNe cherchez pas "Corki" dans votre encyclopédie des marques de motos. De mémoire, je dirais qu'il s'agissait d'un préparateur indépendant, mais si quelqu'un en sait plus on écoute car j'ai la flemme de rechercher des précisions qui doivent bien figurer quelque part dans Moto Revue. Par contre, Jean Robo est mieux connu, ne serait-ce que par la trentaine de marques qu'il représentait dans son magasin "ouvert le dimanche matin" à Antony.

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Mille mercis et reconnaissance éternelle à Didier M... sauveur de ces clichés de plusieurs machines peu connues, voire inconnues…

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:51

1912-Indian-cassees.jpgIl ne s'agit pas de photos totalement inédites car elles trainent sur le ouèbe ici et là depuis longtemps. Si bien qu'on a tendance à les oublier, mais elles gardent tout leur impact lors d'une nouvelle vision. Elles immortalisent un moment de l'activité motocycliste dans le monde. Moment ridicule, heureux, comique ou malheureux comme ici où des pilotes Indian impliqués dans un accident sur motordrome en 1912 s'exposent avec leurs machines pliées de façon spectaculaire. Ça ne les fait pas rire aux éclats, mais ils n'ont pas l'air de prendre la chose au tragique. 

harley moto ball 0401-812Lorsqu'on ne peut pas prendre la baballe avec le pied, on essaie à la main. Mais c'est parfois douloureux et surtout interdit par le réglement !

Sidecar polo motoPresqu'aussi idiot que la corrida à moto, le polo en sidecar ! La différence, c'est que dans ce cas on ne torture pas sadiquement un animal...Australie side Harley sur deux rouesLe démontage-remontage de la roue d'un sidecar en mouvement est une figure obligée des gymkhanas militaires et policiers. C'est spectaculaire mais pas toujours autant qu'ici en Australie ! Cependant on aurait aimé voir l'image suivante : l'atterrissage !

Chute-X-.-Bol-d-or130.jpgDes photos de chutes en compétition aujourd'hui, vos magazines préférés en ont plein leurs pages. Ce qui fait la valeur de celle-ci, c'est qu'elle date de 1930, prise au cours du Bol d'Or à Saint-Germain. Pour la réussir, il fallait un appareil (à plaque) moderne et un photographe aux réflexes aiguisés. Résultat : une petite merveille.

Sexe-chute127.jpgAutre réussite mais qui demandait moins de circonstances favorables car, manifestement, la "victime" ne roulait pas vite vu la nature du terrain. Sans doute lors d'une de ces épreuves sportivo-militaires développées en France à la fin des années 30. La moto n'est pas identifiable... mais ce béret (ou casquette),... ce sac à dos,... mais oui, mais c'est bien sûr ! C'est Robert Sexé !

Harley-sur-glace-winter.jpgLa région des Grands Lacs du nord des États-Unis est un terrain privilégié pour les amateurs de sports de glisse. Là, c'est peut-être un peu exagéré, même si la caisse du side Harley est du genre "flotteur". Et du même coup on prouve la fausseté du "tout corps plongé dans un liquide reçoit une poussée de bas en haut, etc" selon le théorème de ce brave Monsieur Archimède.

BSA-pin-up-en-jpg-Capture-d-ecranjpg.jpgLes photos de presse diffusées par les constructeurs posent parfois des énigmes insolubles. Ainsi de cette demoiselle qui menace d'un fusil de chasse sous-marine un malheureux pilote d'une BSA 175 Bantam de la fin des années 60. Allusion à James Bond contre Dr No où Ursula dégainait son poignard pour impressionner Sean ? Mais le film était déja vieux (1962). 100 000 sucettes à qui nous dira ce qui a pu passer ce jour-là par la tête du "créatif" publicitaire responsable de cette mise en scène.

Moto cross cul nu182En son temps, le postérieur de ce crossman suèdois a fait le tour du monde des journaux et revues, spécialisés ou non. Et dire qu'on a oublié à la fois le nom du pilote et celui du photographe. La moto est une BSA Gold Star

BMW-en-vrille-USA.jpgNon, il ne s'agit pas d'une photo imprimée tête-bêche mais bien d'un authentique cliché américain d'une BMW qui fit elle aussi le bonheur des journaux de l'époque. Le pilote s'en est sorti indemne (ne le cherchez pas, il n'est pas sur la photo).

