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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 13:56

Biiista.jpg

Résurrection d'une Majestic ? Image virtuelle sur Photoshop ? Maquette ou jouet ? Que non point mais une vraie moto, la Biiista, qui roule vraiment comme on peut le voir ci-dessous.

Biiiista Capture d’écran 2012-09-30 à 17.11.00

Allure insolite, mais acceptable pour une bécane électrique. Ah, oui, car aujourd'hui il faut de l'électrique pour attirer l'attention (et récolter les pépettes). L'électrique, c'est la panacée moderne comme le fut - souvenez-vous - le moteur "atomique" des années 50, relayé par la turbine quelques années plus tard.

Biiista trio Capture d’écran 2012-09-30 à 17.07.54

Donc cette machine de 140 kilos roule à 100 km/h et offre 100 km d'autonomie, ce qui est jugé trop peu par les experts de la chose. On les laisse à leurs problèmes, en espérant qu'ils oublieront ces ridicules rétroviseurs "chopper" comme on en montait sur les Mob' de notre adolescence. Biiista plan profil Capture d’écran 2012-09-30 à 17.07.

À la réflexion, cette silhouette rappelle quelque chose... Mais oui,... Mais c'est bien sûr... c'est celle de la Majestic des années 30 ! L'une des plus belles réalisations de M. Georges Roy avec la New-Motorcycle. On suppose que cette Biiista est un hommage de ses concepteurs autrichiens de la Hammerschmid-Maschinenebau à l'œuvre de notre visionnaire. Un bureau de design a même mis son grain de sel dans l'affaire, et le design, ça s'apprend dans des écoles où on doit en étudier l'histoire. Ben pourtant, j'ai eu beau chercher à travers le ouèbe sur tous les sites, y compris sur celui de la Hammermachin : que pouic, pas la moindre allusion à G. Roy. Sans doute un oubli qui sera vite réparé...  

1932-Majestic-BON-copie.jpg

La vraie Majestic, en voici une. Refusez les imitations !

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 09:36

« À onze ans, il s’occupait déjà de mécanique. Son père avait voulu en faire un simple ouvrier et c’est en cachette, avec les quelques sous qu’il pouvait gagner de droite et de gauche à l’insu des siens qu’il s’acheta des livres et étudia. Apprenti à Nantes, il passa ensuite à Argenteuil où il étudia la machine à vapeur. Puis, chez Postel-Vinay, il put s’initier aux délicatesses de la petite mécanique. Établi ensuite à son compte rue Saint-Jacques, M. Buchet exploita ses propres brevets d’appareils téléphoniques. À Montsouris il installa un atelier plus grand puis rue de la Roquette où il s’occupa plus particulièrement de moteurs électriques. C’est à ce moment qu’il devint des nôtres. Le moteur l’avait conquis. Jusqu’à ses derniers moments, c’est le moteur qu’il aima. La poulie extensible l’attira un instant. Puis il construisit la culasse Buchet, le moteur à ailettes et à eau. Enfin, la dernière étape de sa vie l’amena à Levallois où il donna à l’automobile et à l’aérostation ses derniers moteurs à deux et quatre cylindres. La mort de M. Buchet est, répétons-le une grande perte pour l’automobile. »

C'est ainsi que L’Industrie Vélocipédique et Automobile de novembre 1902 rendait hommage à l’un des  pionniers français de la motorisation décédé le 29 octobre des suites d’une septicémie consécutive à un érysipèle.

1899 Buchet caric541
Vers 1900, Juliette Lockert, Directrice de la revue "Le Chauffeur" édita une plaquette rendant hommage par des portraits-charge aux principaux acteurs de la motorisation naissante, aérienne, terrestre ou nautique : De Dion et Bouton, Santos-Dumont, Clément, Ader, Archdeacon, Longuemare (carburateurs), Farman, etc. C'est le célèbre affichiste-peintre-humoriste O'Galop qui a réalisé ces dessins.
 
