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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 14:42

1956 Motobecane Z56C 4500$ Ebay N CarolinaL'industrie française fait enfin une percée sur le marché nord-américain de la moto grâce à cette Tobec Z56C mise à prix 4500 $ en Caroline du Nord. Fut un temps où des petits malins faisaient venir en Europe par containers entiers les japonaises deux-temps interdites aux États-Unis par les lois sur l'environnement. Verra-t'on, à l'inverse, les mêmes petits malins remplir des containers de machines françaises pour les vendre aux Américains. Si on tire 4500 dollars d'une 125, t'imagines un peu ce qu'une 500 Terrot pourrait rapporter ?

le-bon-coin-blouson-culotteVu sur "leboncoin" cette annonce qui semble-t'il n'a pas obtenu le succès escompté. M'est avis que c'est parce que l'idée n'a pas été poussée à son terme. À l'exemple de la publicité qui avait excité toute la France à l'automne 1981... "Demain j'enlève le haut"... "Demain j'enlève le bas"... "L'annonceur qui tient ses promesses"... (à l'intention des jeunes couches : à voir et revoir sur le vouèbe)Corrida moto

La carte postale la plus con du siècle et qui nous fait honte d'être motocycliste ! (vue sur ebay)

Andysaunderskustoms.co.uk 2CV6-Picasso-Citroen-by-Andy-SauAndy Saunders est un designer britannique, plutôt un artiste touche-à-tout qui adore apporter une touche personnelle à des objets courants. Ainsi de cette 2 CV inspirée de Picasso (très différente de la dernière "Picasso" de Citroën, une escroquerie pour dire le moins...). Il espérait qu'elle tenterait un musée anglais, voire le musée Pompidou mais finalement sa Deuche a trouvé preneur chez un collectionneur californien (photo extraite de son site : andysaunderskustoms.co.uk).NSU team Pichaud TOUS

Photo de groupe (comme on voit...) transmise par Jacky Pichaud qui poursuit son lobbying en faveur de la NSU 251 OSL si tant appréciée des néo-crossmen. Sept machines d'un coup, mais la n° 2 est en cours de restauration. Elle mérite des soins attentifs car, dit le panneau exposé, elle a été Championne d'Ile-de-France en 1959, aux mains de René Norbert dit "Tobus". 

NSU team Pichaud 4 gaucheLes mêmes en plus gros plan.

NSU team Pichaud 4 droite

mer-du-nord-littoralAprès la carte postale la plus con, voici la carte postale la plus nulle ! En plus ça devait être fait par un photographe professionnel genre "auto-stoppeur" qui n'a même pas vu qu'il ajoutait un bras droit à la demoiselle. Avec un bras gauche de plus, elle nous faisait Kâlî, la méchante déesse qu'on vous présente ci-dessous à droite (j'ai dit à DROITE !) afin de vous rafraîchir la mémoire...

Shakira colombienne 9415-1-pic0 ... non, pas à gauche, la VRAIE est reconnaissable car elle tire la langue ! À gauche, la chanteuse colombienne Shakira fut pressentie pour incarner (incarner...) la déesse dans une superproduction de Bollywood, mais il semble que l'affaire ait capoté devant trop de critiques xénophobes en Inde.                              kali

 

 

 

 

 

 

 

Kâlî (à droite) serait la plus douce des divinités de la mythologie indienne. On préfère ne pas connaître celles qui sont les plus cruelles !

Side Bernardet Avion 02L'Association des Cycles et Véhicules Bernardet a mis en refabrication l'un des plus beaux sides de la marque, le modèle "Avion" devenu par la suite "Records du Monde". Il est éventuellement disponible avec châssis et aile de la roue. 

Cocardes-BON-Bernardet-Side-Grand-panier-logoB_RdM2.jpgSont aussi fournies les cocardes qui se placent sur chaque face de l'aileron vertical : rouge extérieur pour le grand panier et bleu pour le petit panier. Notez la différence de libellé : record ou recordS (plus de renseignements et prix sur : bernardet.com)

Chez BON McDoVu dans un McDo sur la route des vacances... enfin McDo va plaire aux écolos !

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 18:41

À vrai dire, le titre de cet article n'est pas exact, du moins n'est plus exact. Rappel pour ceux qui prennent le film en route : Buchet ayant disparu à l'automne 1902, l'usine, ce qui est bien compréhensible, a tourné au ralenti l'année suivante. Divine surprise en octobre 1904 lorsque Anzani sur une Alcyon-Buchet remporte de façon impériale la finale du Criterium du 1/3 de Litre, précédant une autre Alcyon à moteur Buchet (pilote Giorgis). Au cours des éliminatoires, Anzani avait gagné la première et la cinquième des six séries que comptait l'épreuve tandis que, parachevant la démonstration du Buchet, une autre Alcyon pilotée par Griet avait pris la quatrième place en finale. 

1904 Anzani Buchet tiers de litre BONAlessandro Anzani sur son Alcyon-Buchet à l'issue de sa victoire au Criterium de 1904. Cette photo est le contre-champ de celle publiée dans le précédent article et on y retrouve les mêmes spectateurs dont M. Godard (à droite) des Ets Alcyon.

Le moteur qui a permis ces performances est le même monocylindre pour tous, caractérisé par son arbre à cames transversal devant le cylindre actionnant les tiges de commande des culbuteurs. Outre sa cylindrée du 1/3 de litre (76 mm d'alésage x 73 de course, donc super-carré), il se construit selon la même architecture en quatre autres cotes-moteur depuis 350 cm3 (76 mm x 76) jusqu'à presque 600 cm3 (85 mm x 100). La distribution par soupapes en tête et culbuteurs n'a pas convaincu pour autant les constructeurs d'autres marques. Pas même Alcyon qui ne semble avoir commercialisé qu'au compte-gouttes des machines motorisées par des Buchet, hormis une brève mention dans le catalogue de 1905 qui, le temps d'une saison, proposera une 4 CV 1/2 (?) à moteur latéral. C'est le bon vieux ZL automatique d'origine suisse qui est encore roi chez Alcyon.