Triumph-boum-uch8negro.jpg "Pour le sage, combattre n’est jamais une bonne chose, on ne le fait que lorsqu’il ne reste aucune autre solution. » Ce pilote qui chevauche une T 100, connue aussi sous le nom de Tiger 100 (Tigre), a ignoré cette citation du philosophe chinois. Cramponné au guidon de sa Triumph, il va se faire très mal, alors qu'en lâchant prise, il aurait résolu un problème compliqué en choisissant une solution simple ainsi qu'il est conseillé dans l'ouvrage "Chevaucher son tigre" par Giorgio Nardone (Éditions du Seuil - 2008).

BMW exploséOn ne peut s'empêcher de penser à la réflexion de Bourvil découvrant sa 2 CV fracassée par la Bentley de De Funès "... Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément !" (dans "le Corniaud"). Mais il reste un autre  cylindre à ce béhemviste.

Vespa Mods bxn 07a9b30fDes accessoires certes appréciables par grand vent arrière, mais dans les remontées de files sur le périph'...

Peugeot-1953-en-championnat-du-monde-3a0.jpgDes Peugeot du Bol d'or en championnat mondial, ça avait échappé à tout le monde. Heureusement un artiste espagnol rétablit la vérité !

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 19:06

De tout temps, avant de se vautrer dans la la customisation puis le tuning actuels - et dieu sait ce qui nous attend demain - le motocycliste a aimé personnaliser sa machine. Dans les années 20/30, cela allait du rétroviseur agrémenté du fanion triangulaire aux couleurs d'un club jusqu'à l'échange du moteur pour un autre plus puissant. En général, un mono latérales prenait la place d'un culbuté tandis que d'autres s'ingéniaient à transformer un "banal" culbuté en noble arbre à cames en tête. Nouveau phénomène après la dernière guerre lorsqu'apparurent les "bitzas".

Un "bitza", qu'est-ce ? C'est une pratique revendiquée par l'Angleterre où l'usage en a établi les grandes lignes. En gros, c'est une partie-cycle de marque britannique avec un moteur de marque britannique. Ou le contraire... À partir de là, on mélange les marques, mais dans la pratique le choix est limité à trois ou quatre d'entre elles qui se caractérisent par leur surnom ou "surmarque". Ainsi, Triton = Triumph/Norton et il n'est pas difficile de décrypter les Tribsa, Trifield et autres Norvin.

La "bidouille" est une pratique qui peut être noble selon l'inspiration du propriétaire, sans aucune règle écrite ou tacite. Cependant il y a bidouille et bidouille, l'une étant Soyer-bidon-Retro-05-copy.jpgparfois un assemblage approximatif en vue d'abuser le chaland. Les avant-14 se prêtent bien à ces reconstitutions, vu l'ignorance de certaines "poires". On en connaît de fort réussies - des reconstitutions, pas des poires -, assemblées méticuleusement avec des pièces et accessoires d'époque (en cuivre/laiton bien astiqué) , et qui ont trouvé place dans des collections. De préférence en dehors du pays où elles sont nées... Ainsi, à défaut d'une avant-14, voici une Soyer, ci-dessus, qui fit son petit effet dans un Rétromobile (2005 ?) avant de prendre le chemin d'Albion. Elle y fut vendue par une très sérieuse maison de vente aux enchères. On y joignait même, me semble-t-il, un palmarès acquis dans des courses hexagonales. 