Dans la courte trajectoire de son existence, de Nantes où il est né en 1860 jusqu'à Levallois, Élie-Victor Buchet a été actif dans des domaines très divers. Il a, par exemple, inventé une lampe à arc qui fut adoptée par la Compagnie d'Orléans (chemins de fer). Cependant, comme le soulignait L’Industrie Vélocipédique et Automobile, c’est le moteur à explosions qui lui doit le plus. La première trace de son activité dans ce domaine est sa présence, relevée par L'Industrie V & A au premier Salon de l'automobile qui s'est tenu aux Tuileries du 13 juin au 9 juillet 1899. Là, 150 000 visiteurs ont pu admirer les réalisations de 405 exposants dont Buchet et ses moteurs. Suit un dépôt de brevet en Grande-Bretagne. Il est daté du mois d’août 1899 et concerne, non pas un moteur mais une culasse de conception nouvelle avec une soupape d'échappement commandée mécaniquementet par un culbuteur (une "bielle à balancier" écrit Buchet) logé en tête de cette culasse. Buchet est également présent au deuxième Salon de cette année 1899 qui s'est ouvert Salle Wagram du 13 au 27 décembre. C'est l'occasion pour la presse de publier la description détaillée de sa culasse sous forme d’un article très favorable car fourni... par Buchet lui-même qui est encore domicilié avenue Daumesnil à Paris (atelier à Montsouris ?).
1899-Buchet-IVA-Salon-1-484.jpg
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1899 Buchet IVA Salon 4
On constate que Élie Buchet ne s'embarrasse pas de subtilités pour décrire ce qui se passe dans la culasse d'un moteur De Dion. C'est carrément apocalyptique !

1900 Buchet mono brevet & dessin BON435 Le dessin ci-dessus accompagnant le brevet fut publié dans la presse en 1900 et il se peut que le moteur en photo à côté soit sa réalisation car il s'agit du plus ancien moteur E. Buchet connu à ce jour. Il diffère de celui du dessin par l'étrier qui supporte l'axe du culbuteur mieux établi que celui qui figure sur le brevet. Il possède aussi une culasse hémisphérique, semble t-il. Et elle est démontable, vissée sur quatre bossages du cylindre, une solution qui sera rapidement abandonnée par Buchet au profit de colonnettes plus robustes.

1899 Buchet dessin bicyl486

Cette même année 1900 paraît dans La France Automobile n° 64 l'étonnant dessin ci-dessus (brevet sans doute) d'un bicylindre vertical Buchet taillé sur le patron du mono. On y retrouve les caractéristiques soupapes verticales dans une culasse hémisphérique. La description qui l'accompagne fait état des nombreuses victoires qu'il a valu à Baras et Marcellin dans plusieurs ville-à-ville, genre de compétitions très courantes puisqu'il n'existe pas encore de circuits routiers classiques. Ainsi le Buchet bicylindre s'est distingué dans les 337 km du Circuit du Sud-Ouest, soit Pau-Bayonne-Pau. Marcellin se classait troisième et premier motocycle derrière deux voitures Panhard (1er René de Knyff) sur son tricycle motorisé "avec le premier moteur de ce genre sorti des ateliers deux jours auparavant", précise la revue. Plus tard, le 15 avril dans Paris-Roubaix, Baras battait le rapide du Nord et arrivait avec trois-quarts d'heure d'avance sur le second, avalant les 287 km du trajet en 3 h 48' soit à l'effarante moyenne de 75,528 km/h ! On mesure la valeur de la performance lorsqu'on compare ce temps avec celui du vainqueur de la même épreuve de l'année précédente : Georges Osmont, l'as du tricycle De Dion, avait fait le parcours à 51,405 de moyenne... Enfin Baras et Marcellin remportaient les deux premières places dans le Criterium des Motocycles tandis que de son côté Victor Rigal accumulait les records de vitesse sur piste.1903-Buchet-tricycle390.jpgSur la piste en bois d'un vélodrome, Rigal en plein effort (du moins pour le photographe !) avec son tricycle à moteur Buchet bicylindre équipé d'une fourche avant Truffault. Le tri pourrait être un Darracq. La photo est postérieure à l'année 1900 car la Truffault n'apparaît qu'en 1901.