Cette prudente politique a trouvé un écho dans la presse, telle L'Industrie Vélocipédique et Automobile qui, en novembre 1904, à l'issue du Criterium écrivait : "Au Criterium du 1/3 de litre qui vient de se disputer, l'alésage des moteurs varie de 70 mm à 75 ou 76 ; la course de 73 à 80 ou 82. Pour connaître la puissance, il faudrait également connaître les vitesses de rotation : elles n'ont malheureusement pas été données. On peut affirmer en tout cas que les vitesses de ces petits moteurs sont toujours très élevées, 2 à 3000 tours, et par conséquent que la puissance des moteurs dépasse deux chevaux. À des vitesses aussi considérables, que peuvent bien faire les soupapes ?  N'ont-elles pas tendance à s'affoler ? L'affirmative est bien probable et c'est une des considérations qui ont amené certains constructeurs à monter sur leurs machines des soupapes commandées (ndlr : l'auteur semble écrire ici à l'encontre de sa démonstration, à moins que "affirmative probable" fasse allusion aux "deux chevaux" et non à l'affolement des soupapes ?). Et L'Industrie V & A continuait : "La mode aussi, bien certainement, n'a pas été étrangère à leur détermination. N'est-ce pas là une complication inutile et coûteuse ? On peut le croire quand on a vu un constructeur, et non des moindres (*), revenir au milieu même de la saison aux soupapes automatiques. D'autres ne les ont jamais abandonnées et à notre avis ils ont eu bien raison."

Il faudra deux bonnes décennies pour convaincre le motocycliste français que les soupapes "par dessus" (terme de l'époque) étaient d'un rendement supérieur aux "latérales". Et le débat se transposera lorsque le moteur deux-temps commencera à se répandre...

(*) Alcyon n'étant pas concerné, Griffon ou Peugeot étaient les seuls autres protagonistes d'envergure impliqués dans la compétition de vitesse, mais on peine, chez l'un et chez l'autre, à trouver trace des soupapes en tête auxquelles il est fait allusion.1904 Buchet l'Auto BONDifficile de connaître précisément la cylindrée de ces deux moteurs vraisemblablement montés avec des carters identiques. Plus ramassé, celui de gauche pourrait être le 350 de 76 mm x 76. À droite, la poulie ajourée se pratiquait afin d'obtenir un meilleur contact avec la courroie de transmission. Cette dernière, de section trapézoïdale et en caoutchouc armé, était en passe de remplacer la courroie torse qui, à son tour, avait chassé la courroie plate. 

Peut-on déjà voir dans cette profusion exubérante de modèles la "patte" d'Anzani ? Pas impossible lorsqu'on connaît la fertilité d'esprit du personnage qui va se révéler par la suite dans tous les domaines de la motorisation sur terre, sur mer et dans les airs. On remarquera que, passé 1903, les carters ne sont plus marqués "E. Buchet" mais simplement "Buchet". Indication purement due à une exigence commerciale ou façon de signaler que "quelqu'un d'autre" est à la manœuvre dans la conception de ces mécaniques ?   

1904 Buchet OHV mono432Une rareté que ce Buchet qui a survécu et ressemble beaucoup à celui qui est illustré précédemment ci-dessus à gauche avec - sur les images - l'admission à gauche et l'échappement à droite. Le parallélisme des soupapes est ici bien mis en évidence.

1904 Magali Buchet Collomb Ch ThierryVainqueur de la catégorie du 1/3 de litre à la côte de Château-Thierry 1904, Collomb a équipé sa Magali d'un Buchet mais avec une transmission par chaîne qui a nécessité un énorme pignon réducteur. C'était une particularité de la marque Magali ou Mireille, marque-sœur. En raison de la dangerosité de la route, Château-Thierry ne fut ouverte cette année-là qu'à la catégorie "Touriste", d'où le montage de garde-boue sur les motos comme on le voit ici sur cette machine prévue pour la piste. 

1904 Buchet latéral 577Accidenti ! Élie Buchet a dû se retourner dans sa tombe ! Un moteur Buchet qui n'a aucune des caractéristiques "maison". Deux soupapes oui, mais latérales bien qu'elles soient positionnées devant le cylindre et non sur le côté. 

1904 Buchet semi-culbuté BON autoAutre moteur hérétique qui jure dans la lignée des Buchet, celui-ci a une soupape d'admission inclinée et commandée par culbuteur alors que l'échappement est latéral. Ce mélange des techniques se retrouvera souvent sur les moteurs destinés à la moto qu'Anzani va construire sous son nom après la Première guerre. Ces deux derniers documents sont des photocopies de coupures de journaux qu'Anzani avait réunies en un dossier concernant son activité. Ce dossier m'avait été confié par une personne de l'entourage de l'Italien il y a près d'un tiers de siècle. Retourné à son détenteur, ce dossier n'est jamais réapparu depuis la disparition de la personne en question.

1905 L'automobile 25 février Buchet 1-32ème

Élie Buchet ne semblait pas compter beaucoup sur la publicité commerciale pour vendre ses moteurs. C'est seulement après son décès que des annonces apparaissent un peu plus dans la presse spécialisée. Ainsi de celle-ci publiée à la fin de 1904 dans L'Automobile mais dans un format de 1/16 ème de page, le minimum accepté dans cette  revue. Elle passera plusieurs fois dans l'année, mais toujours d'une dimension aussi modeste

1904 Minerva Olieslagers Paris-Bordeaux-ParisUne photo un peu hors sujet mais qui est là pour montrer que Jan Olieslagers, le célèbre "Démon anversois" (voir article précédent sur Buchet) ne dédaignait pas de participer à une épreuve plus calme que celles dont il faisait son ordinaire. Il est ici au pesage du Paris-Bordeaux-Paris au guidon d'une Minerva, grande marque belge comme il se doit.1904 Casque gonflable CissacLa sécurité des motocyclistes, surtout ceux qui entraînent les cyclistes sur vélodromes est à l'ordre du jour en 1904. Introduit en France, le casque en cuir bouilli venu des Amériques est jugé trop lourd si bien qu'un inventeur français (ici à droite) a proposé le casque à calotte gonflable. Le pilote Cissac, à gauche et l'entraîneur Michaël se prêtent à une démonstration de l'appareil pour une photo qui paraîtra en une de l'hebdomadaire La Vie au Grand Air (qui n'est pas une revue consacrée au naturisme comme d'aucuns pourraient le croire !).