LOUIS CLÉMENT                                                                       LA NÉO-GOTHIQUE D'AVANT-GARDE

On pourrait établir un répertoire de ces machines extraordinaires à l'historique mirobolant car inventé de toutes pièces. Mais il vaut mieux les laisser au bord de la route. En effet, pour retenir l'attention il y a assez de motos françaises sinon inconnues, du moins oubliées. Ainsi des Louis Clément, Louis Blériot, Louis Janoir. De ce trio de "Louis", ex-avionneurs durant la Première guerre devenus constructeurs de motocyclettes, le premier cité semble le plus intrigant et le plus intéressant car le plus novateur. Pas plus une Blériot qu'une Janoir ne laissent indifférents, mais une Louis Clément suscite autant l'admiration que l'étonnement. Entre le XIVème et le XVIIIème siècle, nul doute qu'elle aurait été la pièce principale d'un "cabinet de curiosités", ces lieux où des collectionneurs rassemblaient des objets curieux, insolites, rares : une défense de narval (accréditant la légende de la licorne) ; un minéral coloré (tombé de la lune) ou encore le crâne de Victor Hugo enfant (un faux, vraisemblablement). La Louis Clément y eut été en bonne compagnie...1919-Louis-Clement-pub302.jpg Louis Clément n'a aucune expérience motocycliste lorsqu'il expose sa 4 HP au Salon de 1919 qui se tient dans le Grand Palais à Paris. Mais il connaît déjà ce Grand Palais pour y avoir montré en 1911 un avion construit pour le compte de Marcel Besson, un spécialiste des hydravions. Curieusement, le même Besson, désireux de faire réaliser un hydravion triplan, s'adressera en 1915 à la société des Hydravions Georges Levy, qui construira des motos sous la marque G.L. (plus tard G.L. Orial). Durant la guerre de 1914-18, devant la menace allemande, de nombreuses entreprises se sont éloignées de la région parisienne où la plupart étaient installées. On ne sait rien des activités de Louis Clément à Bordeaux, ville qui figure ainsi que Lyon sur la publicité ci-dessus à titre "d'usines". Peut-être travailla-t-il en liaison avec les entreprises chargées du montage et de l'entretien des hydravions arrivant des États-Unis. En revanche, sa présence est attestée dans la région lyonnaise. Ainsi Villeurbanne accueillera au 34, cours Émile-Zola les Ets Louis Clément avec ses 600 ouvriers. Au 188 de la même rue se trouvait Gnome-Rhône que plus tard l'on retrouve à Boulogne-Billancourt, rue de Silly où est installé une usine Louis Clément en 1919. Finalement, le monde aéronautique du lendemain de la guerre s'était racorni mais celui du motocyclisme lui était très proche !      

Louis-Clement-en-180-copy.jpgIl existe très peu de documents d'époque sur la Louis Clément hormis un mauvais prospectus assorti d'une description technique qui est reprise dans la presse spécialisée. On comprend donc l'intérêt de ces photos montrant un attelage en bon état d'origine à la finition exemplaire malgré l'absence du carter de chaîne secondaire.

1920-Louis-Clement-side-copy297.jpgAttelage cossu avec une caisse qui pourrait être signée également Louis Clément puisque le travail de la tôle d'acier était sa spécialité. Le tube oblique (et télescopique ?) reliant l'avant du châssis à la fourche est intrigant : pourrait-il s'agir d'un amortisseur de direction ?

1920-Louis-Clement-repeinte-copy298.jpg

Enfin un carter de chaîne mais aussi une nouvelle livrée bien tristounette ! Ce qui prouve néanmoins que son propriétaire tenait à sa machine. Dans une publicité d'octobre 1921, il est question des "Cycles, Motos, Cyclecars" de la marque, mais ce dernier véhicule, qu'il ait été à trois ou quatre roues, n'a laissé aucune trace nulle part.

La Louis Clément de 4 HP (62 mm d'alésage x 90 x 2 = 540 cm3) s'écarte résolument des techniques de l'époque, aussi originales soient-elles. Pas de flat-twin à la Janoir, pas de bicylindre parallèle façon Blériot, rien de comparable avec aucune moto existante sur n'importe quel continent.

Que ce soit par son moteur ou sa partie-cycle, la description défie l'imagination : bloc-moteur 3 vitesses, bicylindre en V à 55° en fonte avec culasse unique, détachable. Un arbre vertical et couple cônique commande les soupapes enfermées dans un boîtier étanche et lubrifiées par pompe manuelle et goutte-à-goutte- alors que sur la majorité des moteurs culbutés les soupapes sont surtout graissées... à l'air du temps. La magnéto d'allumage est entrainée par un arbre horizontal connecté à la base de l'arbre principal. Transmission primaire par chaîne en bain d'huile, une autre chaîne sous carter transmet le mouvement à la couronne arrière fixée sur la roue flasquée, en aluminium embouti comme celle de l'avant. Le montage sur broches facilite la dépose des roues qui sont interchangeables et dotées de freins à tambour.    