"Devant de tels succès, continuait La France Automobile, M. Buchet ne s'est pas arrêté en si bon chemin ; c'est maintenant par quatre qu'il groupe les cylindres. Tel, par exemple le moteur dont M. de Santos-Dumont a muni son ballon, et qui développe une puissance de seize chevaux, et celui de l'aviateur Louis Roze, à circulation d'eau qui développe également seize chevaux". La machine de cet "aviateur" est en fait un double ballon dirigeable équipé de deux Buchet bicylindres à eau de 10 chevaux chacun. Ils ne seront cependant pas suffisant, et l'engin de Roze ne quittera jamais le sol.

1901 Buchet santos-6-2Le Buchet 4 cylindres à eau de 20 CV en cours de montage dans la nacelle du Santos-Dumont numéro 6. Grâce à sa légèreté (102 kg tout de même !), il permettra à l'audacieux brésilien de remporter en 1901 le Prix Henri Deutsch de la Meurthe offert par le mécène des huiles minérales et pétrole. La condition était de parcourir "sur une machine volante" la distance entre le parc de Saint-Cloud et la Tour Eiffel avec retour en moins de trente minutes. Auparavant, Santos-Dumont avait monté un 7-10 CV sur son numéro 4 puis un 12 CV sur le numéro 5, tous étaient des Buchet.

1903 Buchet twin grosUn exemplaire d'un impressionnant bicylindre Buchet a survécu, ce qui nous permet d'admirer sa construction de façon détaillée. On voit qu'elle est conforme au dessin du supposé brevet.

  1903 Buchet culasse G plan 1903 Buchet twin profil BIS

                                                                             Malheureusement le mauvais dessin (*) du brevet ne permet pas de savoir comment est commandé l'arbre à cames logé entre les cylindres. (*) Il s'agit d'une photocopie réalisée à la Bibliothèque nationale il y a plus d'un quart-de-siècle sur une machine archaïque que la préposée ne maitrisait pas totalement. Et je ne suis pas sûr que la B.N. autoriserait aujourd'hui la nécessaire manipulation des gros volumes reliés de La Vie Automobile qui a publié ce précieux dessin...1901-Buchet-catalog-1415-copie-1.jpg

Élie Buchet est désormais installé rue Greffulhe à Levallois, une ville qui va devenir le centre de tout ce qui compte dans la nouvelle industrie motorisée. Il y a rejoint les arrivés de la première heure qui ont investi des terrains achetés par Eugène Levallois en 1840 et proposés en lotissements par Jean-Jacques Perret. Installé dès 1867 avec son entreprise de charpentes métallique, Gustave Eiffel a ouvert la voie aux Clerget, Couzinet puis, plus tard aux Werner, Peugeot et Ader (1909). Trop à l'étroit, Buchet aura bientôt une nouvelle adresse au 49 de la même rue Greffulhe.  

1901-Buchet-catalog-2417-copie-1.jpg

Curieusement, Buchet ne fait pratiquement pas de publicité dans la presse spécialisée, laissant parler pour lui les performances des pilotes qui utilisent ses moteurs. Il est vrai que ceux-ci ne sont pas destinés à n'importe qui. D'abord par leur puissance car le plus modeste de son catalogue, le 3 chevaux 1/3, est déjà un gros moteur dans la production nationale. Ensuite par leur prix. À 625 F ce moteur coûte les deux-tiers d'une machine entière de catégorie moyenne : une René Gillet, une Peugeot, une Griffon sont à 8/900 F. Lesquelles, évidemment, n'ont pas le magique culbuteur d'échappement.1901-Buchet-catalog-3418-copie-copie-1.jpg

Admission par soupape oblique ou par soupape verticale, toutes les variantes semblent possibles. Mais celle de l'échappement est toujours aussi verticale sur la culasse que la bougie est horizontale.

1901-Buchet-catalog-4416-copie-1.jpg

Un palmarès qui a dû faire bien des envieux avec la preuve des progrès réalisés en deux années !