1904 Luno-Cape BONDes maisons spécialisées proposent des équipements destinés plus particulièrement aux motocyclistes tels ce "Luno-cape" combinant lunettes et casque en tissu fort. Mais, au volant comme au guidon, le col cassé reste de rigueur !

(À suivre, bien sûr !)

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:08

Difficile de se faire une opinion sur ce salon 2012. L'an dernier, on avait cru à un frémissement du côté des p'tites vieilles, présentées en assez grand nombre, avec un podium Bol d'or qui tenait la route. Ce n'était qu'une passagère poussée de fièvre. La crise, Monsieur, LA CRISE, vous dira t'on est passée par là. Mouais. M'est avis qu'elle a bon dos la crise en cette circonstance. Car du côté de l'automobile ancienne c'est, m'a-t'il semblé, le contraire qui s'est passé avec en plus un superbe podium de cyclecars qui donnaient bien envie de s'acheter une troisième roue (voire quatre si affinités).   

FFVE Automédon Grare Della Dessa

Conférence au sommet sur le stand de la F.F.V.E. tenu par Alain Grare (à droite). Au premier plan, le plus vieil ancêtre du salon, une Terrot des premiers âges restaurée par Didier Rousier.

Automédon Norton CS1 Vintage Revival

Toujours impressionnante avec son majestueux 500 CS 1 (CS = camshaft = arbre à cames, sous-entendu : en tête), cette Norton était présentée par les organisateurs du Vintage Revival Montlhéry qui s'activent en vue de l'édition prochaine des 20 & 21 avril 2013. Les nostalgiques qui pleurent sur la disparition des épreuves d'anciennes auront là l'occasion de faire rouler leur bécane sur le prestigieux autodrome sans avoir à se poser la question du retour au bercail en cas de panne. Pas question non plus de se faire des chaleurs au côté de pisse-feux dopés aux stéroïdes du commerce "réservés à la compétition" : ce Vintage n'accepte que des machines d'avant 1940. Alors comme ces jeunes gens sont bien sympathiques, on leur fait un peu de publicité...

Vintage 2013 affiche d’écran 2012-10-14 à 12.35.43

... bien que le camarade Thierry Dubois n'ait pas particulièrement choyé la moto sur cette affiche. Fera mieux la prochaine fois, j'espère !

Automédon espion

Jusqu'où ne va pas se nicher l'espionnage industriel ! Et la police laisse faire ?

Automédon Honda mono

Si l'on en juge par la quantité de pièces détachées pour elle que l'on trouve sur le vouèbe en Allemagne et en Grande-Bretagne, la Honda GB 500 a fait un carton dans ces deux pays. En France ? Totalement inconue car jamais importée. Raison de plus pour la rechercher aujourd'hui, d'autant qu'en général elles ont peu roulé. Lorsqu'on a passé une telle machine par toutes les épreuves de l'homologation à titre individuel (seul moyen d'en faire entrer une en France), on y tient bien plus que si on savait la retrouver chez le concessionnaire du coin. La seule que j'ai jamais vue dans la rue était dans le XIXème. Ell est bien restée 6 mois sur le trottoir, s'affaissant chaque jour un peu plus sur ses pneus fuitant. Un jour elle a disparu, ne laissant qu'une trace noire sur le goudron. Savoir ce qu'elle est devenue ?

Automédon DS Malterre

D.S. Malterre : l'une des meilleures réussites françaises autour du culbuté A.M.C.

Automédon Morgan Maria

Pas peu fière de son cadeau d'anniversaire, Maria ! De fait, un Darmont 1000 en V de 1924 qui, grâce à ses deux vitesses vous emporte à des 90 kilomètres à l'heure, c'est bien plus enivrant qu'un diamant à gros carat. Quoique, l'un n'empêche pas l'autre !

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:46

Gnomoculteur-1-FMD.jpg

Un vrai conte de fées comme dans les livres : un  paysan normand (à gauche, dans le rôle de la fée) ayant appris que son voisin était amateur de motos anciennes est venu lui offrir le motoculteur que ses aïeux avaient fabriqué dans les années 20. Ô joie indicible, le moteur de l'engin était celui d'une Gnome-Rhône 500 type D4, genre de machine sport de son temps. Un ami présent a immortalisé la livraison alors que d'autres voisins étaient venus des environs pour assister à la cérémonie. On voit ici l'heureux destinataire du cadeau qui, sous le coup de l'émotion en a perdu une bonne partie de ses cheveux.Gnomoculteur 2 FMD

À peine arrivée dans son nouveau foyer, la D4 était en voie de restauration commencée par la pose d'un réservoir, un vrai bidon signé Gnome, mais pas de la même époque.

(On aura compris qu'il s'agit là d'une reconstitution avec des acteurs non-professionnels. Cependant le Gnomoculteur est lui bien réel et a bien été offert en cadeau au monsieur déplumé)

NSU-Roquecave.jpg

Autre "sortie de grange", enfin presque, mais il a fallu que son nouveau propriétaire aille chercher jusqu'au Danemark cette NSU 250 Max. Elle retrouvera sa fringante allure après une remise en peinture noire et quelques soins mécaniques.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 17:34

1896-Dame-Tri-de-Dion-France-auto-28-nov.jpg

Dès les premiers âges, l'image de la femme a été associée à la moto. Ici, nous sommes en 1896 et sur cette couverture de l'hebdomadaire La France Automobile un tricycle De Dion-Bouton emmène une dame aux mollets ronds, bien dotée par la nature (et par ailleurs). L'œuvre est signée de Henri Gray (1858-1924), peintre et spécialiste des affiches publicitaires pour des marques de motocycles puis pour des villes touristiques, stations balnéaires, spectacles, etc.