1919-Louis-Clement-moteur-copy291.jpgLes trois trappes vissées sur le carter à plan de joint horizontal permettent l'accès à l'embrayage et à la boîte à vitesses sans dépose du moteur. La pédale qui dépasse des marchepieds "wagon" commande l'embrayage, doublée par un câble et levier au guidon. La tige verticale est celle du changement de vitesses, via un levier sur un  secteur cranté fixé au milieu du réservoir.

1920 Louis Clément color moteur copy301Bien que cet exemplaire porte le numéro 47 visible à l'avant du demi-carter supérieur, on doute d'une production aussi "nombreuse" d'une machine dont la sophistication devait plutôt effrayer l'amateur que le séduire. Il faudra attendre une ou deux décennies pour que les soupapes en tête se généralisent, et quant à l'arbre à cames en tête...

1919-Louis-Clement-1-copy.jpgAutre photo d'époque d'une machine complète qui met en évidence l'équilibre parfait de ses lignes. La fourche avant de type pendulaire sur ressort à lames est en tôle emboutie surmontée d'un coffret triangulaire qui recevait l'immatriculation sur ses deux faces. De même, l'échafaudage de tubes qui constituent d'habitude le porte-bagages d'une moto est ici transformé en un coffre à outillage. L'habillage sous le réservoir dissimule le tube entretoise reliant la colonne de direction et le haubannage de la triangulation arrière. Le bloc-moteur remplit le même rôle pour la partie basse.

1920-Louis-Clement-color300.jpgJean-Marie Debonneville a souvent démontré sa maestria au guidon de sa machine que l'on n'a plus revue depuis sa retraite dans un musée bourguignon.

1920-Louis-Clement-tripl294.jpgAu Salon de l'Aéronautique 1920, Louis Clément revient à ses premières amours avec un triplan motorisé par un 3 cylindres Anzani en étoile de 30/35 HP.

Clement Triplan p005Schéma signé de Louis Clément lui-même décrivant le montage du moteur dans son triplan ainsi que celui de l'arbre d'hélice. L'entreprise n'a pas connu de suite sauf en version planeur construite à 1 exemplaire. Aujourd'hui le triplan Louis Clément au 1/5 - sans moteur et télécommandé - survit en aéro-clubs. (si le cœur vous en dit, tous les plans sont sur : http://www.retroplane.net/triplan-clement/page1.htm)

1920-Louis-Clement-trans296.jpgDès le 3 octobre 1919, Louis Clément en compagnie de quelques "capitalistes" fondait la Société Moto-Transports équipée de sidecars de sa fabrication et destinée aux livraisons urbaines. Si l'on en croit cette photographie "officielle", la chose s'est décidée dans une certaine hâte pour ne pas dire confusion. Présenter ainsi l'objet principal de la nouvelle entreprise révélait un amateurisme certain. La presse publia cependant ce document malgré quelques détails surprenants : pneus à demi gonflés avec un objet non identifié mais bien visible soutenant le moteur. La décoration des éléments de carrosserie n'est pas terminée et surtout la fourche est déjà bien fatiguée, et pour cause puisqu'il lui manque son ressort à lames de suspension ! La revue Motocyclisme précisait : "La nouvelle société a actuellement son matériel en fabrication et nous verrons bientôt, etc". On est sans autre nouvelle depuis...

1921 Louis Clément 350 T304En 1921, Louis Clément revoit sa copie avec une 350 cm3 (76 x 76) équipée d'un deux-temps Train avec boîte 3 vitesses et  transmission par chaîne. Cataloguée à 3 500 F, elle est au même prix que la bicylindre 540 cm3 ! Son monocylindre est installé très à l'aise dans une partie cycle identique à celle de la twin en V. Le tube vertical le long de la roue arrière n'est qu'un support d'exposition.