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BUCHET S'INTÉRESSE AUX PLUS PETITS... 1902 Buchet Pioneer 1987422

Assez brutal, peu commode à manier, le tricycle commence à perdre du terrain devant les grandes marques qui vont proposer des machines de moyenne cylindrée. En 1902 paraît aussi le Clément monocylindre de 150 cm3, nouveau moteur à échappement culbuté comme celui du Buchet. Dans le même genre, d'autres suivront plus tardivement tel le Herdtlé-Bruneau ou un éphémère Monarque. Mais le plus dangereux restera le Clément dont les exploits en version bicylindre feront beaucoup pour la réputation de la marque du Pré-Saint-Gervais. L'usine de Levallois, elle, réplique par un "petit" 240 cm3 (66 d'alésage x 70) adaptable sur toute bicyclette par une douille venue de fonderie sur le carter "en partinium", précise La Vie Automobile. Le volant-moteur de ce 2 CV 1/4 est extérieur car l'embiellage est en porte-à-faux (comme sur le Clément...). Bien sûr il comporte la caractéristique commande d'échappement par culbuteur. 

1902 Buchet Pioneer 1987 g pl423  1902 2HP1-4

Le moteur ci-dessus, vu sur une machine de marque inconnue au Pioneer Run, porte un accessoire ingénieux au-dessus de la soupape d'admission. Un petit levier articulé permet d'actionner la queue de la soupape (oblique) dans le cas d'un éventuel grippage, ou tout simplement pour la dégommer après un long remisage. L'usage d'une loupe permet de lire l'inscription sur la plaque de fermeture sous le boîtier d'allumeur : c'est un bien banal "Breveté S.G.D.G.". Banal, mais singulier car on ne le retouve pas sur d'autres moteurs.

1902 Buchet Presto ou LFV439

Mystérieuse "Presto" dont on ne sait rien d'autre à ce jour. Intéressante malgré tout car elle présente le "petit" Buchet en position verticale au prix, il est vrai, d'une torture du cadre afin d'adapter le montage avec la douille de fixation coulée avec le carter.

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... PENDANT CE TEMPS LES GROS ABATTENT DES RECORDS

S'il y a quelqu'un qui n'est pas impressionné par les grosses gamelles du bicylindre Buchet, c'est bien le petit Georges Osmont, pilote de la première heure chez De Dion-Bouton. À chaque réunion sportive, kilomètre lancé ou course de côte il est là sur son tricycle monocylindre, défiant Rigal ou Loste (ci-dessous à la côte de Gaillon) lorsque le spécialiste du Buchet est empêché. Au début de 1902 à Nice, Osmont abat le km lancé en 33 secondes et devient le recordman de la distance avec 109,090 km/h... à égalité avec Rigal qui a réalisé le même temps à Achères ! 1902-Buchet-twin-tric-Loste-Gaillon-421.jpg

Malgré sa carrure confortable, même un Ernest Loste avait besoin d'un coup de main au démarrage du plus gros des Buchet.

Autre lieu, autre mano a mano un peu plus tard au km lancé de Deauville. Rigal y est impérial, crédité d'un sidérant 125 km/h ! C'est trop pour les édiles de la Commission Sportive de l'Automobile Club de France qui annule dans la foulée tous les autres résultats de la réunion, soupçonnant un chronométrage aléatoire. De plus, une réclamation a été portée contre Rigal car il a dû être poussé au démarrage. Sans embrayage et sans pédales, son Buchet à transmission directe sur la roue arrière gauche est d'ailleurs impossible à mettre en route d'une autre manière ! Au cours de cette journée, Osmont avait atteint 106,508 km/h, une vitesse conforme à sa performance antérieure à Nice. De son côté, Loste qui n'avait pas dû bénéficier d'une monture identique à celle de Rigal (130 d'alésage x 160 = 4245 cm3 !) signait un honorable 95,544 km/h.

1902-Buchet-tri-Rigal-gros-plan.jpg Le 14 novembre, sur une portion de route en région parisienne, entre Saint-Arnould et Dourdan, Victor Rigal allait faire taire ses détracteurs de Deauville. Toujours avec le gros Buchet de 32 CV, il parcourait le kilomètre lancé en 29 secondes soit à 124,137 km/h ! Bel hommage posthume à Élie Buchet l'homme qui avait conçu le cœur de la machine de ce record. Un record qui est toujours debout, le préfet de Seine-et-Oise ayant immédiatement interdit ce genre d’épreuve sur son territoire.