Henri Gray De Dion

Pour Henri Gray, le tricycle était naturellement une machine destinée aux femmes ! 1902-Mme-Jolivet-a-Deauv550.jpg

Mme Jolivet, sportwoman de la première heure sur une bicyclette à pétrole Pécourt, au km lancé de Deauville en 1902. Son mari courait pour la même marque qui fut l'une des premières en France à utiliser le moteur adaptable Z.L. Hélas, le 31 mai 1905 le tribunal prononçait la "Clôture pour insuffisance d'actif" de l'entreprise de "M. Pécourt, négociant en moteurs, actuellement sans domicile connu".1919 Autoped Fantasio478

Commercialisé aux États-Unis dans les années 20, l'Autoped est bel et bien sorti de l'imagination d'un émigré britannique (on aurait pu s'en douter...). L'artiste peintre-dessinateur italien Fabio Lorenzi a travaillé pour de nombreuses revues dites  "légères" (Le Sourire, Fantasio, La Vie parisienne, etc) à partir des années 20.

1919-Mlle-Degraine547.jpg

Par ailleurs championne de natation (les épreuves se disputaient dans la Seine, le fleuve), Mlle Yvonne Degraine embarqua avec son side Sunbeam le motoriste M. Blauseur dans le Circuit de La Grande Ceinture en 1919.

1935 À cheval barrière OK

Un guidon et une selle double = bien suffisant pour faire la course avec les trains !

Automoto pin up

Longtemps Valentino Rossi est monté sur (et descendait de) sa machine en l'enjambant par dessus le guidon et le réservoir. Il n'a pas été chercher son idée bien loin...

Moto manège

Il faut commencer très jeune si plus tard on veut épater quelques garçons.

1942 Dollar nickelée

Une Dollar à moteur Chaise comme il a dû y en avoir peu, avec tous les accessoires "luxe" dont l'option suspension arrière et de sublimes échappements "queue de carpe". Le tout avec tellement de nickel et de chrome qu'au soleil ça devait faire mal aux yeux ! 

1945 Matchless pôrt457

Les Britanniques ont réussi à chasser Rommel et ses troupes hors d'Afrique du Nord en laissant derrière eux un matériel bienvenu qui, même pas repeint, a repris du service sans tarder.1947 Tobec Pone037Elles se sont mises à trois pour dompter un malheureux Poney Motobécane dont elles ont éjecté le légitime pilote. Heureusement que la plaque minéralogique à l'avant n'était pas obligatoire pour les moins de 100 cm3.    

Spam-gay.jpg

M.... ! Un spam !

1952 Meguro

Pas de méprise : le "M" du réservoir n'est pas celui d'une Matchless mais celui de Meguro la marque japonaise née au tout début du XXème siècle et qui passera dans l'orbite de Kawasaki dans les années 60. (Dernière heure et erreur fatale : c'est bien une Matchless représentée ici, ce qu'un examen plus attentif que le mien révèle par la présence des lampions sur le côté du phare. Voir commentaire de J. Rémondin. (Ma culpa est maxima !)

1950 BSA fille toutou057

"Une photo de la BSA avec moi, je veux bien, mais jamais sans mon petit chien !"

Catwoman ou catgirl

Joli carénage froufroutant sur la machine (deux-temps Yamaha ?) de Catwoman (ou Catgirl ?), mais peut-être pas tout à fait respectueux des canons de l'aérodynamique... Néanmoins très moderne car il permet de capter la télé avec son pare-brise en parabole.

Velocette kick Cap d’écran

Vues dans une revue britannique, les choses à faire et à ne pas faire pour démarrer une moto au kick. Je crois que la première erreur a été de choisir une Velocette Thruxton Veeline (?) pour cette démonstration !

Motobecane pin up662

Une tenue peut-être un peu légère pour faire de la moto, mais depuis l'époque de cette photo, on a vu bien pire, mieux, plus agréable, enfin... différent !soeur Harlez sur X 90

En 1974, Sœur Marie-Lucie, enseignante dans le Limousin a gagné un concours dont le gros lot était une X90... Harley-Davidson (sérieux !). Elle n'a eu besoin de personne pour gagner ce concours qui était organisé par une marque... (arf !) d'appareils ménagers.                                                                                              En inscrivant votre e-mail dans la case "newsletter" en bas de colonne à droite de cette page vous serez prévenu par e-mail dès qu'un nouvel article sera mis en ligne : c'est entièrement GRATUIT !

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 10:52

Le feuilleton continue et, fidèle à la loi du genre, présente des rebondissements. Il faut savoir que Jean-Claude Lamouroux, à l'origine de cette série d'articles est du genre acharné et consciencieux. Sans cesse à la recherche de renseignements sur sa marque favorite, il est allé moissonner quelques photos au Musée Chapleur d'Amnéville. Il n'a pas fait le déplacement pour rien comme on va voir... 

Alcyon like LC très bon3

À gauche, le moteur d'une Alcyon et à droite, celui d'une Lurquin-Coudert. Troublant, n'est-il pas ? Excepté le cache du système d'allumage absent sur la L-C, toutes les pièces sont semblables : cylindre, carter-moteur, lève-soupape, nombre d'ailettes et jusqu'au petit levier qui commande la vis de vidange. Seule différence apparente, la plaque en cuivre de la marque vissée sur le carter, un détail jamais relevé sur d'autres Lurquin-Coudert connues (jusqu'ici...).

Alcyon like LC copie

Même jeu des ressemblances en comparant le côté transmission des deux machines (Alcyon à gauche). La similitude va jusqu'à avoir la même boucle au tube de graissage qui apporte l'hule au carter. Idem des bossages de renfort qui reçoivent les goujons de fixation des cylindres ainsi que celui destiné à recevoir le numéro-moteur. Absent sur l'Alcyon, celui de la L-C est N428.

Alcyon like LC 2

La ressemblance entre les parties-cycle des deux machines est moins probante car faisant appel à des accessoires "adaptables". Cependant on retrouve la même fourche pendulaire "à ciseaux" sur l'une (Alcyon ci-dessus) et l'autre...  

Lurquin Coudert 4

... ainsi que, ci-dessous, sur l'Alcyon 2 HP du catalogue 1906, par ailleurs identique à celle du catalogue de l'année précédente (les six photos ci-dessus sont de Jean-Luc Lamouroux. Merci de respecter ses droits sur l'image).