1922-Luis-Clement-Sicam-copy293.jpgMême en offrant une cylindrée 350 plus faible, Louis Clément n'accroche pas le succès commercial. C'est le sort de beaucoup d'autres constructeurs de son calibre et de même origine que lui. En 1922 parait une Louis Clément à moteur Sicam 100 cm3 deux-temps (1 680 F). Cette "bicyclette à moteur" pouvait recevoir une légère parallélogramme en place d'une pendulaire et sera baptisée ensuite Moto Merveille. Elle figure encore au programme de la marque de la rue de Silly, mais elle est désormais présentée par les Anciens Établissements Louis Clément. Jusqu'en 1924 la presse publiera un "programme" Louis Clément à l'occasion du Salon de Paris. On y trouvait une 98 à moteur Lutétia avec embrayage 1 850 F) ; une 175 à moteur Train et boîte 2 vitesses Albion (2 700 F) et toujours la 350 Train (3 500 F).

LouisClement.jpgC'est grâce à "Tontonvelo", un site consacré à la bicyclette, que l'on a des nouvelles de Louis Clément. Mais il ne s'agit évidemment des CYCLES Clément dont la fabrication s'est poursuivie juqu'aux années 30 et qui permit de s'illustrer à quelques champions cyclistes.

L'activité sportive des motos Louis Clément fut plus que modeste. Sur un vestige de page d'une revue non identifiée, on trouve cette mention d'engagements dans une épreuve (Paris-Nice ?) de tourisme : "Quatrième catégorie (750 cc) : 40. Calvignac (Louis Clément) 540 cc ; 41. X... (Louis Clément). 540 cc ; 42. X... (Louis Clément) 540 cc ; suivent les noms de plusieurs autres engagés. Or, le premier nommé Calvignac est lié à Louis Clément, ce que nous apprend un écho de la revue Motocyclisme (1/04/1920) annonçant "la naissance de Mademoiselle Marinette Calvignac. L'heureux papa n'est autre que le si aimable ingénieur de Louis Clément bien connu et estimé dans notre petit monde". Jusqu'à nouvelle découverte, ces engagements sont la seule trace d'une participation de la marque à une compétition, aussi "touristique" soit-elle. Reste à en trouver les résultats si les Louis Clément ont honoré leur engagement.

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 09:47

D'Outre-Rhin nous viennent ces deux documents connus car exploités en cartes postales, mais ici il s'agit de photos originales provenant d'une agence et au format 13 x 18, donc de bien meilleure qualité.

Roleo Celmar u002.gif-bea

On aura reconnu nos amis les "Celmar's" dans leurs acrobaties au Vélodrome de Vincennes, le 3 octobre 1931. On remarque quelques différences dans les vêtements des deux hommes ainsi que sur les machines : décoration du réservoir et présence d'un gros avertisseur à la place d'un phare (photo ci-dessus).

Roleo-001.gif-bea.jpgComme c'est souvent le cas dans les légendes accompagnant les photos d'une agence (ici il s'agit de ROL), le rédacteur qui n'était pas forcément le photographe donnait des indications et des dates plus ou moins précises. À moins que les Celmar's n'aient disposé de deux C.P. Roleo presque identiques.

1931 Staub Georges portrait286Le constructeur des moteurs Geogres Staub, croqué dans Moto Revue en 1931.

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 17:35

L'eusses tu cru ? c'est dans le cinéma français que la moto est le plus représentée. Par la fréquence de ses apparitions à l'écran elle bat, et de loin, tous les pays... européens car, faut-il le préciser, les films étatsuniens consomment énormément de motocyclettes.

À commencer par les années 10 avec lesKeystone-cops fameux "Keystone cops" de Mack Sennett. Ce qui ne nous rajeunit pas. Il n'a jamais été question pour la France de rivaliser avec les grosses machines hollywoodiennes, ces "blockbusters" destinés à engranger le maximum de dollars. Sans regarder à la dépense, que ce soit en décors, en vedettes ou en matériel - motos, voitures, avions, etc - qu'on casse allégrement. Dans le cinéma français, la moto est utilisée économiquement de façon "réaliste", c'est un moyen de transport normal, pourrait-on dire. Quelques exceptions toutefois, dont "Orphée" où Jean Cocteau en fait l'instrument d'un fatal Destin.

Utilisation normale donc, et par des acteurs qui normalement n'ont pas besoin de doublures, autre singularité française (sauf cascade, bien sûr). A priori, tous se comportent dans leur pratique de façon convaincante comme de vrais motocyclistes.  