Chassés des vélodromes où ils avaient provoqué d'effroyables accidents dans l'entrainement des cyclistes, les tricycles vont peu à peu disparaître du paysage sportif. Leur catégorie ne figure plus dans les épreuves de 1903, remplacée par les "voiturettes" ou "voitures légères", et les Osmont, Baras, Villemain, Béconnais et autres Loste vont devoir trouver là un nouveau terrain d'exploits.

PROCHAIN ARTICLE : L'HÉRITAGE D'ÉLIE BUCHET

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 17:52

Comme l'an dernier, le parking sera gratuit pour toutes les motos !

affiche2012_2.jpg

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 16:00

Pelloux tout TRES BON

(Charlie Hebdo du 20 juin 2012)

Patrick Pelloux est médecin urgentiste, président de l'Association des médecins urgentistes de France. Il publie chaque semaine une chronique dans Charlie Hebdo.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 18:08

L'Histoire a retenu que c'est avec une machine à moteur Peugeot que Norton a remporté le Tourist Trophy 1907 (Catégorie bicylindre) avec un moteur Peugeot. Ce n'était pourtant pas la première fois que cette marque appelée à devenir si... exclusivement britannique faisait appel à l'industrie française. Dès 1902, l'amateur pouvait acheter une Norton 'Energette' motorisée par un Clément de 150 cm3 plutôt performant grâce à sa soupape d'admisssion commandée par tige et culbuteur. En fait, cette Energette est née Garrard car Norton fournissait les parties-cycle à ce constructeur. De là l'idée de lancer sa propre machine qui se distinguait de l'original par un empattement plus long. Ce sera l'une des caractéristiques des Norton à venir.  

1902 Norton Clément Claire497

Il est plus que probable que la production des Energette ("La machine idéale du médecin" proclamait la publicité) fut confidentelle. Le seul exemplaire connu aujourd'hui se trouve aux Pays-Bas (ci-dessus, photo extraite de l'ouvrage définitif sur Norton, en anglais : "Norton, The Complete Illustrated Story" par Mick Woollett. Motorbooks Éditeur - 2004). En 1906, Norton cataloguait 7 machines de plus fortes cylindrées. Toutes étaient équipées d'un moteur Peugeot automatique mono ou bicylindre, sauf une qui conservait le Clément.  

Archives Motorcycleusa.com Archives Frank Melling

Rem (Rembrandt) Fowler à l'issue de sa victoire au T.T. de 1907. Pour défendre son titre l'année suivante, Norton engagea deux machines équipées de moteurs bicylindres marqués "Norton". Toujours à soupapes automatiques, ils étaient fortement "inspirés" du Peugeot de 1907. Aucune de ces deux machines ne termina : Rem Fowler abandonna sur bris de soupapes tandis que F. C. Parryman, son co-équipier et ami personnel de James L. Norton, tombait en panne d'essence (Photo : motorcycleusa.com - Archive Frank Melling) . 

1904 Werner bis pub490

Werner choyait le client britannique en lui fournissant gratuitement un livret de conseils intitulé "La Roue de la Fortune" dont ne semblent pas avoir bénéficié les Werneristes français. Avec Griffon, Werner sera l'un des annonceurs les plus réguliers dans la presse anglaise. Cette page entière, comme celles de cet article, est issue de l'année 1904 de la revue "The Motor". Hebdomadaire, elle fournissait énormément de détails sur l'activité industrielle et sportive du Continent et sur la France en particulier.

1904 Clement bis pub491

Née de la collaboration de James L. Norton avec Charles Riley Garrard, cette très simple 2 HP (Horse Power) ressemble énormément à une Clément française de la même période. Malgré l'ambiguité de l'énoncé de l'adresse du constructeur à Birmingham (en bas à droite), son allumage n'est pas produit par une magneto mais par un classique batterie (ou piles)-bobine. 

1904 Bimoto Bourcart492

Monsieur T.T. Bourcart avait tout pour plaire à un esprit insulaire avec sa machine extravagante. Pourtant, il ne semble pas avoir convaincu Outre-Manche. On remarquera que dans son esprit, ce sont les dames et les vieux messieurs qui n'étaient pas censés avoir le sens de l'équilibre...