1905-Alcyon-2-HP539-copie-copie-1.jpg

1904-Alcyon-2-HP-Jamin-signee540.jpg

Enfin, pour écarter définitivement tout doute, voici la photo de Jamin, pilote Alcyon engagé dans les 1200 km du Concours d'Endurance Paris-Bordeaux-Paris de 1904.

Les documents sont maintenant sur la table, alors quelles conclusions en tirer ? Jean-Claude Lamouroux émet une hypothèse selon laquelle Lurquin-Coudert, fournisseur de moteurs industriels, aurait pu fournir également des moteurs à Alcyon. C'est supposer alors qu'une entreprise somme toute modeste comme L-C aurait eu la capacité industrielle suffisante pour livrer en quantité à Alcyon qui avait déjà une "surface commerciale" bien supérieure à la sienne... L'autre piste est celle d'un fournisseur de moteurs qui a permis a de nombreuses marques dont Alcyon de débuter dans la vie : j'ai nommé Z.L. (Zürcher & Luthi). Personnellement je voterais pour ces Suisses devenu plus tard un seul, Ernest Zürcher ayant été "remercié". D'autres avis ? (Note à benêt : merci de ne pas me refiler tout ce qui traîne à ce sujet sur le vouèbe, c'est à dire tout et son contraire).  

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L'homme derrière cet épisode de l'industrie française : Charles Coudert

Coudert177

(Ces deux photos : Archives F-M Dumas ainsi que celle de la L-C restaurée en couleur ci-après)

Coudert178

1909 Lurquin Coudert 1909-2

Enfin, pour terminer sur un sourire (quoique...) quelques documents concernant des "restaurations" contemporaines. En février 2012, j'ai reçu un mèle d'Ed Youngblood, distingué tenancier du site américain Motohistory, mèle accompagné des trois photos ci-dessous. Un correspondant lui avait envoyé ça et Ed, saisi d'un doute, me demandait mon avis sur ce travail. Propre, bien fait, ça a coûté des dollars mais c'est naturellement sans aucun rapport avec une machine ayant existé. Un moteur de cyclecar dans un cadre de n'importe quoi. Dommage car il y a certainement de par le monde quelqu'un qui cherche ce moteur pour sa machine. Le correspondant d'Ed Youngblood a dû être déçu de la réponse.

Train usa droit

Lorsqu'on se donne tant de mal pour cintrer des échappements, m'est avis qu'on peut faire mieux pour les raccords du circuit de refroidissement. Sans parler de ce trop mignon radiateur !

Train usa gauche

Transmission directe, ça doit pousser fort quand même !

Train usa gros plan

Autre restauration à oublier (ci-dessous). J'ai appris depuis la publication de cette photo que la machine avait été bidouillée dans le centre de la France et qu'elle est partie depuis en Italie. Le renseignement m'a été fourni par un collectionneur qui l'avait eue en sa possession avant de la refiler à un autre. Ça me rappelle un jeu de cartes, c'est "le pouilleux", je crois...

Bitza eau droite

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 14:34

Juste après avoir mis sous presse (celle-là je ne m'en lasserai jamais) l'article précédent, j'ai mis la main sur du nouveau à force de brasser et rebrasser des kilos de revues (une année reliée de La Vie au Grand Air, c'est lourd !). Ce sont des documents qui font avancer la connaissance. Parfois aussi, on recule ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Donc, d'abord le rectificatif qui consiste en cette photo du tri Buchet "petit modèle" de Victor Rigal qui présente enfin le côté entraînement. Lequel se fait à droite (*) où l'on distingue le pignon-moteur qui engrène sur une plus grande couronne solidaire du demi-arbre droit et (peut-être) d'un autre demi-arbre gauche (qui nous ôtera d'un doute ?).

(*)... contrairement à ce que j'ai écrit quelque part... 

1901 Buchet 2 cyl vue AR536

La nouveauté, ce sont ces trois photos et un dessin d'un 40 CV à 4 cylindres Buchet de 1901 à refroidissement liquide (ci-dessous). En le comparant avec le bicylindre à eau du catalogue 1901 (voir le 1er article du 3 octobre), on constate que ce n'est pas un simple copié-collé de ce bicylindre. Ici les culasses sont détachables et le carter-moteur (en alliage léger) à plan de joint horizontal permet d'intervenir sur les trois paliers qui soutiennent le vilebrequin ou sur les têtes de bielles sans avoir à sortir tout le moteur du véhicule. Enfin, et c'est peut-être le plus important, le dessin en coupe met en évidence la forme hémisphérique des culasses.

1901-Buchet-4-cylindres532.jpg

Les cylindres ont un alésage de 110 mm et une course de 120 mm soit au total 4500 cm3. Poids : 175 kg.  Le graissage des paliers du vilebrequin ainsi que celui des pistons est assuré par des raccords particuliers.

1901-Buchet-4-cyl-3534.jpg

L'intérieur du gros volant extérieur est destiné à recevoir un embrayage à cônes. L'arbre à cames (4) en acier tourne sur trois paliers en bronze dans un carter "garni de graisse fluide destinée à lubrifier les cames", selon la description de La Locomotion.

1901-Buchet-4-cyl-plan535.jpg

Les têtes de bielles, démontables, sont graissées par barbotage.

1901 Buchet 4 cyl 2533

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 09:37

À la fin du XIXème siècle, Georges Amigues, alias "Japhet", dessinateur spécialisé dans les costumes de théâtre et affichiste, illustre une plaquette intitulée "Faust, Conte fantastique, tiré de la légende des Cycles". Il y chante en plusieurs tableaux la gloire des bicyclettes Decauville, et lorsque après bien des péripéties drôlatiques Faust enlève la belle Marguerite, le dessinateur fait intervenir le sidecar breveté par Bertoux...

Delarue Dunlop Bertouxl510

... dont se souviendra l'illustre Pierre Delarue-Nouvellière un demi-siècle plus tard. Il rendra ainsi hommage à son également illustre ainé, allant jusqu'à reprendre l'arrière-plan avec le clocher d'église dans l'une des six planches publicitaires éditées en 1949 dans la Collection Dunlop.