Norton-lesaffre-ph2.jpg-r-xxyxx-copie-1.jpgDans "Thérèse Raquin", film de Marcel Carné (1953) inspiré par le roman d'Émile Zola, l'ancien "mataf" Roland Lesaffre évolue sur une 500 Norton 16 H. Casque et lunettes, blouson de cuir sont parfaitement en accord avec l'époque (celle du film, pas celle du roman).

Norton-16H-Therese-Raquin-i108096.jpgLa Norton qui se démarre réellement au kick montre des signes d'un usage intensif mais peu soigneux. Le guidon relevé plus que de raison aurait-il été victime de chutes à (en) répétition(s) ? 

Norton 1953 Therese Raquin 1Guidon bizarre ou pas, le beau Roland (ou la moto) ne manque pas d'attirer l'attention des demoiselles, bien qu'il ne s'agisse pas d'un personnage recommandable. Il pratique un chantage sur deux... assassins (le cinéma de Carné est réaliste !)...

Norton-16-H-Therese-Raquin-detail.jpg...  mais il va trouver la mort dans un bête accident de la circulation. Cette scène de tournage (l'homme au chapeau serait Carné lui-même) explique peut-être le mauvais état de la Norton. La réalisation d'un film ne se fait que rarement dans un ordre chronologique car elle reste tributaire de la disponibilité des acteurs ou du matériel de location, des conditions météo, etc. Il arrive donc qu'une scène située à la fin du film soit tournée en premier. Si c'est le cas ici, la Norton a dû être un peu malmenée avant d'arriver dans les mains de Lesaffre pour les scènes d'action. les-motards"Roger (Pierre) est un grand adolescent, du genre chien-fou, chef d'une bande de motocyclistes du dimanche. Sa soeur doit épouser (Jean) Marc (Thibault), brigadier de la police motocycliste. Ce dernier reçoit la mission de veiller sur la sécurité de Son Excellence Cucaragua (Francis Blanche), plénipotentiaire d'Amérique latine venu incognito signer un traité important avec la France. Une tierce puissance hostile à ce traité dépêche tout un réseau d'agents pour enlever le ministre et sa serviette diplomatique". Rien qu'à lire le nom des acteurs et ce résumé pioché sur Internet, vous aurez compris qu'on n'est pas dans une production destinée à promouvoir la gendarmerie ou la police de la route. 

1958-Les-Motards-180.jpgIl ne serait pourtant pas étonnant que ces deux administrations aient prêté la main à cette production de 1958. En effet les deux machines utilisées par nos duettistes sont toutes deux des BSA, marque longtemps favorite des policiers parisiens avant que les BMW ne leur soient accessibles. Ces BSA, une mono (B 31 ou B 33) à gauche et une bicylindre (500 Star Twin) exhibent un pare-chutes avant très réglementaire et censé limiter les dégâts en cas de... chute. Sur la twin, on devine le même accessoire à l'arrière. Les affûtiaux sur le guidon de la mono devaient avoir une fonction à caratère comique alors que la sacoche cuir arrière sur cette machine est, elle aussi, "administrativement" réglementaire.   

faibles-femmes-3-g.jpgLe premier contact d'Alain Delon avec la moto date de 1959 dans un film de Michel Boisrond intitulé "Faibles femmes". En fait de "faibles", Mylène Demongeot, Jacqueline Sassard et Pascale Petit vont se liguer pour empoisonner Delon l'inconstant dont elles sont amoureuses toutes trois mais qui leur préfère une intruse.

Harley Delon P PetitBien avant d'être la vedette avec Marianne Faithfull du film "La Motocyclette", le bel Alain montrait des dispositions dans la maîtrise d'une moto. Même s'agissant d'une lourde 750 Harley WL au guidon de laquelle il enlève Pascale Petit ("Delon n'aurait jamais accepté que quelqu'un double Delon")  

Alain-Delon-in-Girl-on-a-Motorcycle.jpgPresque 10 ans plus tard, Delon retrouve la moto, une Norton twin, dans "La Motocyclette" de Jack Cardiff (1968). Mais la machine emblématique de ce film est la Harley Electra Glide qu'il offre à son amante. 

belmondo-Homme-de-rio1_500.jpgAvec sa désinvolture habituelle, Jean-Paul Belmondo pique la moto d'un policier pour s'élancer à la poursuite de sa fiancée ("L'Homme de Rio"- 1964). Mais, là aussi et comme dans "les Motards", il semble que la Police nationale ait été sollicitée...