1904 Griffon pub487

Si quelqu'un peut nous traduire la "moralité" de la contine utilisée ici par Griffon, il est le bienvenu.

1904 De Dion moteur pub494 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Motor Castings Company construisait les moteurs De Dion sous licence et les vendait bien car les marques britanniques naissantes préféraient encore le bons gros mono automatique aux "modernes" motorisations plus légères et supposées plus fragiles. C'est ainsi que les Matchless, BAT, Alert, Excelsior, Osborne (O.E.C.) et Riley débutèrent dans la motocyclette grâce au De Dion, quitte à devoir créer de lourdes parties-cycle au dessin torturé pour loger l'encombrante cylindrée. La M.M.C. pouvait également réaliser sur mesure la fonderie de n'importe quelle pièce automobile.

 1904 Clement pub BIS 489

On retrouve une Clement-Garrard plus élaborée avec un changement de vitesse à deux rapports et une suspension de fourche à roue poussée sur courtes biellettes. Pourtant, à partir de 1904 la marque a du mal à lutter contre la concurrence des nouveautés apparues sur le marché britannique et C. R. Garrard va se tourner vers l'automobile.

1904 Clement gros plan

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 16:53

La préhistoire de la locomotion ne peut oublier l'action militante de Louis Baudry de Saunier (1867-1938), journaliste-écrivain et surtout polygraphe effréné. Il a signé quantité d'articles et d'ouvrages consacrés à la bicyclette, à la moto, à l'automobile, à l'alcool (moteur), au chauffage1893 baudry de Saunier295 central, au camping, à l'ameublement intérieur, à l'éducation sexuelle... Mais c'est à son premier amour, la bicyclette, qu'il a consacré le plus de livres ou d'opuscules dont l'un nous intéresse plus particulièrement. En voici donc quelques morceaux choisis dont tout motocycliste saura faire bon usage.

 

5 – Je ne connais que deux raisons recevables de la part d’un homme sensé pour refuser de goûter aux délices de la motocyclette : la pauvreté et les hémorroïdes. Le récalcitrant qui n’a pas le premier de ces malheurs a le second.

13 – Il est utile à motocyclette de porter un revolver sur soi, non contre les chiens, mais contre les hommes.

56 – Le contact de la selle est quelque fois rude à l’assiette tendre d’un débutant : un peu de vaseline fait grand bien. Mais la persévérance est le meilleur remède et l’habitude chasse vite la souffrance des âpres baisers de la selle.

71 – On ne doit jamais, jamais, jamais prêter sa machine. On ne prête pas plus sa machine que sa maîtresse ou sa femme.

166 – Un remède un peu sauvage contre l’abattement qui saisit parfois un coureur ou un touriste après une longue étape : quelques gouttes de vinaigre dans les oreilles. D’autres introduisent de l’éther. Tout ceci au moyen de tampons de ouate ou de coton, bien entendu.

167 – Un coup de soleil est inoffensif lorsqu’on a soin de frotter aussitôt la partie atteinte de beurre bien frais ; si vous trouvez un œuf, battez le blanc jusqu’à ce qu’il se forme en neige, et frottez !

202 – Le meilleur logement pour une motocyclette est certainement le logement de son maître, et j’engagerai toujours les motocyclistes à prendre une chambre au rez-de-chaussée afin de pouvoir y enfermer avec eux leur machine.

219 – La liberté du ventre est une des conditions de la liberté des jambes. Les intestins récalcitrants sont disciplinés par l’usage du pain de seigle au lieu de pain de froment pendant une quinzaine de jours. Puis, reprenez comme d’ordinaire le froment, jusqu’au jour où le changement en seigle redeviendrait nécessaire.

221 – Goûtez de la femme le moins que vous pourrez. Don Juan n’a jamais été un sportsman.

222 – Si un coureur possède une maîtresse, il aura soin, huit jours avant une grande épreuve, de ne la voir jamais qu’en public.

223 – Quelques coureurs prétendent néanmoins que l’amour, pris à petite dose (Il serait bon, en tout cas, de n’en prendre qu’un cachet !), un quart d’heure environ avant la course, excite les nerfs et délie merveilleusement les jambes. Mais le remède n’est applicable qu’aux petites épreuves (de 10 k. au plus), parce que c’est sur votre respiration que l’amour portera son action délétère.