Delarue-Dunlop-detail509.jpg

Ci-dessous, la planche entière dont le format original est 21 x 26,5 cm.

Delarue-Dunlop508.jpg

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 17:18

En 1903, il faut chercher à la loupe les informations concernant Buchet. N'étaient les performances de pilotes au guidon de "tricycles monstres" à moteurs bicylindres, on pourrait croire à la disparition pure et simple de la marque. Il n'en est rien, heureusement. Mais il faut attendre la fin de l'année pour en savoir plus par ces quelques lignes publiées le 7 novembre dans le numéro 110 de La Vie Automobile

« Les usines Buchet – À la suite du décès du regretté constructeur, les usines Buchet avaient été mises en vente, tout en continuant à travailler. Nous apprenons qu’elles viennent d’être achetées par M. Girod (*). Les Usines Buchet conservent leur ancien titre et continueront à produire, comme par le passé des moteurs, des groupes pour bateaux et électrogènes, etc. Elles nous réservent aussi une nouveauté que nous aurons l’occasion de voir au prochain Salon ».

(*) Erreur de la revue : lire Giraud.

     1903-FOURNIER-Buchet-bi-cyl-copie-signee.jpg

Que ce soit dans sa tenue "de travail" (ci-dessus) ou dans sa tenue de simple quidam, Maurice Fournier était toujours d'une rare élégance (photo ci-dessous).

Donc la vie a suivi son cours à Levallois. Ailleurs, le nom de Buchet fait frémir les foules qui se massent autour des pistes de vélodromes. Lors des deux premières réunions de la saison au vélodrome Buffalo de Neuilly, la direction a refusé du monde ! Jusque là, les tricycles équipés du bicylindre Buchet que pilotaient les Baras, Rigal ou Marcellin couraient lors de ville-à-ville ce qui ne laissait guère de temps aux spectateurs pour les voir de près. Dans les épreuves du kilomètre lancé, ils évoluaient devant des amateurs plus ou moins blasés car déjà connaisseurs. Le vélodrome, c'est un spectacle urbain où l'on vient juger les acteurs "sur pièces" avec aussi l'espoir, confus mais bien réel, de voir le dompteur-se-faire-manger-par-le-lion. D'autant que la presse en rajoute, sans peut-être s'en apercevoir. Lorsque la revue La Locomotion titre en 1903 "Les motocyclettes du 100 à l'heure", elle déborde la simple information. Elle déborde puisqu'on n'a pas encore atteint ce symbolique 100 à l'heure qui a d'ailleurs été dépassé depuis lors de divers kilomètres lancés. Mais l'image reste forte et La Locomotion va s'employer à la justifier... 

1903 Fournier Maurice Buchet bic428 ... par une description saisissante de l'une des machines en question : "La machine que montera Maurice Fournier sera actionnée par un moteur deux cylindres à ailettes d'une puissance de 22 chevaux ; chaque cylindre a respectivement 110 mm d'alésage et 120 mm de course (ndlr : 2280,800 cm3). La transmission se fait par chaîne et les pignons ont respectivement 21 dents (pignon moteur) et 38 dents. Le pignon moteur est serré entre deux flasques en cuir, qui lui permettent de patiner, surtout au démarrage (ndlr : ! !) ; les à-coups sont complétement éliminés par ce procédé. La fourche de cette machine est du système Truffault. Le cadre comporte un tube énorme qui, partant du raccord inférieur de douille, contourne le carter du moteur et va aboutir sous la selle. Le moteur est bridé sur ce tube par deux croissants en cornière. Les roues métalliques sont munies de pneumatiques de 85 mm. Le poids de la machine est, en ordre de marche, de 175 kilos. Enfin, la vitesse que Maurice Fournier compte réaliser est de 120 kilomètres à l'heure, peut-être plus, nous a-t-il dit".

CEUX QUI VEULENT AVOIR LE DERNIER MOT... 

Pour sa réouverture le 12 avril, le Parc des Princes annonçait, outre les habituelles courses cyclistes, un match de motocyclettes entre Maurice Fournier et Marius Thé. Comme Fournier, ce dernier est un ancien coureur cycliste qui s'est spécialisé dans l'entrainement des stayers (ndlr à l'intention des jeunes couches : le stayer, c'est le cycliste, pas le motocycliste), mais il ne refuse pas une participation à une course de motos. À tel point qu'au moment de la rencontre avec Fournier, il a dans ce domaine un palmarès édifiant : 36 victoires consécutives ! Il devra cependant s'incliner devant Fournier ce 12 avril 1903. Les 10 kms du match ont été couverts par la Buchet à 89,189 km/h, ce qui est un genre de record du monde sur cette distance et sur la piste d'un vélodrome. Moins spectaculaire que la Buchet, la machine de Thé était son habituelle moto d'entraineur, équipée d'un bon vieux De Dion monocylindre automatique de 1358 cm3 (120 d'alésage x 120), à peine... modernisée par un amortisseur de transmission de type Bruneau dans le pignon moteur. Foin de1903 Sigonnaud De Dion505 complications, cette machine, nous apprend La Locomotion "ne compte qu'une seule manette, celle de l'avance à l'allumage. La carburation est réglée avant chaque course après quelques tours de piste, et lorsque l'homme se présente au poteau, sa machine est parfaitement réglée et il n'a plus à s'occuper que du graissage et de l'allure".

La "Bête de vitesse", comme les Anglais avaient baptisé la Buchet lors de son passage Outre-Manche, n'était pas invincible. Le 16 avril, Maurice Fournier est dépossédé sans réplique de son titre par un autre monocylindre De Dion, un 14 CV comme celui de Marius Thé. Le nouveau champion est désormais Sigonnaud (ci-dessus), un entraineur lui aussi, qui a couvert les 10 kms en 6' 8'' soit à 97,826 km/h. En fin d'année, Fournier reprendra son bien, mais il lui faudra pour cela abandonner son Buchet bicylindre pour une autre machine étonnante à 4 cylindres !