1964-L-Homme-de-Rio297.jpg... car sur cette photo de tournage, on voit que Bébel est sous surveillance. Sa 500 Triumph TRW, twin à soupapes latérales a été conçue durant la guerre, mais jamais utilisée avant de faire le bonheur de certaines administrations dont la police parisienne.

1967-Demoiselles-Rochefort.jpgPlacer une moto dans une séquence de comédie musicale n'était pas la chose la plus facile au monde. Jacques Demy s'en est tiré admirablement dans "Les Demoiselles de Rochefort" (1967) où George Chakiris a pour partenaire une 450 Honda.

les-ardentes-c--Bier.jpgLe "porno soft" des années 70 a souvent suivi la leçon de "La Motocyclette", opposant la rudesse mécanique du métal motocycliste à la tendre chair des demoiselles. Grand spécialiste de l'érotisme cinématographique (et autres si...), Christophe Bier a déniché cette image du film "Les Ardentes" (Henri Sala - 1973), dont les actrices n'ont pas dû coûter très cher en costumes. L'original est à voir sur : http://www.itsdeadlicious.com/2009/02/les-ardentes.html

Le-grand-escogriffe-Bene166.jpg"Aussi vite vu qu'oublié" concluait un critique à la sortie de "Le Grand Escogriffe" (Claude Pinoteau - 1976), alors que cinémotophile n'a pas oublié la séquence où apparaît cette 750 Benelii 6 cylindres. Une présence inattendue de cette "Sei" peut-être due au fait que ce film est une coproduction italo-française. 

tumblr mkj4arjBpk1r0s9gio2 500La solution pour limiter les frais de tournage dans la circulation ou encore lorsqu'on utilise des acteurs qui ne pratiquent pas le deux-roues... 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:37

Les deux premiers articles sur le même sujet ont paru les 14/02/2013 et 03/05/2013 

D.-Pascal-motoci12.jpgAu lendemain de la guerre 1914-1918, le motocycliste français amateur de grosses cylindrées a peu de choix sauf à se tourner vers les motos des surplus américains ou britanniques. Nombreux sont les motocistes qui vont "civiliser" ces machines. Ainsi, Octave Hié "Maison de confiance" vend (ou entretient) une BSA, à demi cachée par un attelage Harley-DavidsonLes roues flasquées étaient à la mode car plus faciles à nettoyer et d'aspect automobile flatteur. Le magasin ne paye pas de mine, pourtant il représente déjà la marque Claude Delage (aucun rapport avec les voitures) dont il arbore une plaque métallique sur le mur "en dur" et, plus loin, une affiche.

magasin-Courbevoie-Olympique868.jpgAutre magasin modeste des Cycles et Motos "Olympique", marque du groupe Gentil (Alcyon). Néanmoins, on se demande si le photographe a voulu mettre en valeur les cycles ou la boutique du tailleur. La brave ménagère avec son cabas s'en est trouvée immortalisée du même coup.

magasin-Alexandre-Trauner-atelier.angirard.com.jpgGrâce à l'affiche du film "L'escadrille de la chance" tourné en 1937 et collée au mur à gauche, on sait que la photo date de la fin des années 30 et que le magasin était dans le XVème à Paris, proche du métro Cambronne. Pas de représentation officielle, pas de marque sur la vitrine consacrée à la bicyclette. La moto du premier plan semble être une culbutée Alcyon (?) moteur Zurcher.

magasin-G-R-interieur866.jpgUne marque aussi prestigieuse que Gnome-Rhône se devait d'avoir un lieu d'exposition au cœur du Paris motorisé dans les années 30. Ce magnifique attelage figurait au 49, avenue de la Grande-Armée, sur fond de moteur d'avion en étoile (Type ?).

magasin-30-Bas-JB-garage--ret-EPS.jpgCruel contraste entre le magasin Gnome-Rhône et ce très rustique atelier multimarques né dans le début des années 50. Le mécanicien y exerce au grand jour ses talents sur un triporteur Peugeot.

Magasin-30-haut.jpgBâchées sur le trottoir, ces petites cylindrées sont à l'image du parc motocycliste français, à commencer par la plus visible, une Motobécane culbutée à suspension arrière coulissante.

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