227 – Le soir d’une belle victoire, ne vous laissez griser ni d’orgueil ni de champagne, et couchez-vous de bonne heure – dans un lit à une personne.


MAIS IL A DIT AUSSI : "POUR BIEN VOYAGER, VOYAGEZ LÉGER"

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Cet ouvrage ayant été publié en 1893, ces conseils s'adressaient aux cyclistes et il ne peut donc y être question de motocyclette née en 1895 (précision à l'usage des jeunes couches qui nous lisent). Cependant, je pense que Baudry de Saunier, peu enclin aux états d'âme, aurait été tout à fait capable de rééditer son opuscule en changeant simplement comme je l'ai fait le mot "cycliste" par celui de "motocycliste". Sinon, qu'il nous pardonne l'outrage, si c'en est un...

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 17:43

Dans la fièvre des années 1890 jusqu'à 1914 (voire au delà), acquérir la maîtrise de la carburation faisait la réputation d'un mécanicien et surtout d'un pilote de course. Une fois que celui-ci estimait que son moteur "respirait" régulièrement et puissamment après de savants tâtonnements, il ne modifiait rien à son carbu et commandait le régime-moteur uniquement en jouant sur l'avance à l'allumage. Plusieurs champions se virent ainsi décerner le titre envié de "Démon de la carburation", de quoi obtenir la considération de vos pairs ! Se servir d'un appareil aussi capricieux était une chose. Encore fallait-il choisir le meilleur dans la panoplie qui s'offrait à l'amateur. Le choix était vaste, donc petit aperçu sur cet accessoire aux alentours des années 1903-1906.  

Carbu-Jusot477.jpg

Très simple car "Parfaitement établi", que demander de plus ? Quand à connaître son fonctionnement...

Carbu H. Labitte480

J'en vois qui chahutent au fond de la classe en faisant de mauvaises plaisanteries sur ce bonhomme Labitte. Vous serez moins fiers lorsqu'on vous appellera au tableau noir pour l'interrogation orale !

Carbu Bourrienne478

N'ayez crainte, celui-ci est tout à fait complet, malgré les apparences.

The Pretty carbu084

Dessins extraits du brevet de la motocyclette The Pretty (qui semble française malgré son nom). Très détaillé, en long, en large et en travers mais apparemment assez simple. Quelqu'un a dit simpliste ?

Carbu V.F.476

Superbe objet d'art (bronze nickelé, mazette !) qui peut faire un joli dessus de cheminée en attendant de trouver le moteur - et la moto - qui vont avec !

Carbu Vaurs474

Impossible de le confondre avec un autre grâce à sa manette de réglage. Déjà un ustensile moderne.

... ET VOICI LA SURPRISE !

Popoff foto

Vous avez peut-être attrapé un léger mal de tête en essayant de comprendre comment fonctionnaient tous ces carbus ? Alors voici par Popoff (Jean Baitzouroff) une chansonnette pour vous détendre. À ses débuts, Popoff auteur-compositeur a fait partie de la bande à Jacques Martin. Il est l'auteur d'impérissables chefs-d'œuvre dont "Et vlan... Passe-moi l'éponge !" et ce "Quand je fais vroom-vroom sur ma moto" que l'on peut écouter, chanté par lui-même, sur le site dont le nom est tout un programme : www.bide-et-musique.com (à qui j'ai piqué la photo de la pochette du 45 tours).


Quand je fais vroom, vroom, vroom, sur ma moto, (to,to,to.)

Mon cœur fait boum, boum, boum, sous mon polo. (lo, lo, lo.)

Quand j'accélère, lère, lère, je m'envoie en l'air.

Quand je fais vroom, (vroom vroom)

Quand je fais vroom, (vroom vroom)

Quand je fais vroom sur ma moto.

 

C'est un engin fantastique.

Un chef-d'œuvre de mécanique.

Les bougies se font la malle.

Les pédales brinquebalent.

 

Pour ne pas manquer d'essence,

Étant donné les circonstances,

J'ai dû céder mon épouse favorite

Au roi d'Arabie Saoudite.