UN GENTLEMAN-PILOTE SUR LES PLANCHES

Même s'il est parfois de performances inégales, le Buchet bicylindre excite le curiosité, voire plus, d'autres pilotes. C'est ainsi qu'on le verra aux mains du champion belge sur circuit ou sur vélodrome, l'intrépide Jan Olieslagers, baptisé "Le Démon Anversois" et que nos meilleurs spécialistes de "la grosse moto" affrontent lors de championnat nationaux assez rapidement rebaptisés "mondiaux".... Lors d'un séjour à Paris, Olieslagers fit à1903-Buchet-Olieslager442-copie-1.jpg l'hebdomadaire La Vie au Grand Air une confidence peu commune et d'un certain panache à propos de ses chutes en compétition : "Dès que je sens que ma machine ne rend pas ce que je lui demande et que je m'aperçois que je vais tomber, je regarde derrière moi pour voir si un concurrent ne vient pas, et je lâche ma moto (...). C'est grâce à cette science de la chute que je ne crains pas le danger et que je ne fus battu qu'une seule fois et régulièrement par Anzani. Il est vrai que la veille, j'avais reçu une balle de revolver en m'essayant au tir (...). Pour courir sur piste, il faut être un excellent mécanicien, connaître mieux que soi-même sa machine (...). En outre, il faut posséder du courage. Ceux qui ont peur sont perdus. Et, quitte à se tuer, ne vaut-il pas mieux le faire avec le sourire ? C'est plus digne et le public le préfère."

Comme beaucoup de motocyclistes, Olieslagers se tournera ensuite vers l'aviation et il sera un des premiers à obtenir son brevet de pilote. Ce qui, tout naturellement, l'amènera à l'aviation de guerre en 1914 où il s'engagera avec son Blériot personnel baptisé "Le Démon", naturellement. Il sortira du conflit avec de multiples décorations récompensant ses 6 victoires. Elles étaient en réalité bien plus nombreuses, mais Olieslagers rechignaient à remplir les paperasses nécessaires pour obtenir les homologations... Parmi les têtes d'affiches qui ont voulu tenter de maîtriser la "Bête de Vitesse", on n'est pas vraiment étonné de trouver Alessandro Anzani (ci-dessous). D'autant moins lorsqu'on sait qu'il suit 1903 Buchet 2 Anzani434 de près le développement des moteurs Buchet, de leur carburation en particulier, puisque c'est pratiquement le seul poste sur lequel un mécanicien peut agir. La comparaison entre les photos des deux machines révèle quelques différences intéressantes. La plus visible porte sur la largeur de la courroie directe et plate pour éventuellement supporter un glissement en cas de reprise trop brutale qui provoquerait un "décollement" du stayer.

Sur le Buchet d'Anzani (ci-contre), les cylindres portent des ailettes et les échappements se font par des tubes qui, normalement crachent dans une bâche installée sous le moteur. Ceci naturellement pour ne pas laisser de traces d'huile sur les planches de la piste. On peut en déduire qu'il s'agit là de la machine d'entraînement classique alors que celle d'Olieslagers n'a ni tubes d'échappement ni ailettes, ce qui en ferait plutôt une moto de "sprint" dans un match contre sa ou ses semblables et néanmoins rivales à moteurs Hurtu, Soncin, Bourdiaux, De Dion, Aster. Le réservoir plus petit indique aussi une compétition de courte durée. Mais l'essentiel est de constater qu'il y avait plusieurs types de bicylindres Buchet, de caractéristiques adaptées à chaque genre de compétition, vitesse, entraînement ou records. Ils attirent aussi les constructeurs d'automobiles, enfin ce qui en tient lieu, à commencer par cet étrange insecte à double fourche Truffault mené par le fils de l'inventeur (ci-dessous). Au kilomètre lancé de Deauville, il a signé le meilleur temps des voiturettes en 43'' 2/5 soit à 83 km/h, mais on ignore ce que pilotait la concurrence... où il pouvait y avoir d'autres machines à moteur Buchet.1903 Truffault Buchet tw427

La voiturette Truffault que la presse a vu "voler de bosse en bosse" !

1903 Buchet twin marius Thé420

Ex-adversaire de Maurice Fournier, Marius Thé (ci-dessus, peu souriant comme à son habitude) a tenu lui aussi le guidon d'une Buchet en France et aussi en Grande-Bretagne où il aurait battu plusieurs records. Le bicylindre de sa machine utilisée contre Fournier expose ici une autre version avec des cylindres dépourvus d'ailettes dans leur moitié inférieure. Les orifices de l'échappement dit "à fond de course" pratiqués au pourtour des parois des cylindres (*) ont été munis de récupérateurs des vapeurs d'huile du graissage généreux qui s'opère toujours par pompe manuelle.

(*) On les distingue plus clairement sur la photo de la machine de Maurice Fournier en début d'article. 

1905 Tandem Buchet de Ro523Devant l'accumulation d'accidents mortels occasionnés (19 morts de coureurs ou d'entraîneurs entre 1901 et 1905) par l'utilisation des grosses motos, celles-ci vont finir par être interdites. Un semblant d'accord va intervenir entre les vélodromes européens afin de fixer des normes applicables aux motos. Jusqu'à ces nouvelles règles, le Buchet a encore son mot à dire comme ici, en 1905, sur ce tandem (ci-dessus) utilisé pour "tirer" le champion cycliste allemand Thaddeus Robl.

UN AVENIR INCERTAIN À LEVALLOIS

Dans les compétitions "ordinaires", les moteurs Buchet brillent par leur absence. "L'autre" culbuté, le Clément bicylindre en V, est emmené dans Paris-Madrid (24-27 mai, arrêté à Bordeaux) par Derny qui grimpe aussi la rude Côte de Laffrey (9 août). Point de Buchet au Criterium du 1/4 de Litre, nouvelle formule où ce qui compte désormais, c'est la cylindrée de la machine et non plus son poids, alors que celui du pilote ne doit pas être inférieur à 75 kilos. Une La Foudre a peut-être représenté la marque de Levallois dont elle monte habituellement des moteurs, mais pour ce Criterium, le nom de celui-ci n'est pas cité. Sans regrets car Millo, son pilote a terminé 3ème de sa série éliminatoire dont seuls les deux premiers avaient accès à la finale. Rigal était également présent mais au guidon d'une Moto-Cardan.