 

(Au refrain)

Mais cette bécane infâme

me donne plus de joies que ma femme.

Dès que le moteur crépite,

Ça m'excite sans limites.

 

Tout deux, nous vibrons ensemble.

Quand je la serre entre mes jambes,

C'est bien meilleur, soyez-en convaincu,

Qu'une bonne partie de heu… Heu… Ho.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 09:26

Petite suite, mais suite quand même avec ces deux photos de complément. Ici, les pilotes sont connus puisqu'il s'agit de Jean-Claude Costeux (à droite) en compagnie de Jean Auréal, tous deux sur des Aermacchi. Mais la question concernant la date de la course n'est toujours pas résolue...

Montlhéry bis472

Très beau break Peugeot 403 aux armes de la marque italienne...

Montlhery-ter473.jpg

Autre document sur la même journée avec une Norton d'un concurrent à côté d'une BMW légèrement coursifiée et équipée d'une "gross Denfeld sitzbank"

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 17:01

On sait que la France fut à l'avant-garde du progrès motocycliste au début du XXe siècle au point qu'elle permit à des marques anglaises de démarrer dans la vie (Norton pour n'en citer qu'une). On sait moins qu'elle était aussi partie à la conquête de pays lointains. Ainsi de la Tasmanie, cette île immense au demi-million d'habitants qui termine le sud-est du continent australien. Le mensuel néerlandais Veteraan Motoren Club nous en fournit la preuve avec quelques photos que le Zhumoriste gardait dans sa musette depuis... un certain temps (le mensuel date de mars 1998, il n'est pas trop tard pour le remercier !).  

Tasmanie peugeot bicyl468

1906, les vainqueurs d'une course de côte, de gauche à droite : Alcyon à fourche Simplex ; Griffon fourche rigide ; Minerva (Belgique) ; Griffon à fourche Griffon.

Tasmanie-Alcyon465.jpg

Alcyon à fourche Simplex.

Tasmanie Griffon466

De gauche à droite : Griffon à fourche Griffon qui cache une autre Griffon appuyée contre le mur ; une Champion à moteur Minerva (Belgique) ; la roue avant d'une Rex (anglaise).

Tasmanie peugeot mono467

Peugeot avec fourche Truffault

Tasmanie peugeot sidecar469

Toute la famille de John King l'importateur des Peugeot en Tasmanie (2eme à gauche).

Hollande peugeot publici470

Dans le même numéro du mensuel néerlandais, une publicité Peugeot de 1903. Les Pays-Bas continueront dans cette voie puisque, sauf erreur l'entreprise Stokvis (toujours bien vivante aujourd'hui) distribuera Motobécane dans les années 50 (?) et fabriquera le Velosolex.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:28

Des motos moches on connaît, mais des publicités bien tartes il y en a aussi, la preuve !

Mob pub NL

Qui pourrait croire qu'une banale Mobylette AV55 déclencherait une pareille frénésie amoureuse chez une blonde personne néerlandaise. À moins qu'il ne s'agisse des effets du charme du pôv' petit français venu aux Pays-Bas pour en apprendre la langue... (qui nous traduira le texte ?)

JIL-publicite447.jpg

Le côté ringard est assumé avec un clin d'œil, mais le "visuel" est un rien laid. À l'époque (années 70), la marque JIL visait la clientèle jeune. Heureusement... À part ça, imaginez l'ambiance du bureau avec des "créatifs" réunis en "séance de travail" pour élaborer le texte de cette page (entière). Dans ses films Jean Yanne a fait ses choux gras de ce genre de situation sans avoir à chercher bien loin, il lui suffisait d'ouvrir les journaux...Ondine 64359372 p

Le "produit", comme ils disent, n'était pas mauvais et plutôt en avance techniquement, mais le slogan "Boum, voilà l'Ondine" s'adressait vraiment aux jeunes couches arriérées.

NSU-1959-Quickly-T50-trio194.jpg Avec cette photo extraite d'un dossier de presse NSU on touche au suggestif égrillard, non ? Sûr qu'une Boutin ou un Barbarin monteraient au créneau pour faire interdire à grands coups de vade retros ce qui n'est qu'une incitation à la fornication trioliste. Vade retro, donc ! 

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