Il semble qu'un certain flottement règne à l'époque chez Buchet qui reste sans direction, ce qui incite peut-être ses pilotes attitrés à s'émanciper. Après Rigal, c'est Anzani qu'on verra à la mi-septembre dans une course de motos au Parc des Princes pompeusement appelée Championnat du Monde des MotocyclettesClément four Armes & Sports 1904 Ch-Thierry025 Disputé dans le cadre du Grand Prix de la République... cycliste (le G.P., pas la République), ledit Championnat réunissait la fine fleur des entraîneurs dans une finale de 10 kms précédée de plusieurs éliminatoires. Quatre hommes sont sélectionnés pour la finale : Marius Thé et Sigonnaud avec des De Dion de 14 CV ; Maurice Fournier sur la Clément 4 cylindres en V de 12 CV (ci-contre) et notre Alessandro Anzani revenu à ses premières amours cyclistes au guidon d'une Hurtu à moteur Hurtu de 14 CV (à son arrivée en France, il courait pour Hurtu). Cette finale est remportée par Fournier à la moyenne de 106,194 km/h devant Anzani puis Thé. Sigonnaud n'a pas terminé, victime d'une panne mécanique. Ce Championnat est sans doute la dernière occasion de l'année où est cité Buchet car pas plus à la Côte de Gaillon qu'aux 5 kms lancés de Dourdan qui clôturent la saison sportive on ne trouve trace du culbuté levalloisien. Buchet y figure bien, mais il s'agit d'un coureur.

L'HEURE DE GLOIRE DE L'IMMIGRÉ ANZANI

"Le nom de Buchet qui eut, il y a peu d'années, son heure de retentissement, avait, à la suite de la mort du regretté constructeur, subi une passagère éclipse, vient de sortir de sa léthargie", écrivait La Vie Automobile à l'automne 1904 dans son reportage sur le Critérium du 1/3 de Litre, nouvelle mouture du 1/4 de Litre qui n'aura vécu qu'une édition, celle de l'année précédente. Cette réflexion de la revue était justifiée par les résultats de la course jugée alors la plus importante de la saison sur piste et disputée du 4 au 9 octobre au Parc des Princes. À travers le nom de Buchet, ce sont deux autres noms qui étaient honorés : celui de la marque équipée de moteurs Buchet c'est à dire Alcyon, "un poupon d'une an à peine" soulignait1904-Buchet-Anzani-Crite530.jpg L.V.A. (A = Automobile, ne pas confondre...), et celui d'Anzani qui "ne trouva pour ainsi dire pas de concurrents dans cette (5ème) série, ceux-ci durent se contenter de figurer derrière lui".

Ci-contre, Alessandro Anzani pose pour l'éternité en présence de M. Godard, Directeur des Ets Alcyon (manteau à droite). Après la course, il passe au pesage (ci-dessous).

Et la revue de persister dans ses louanges en détaillant la course de l'Italien dans cette fameuse cinquième  série : " Plusieurs fois victime de pannes, il dut s'arrêter et laisser les autres s'échapper et lui ravir le commandement, pas pour longtemps car, dès la panne réparée, Anzani repartait et galopait sur tout le lot, passant les uns et les autres avec une régularité de métronome. (ndlr : on croirait voir du Rossi... Valentino !). Pour donner une idée de sa supériorité sur les autres coureurs, disons simplement qu'il a eu trois pannes : la première au 9ème kilomètre (bougie encrassée) ; la seconde au 27ème kilomètre (excès d'huile, encrassement de bougie) ; enfin au 67ème kilomètre (rupture d'un fil), et malgré cette guigne persistante, Anzani finit premier (...)". Au terme des 6 séries éliminatoires, Anzani triomphait en finale, emmenant derrière lui une autre Alcyon-Buchet, celle de Giorgis tandis que Griet, co-équipier d'Anzani1904 Anzani Crité pesage531 finissait 4ème derrière une surprenante Stimula-Vandelet que l'on n'attendait pas à pareille fête. D'ailleurs, notait L.V.A., cette place lui est revenue alors qu'elle "était pourtant la moins rapide de toutes les machines aux prises dans la finale. La Stimula ne doit sa place honorable dans le classement qu'à sa régularité de marche et à l'absence de pannes (...)". On a connu plus enthousiaste comme compliment...

Que s'était-il donc passé pour qu'une maison qu'on voyait proche de l'extinction douze mois auparavant place trois de ses moteurs dans les quatre premiers d'une course aussi prestigieuse devant 2000 spectateurs ?  Prestigieuse car disputée puisque 11 marques différentes y étaient venues s'affronter (Aiglon, Alcyon, F.N., Griffon, La Foudre, Lurquin-Coudert, Magali, Peugeot, Stimula-Vandelet, Velox, Villemain). Affrontement animé d'une ardeur certaine, sauf pour... Peugeot et Griffon. Selon une pieuse justification fournie par L.V.A., ces deux constructeurs avaient été "victimes de la Coupe du Motocycle-Club de France. Les ouvriers et les coureurs surmenés par la mise au point des engins de Dourdan, n'avaient pu donner l'attention nécessaire et n'avaient pas eu non plus le temps matériel pour régler de convenable façon les machines du Tiers-de-Litre. C'est donc un peu désemparées que les grandes victorieuses de Valentigney et de Courbevoie se sont mises en ligne". Pour1904 Anzani Coupe MCF l'une d'elles du moins, Griffon, la pilule n'était pas trop amère puiqu'elle avait remporté en septembre le Grand Prix du Motocycle-Club. Pour Peugeot, la déception était plus grande car ses machines y avaient été battues. Cependant les deux

Sur ses machines du 1/3 de Litre, Anzani renforce la fourche avant par des haubans alors que celle du G.P. du Motocycle-Club (à gauche) en est dépourvue. La route de Dourdan était pourtant autrement plus cahotique qu'une piste de vélodrome !

marques pouvaient savourer une discrète revanche rétrospective sur Anzani car aucune des trois machines qu'il avait engagées dans ce Grand Prix, une mono et deux bicylindres en V n'avaient franchi le cap des éliminatoires. Si l'on en juge par la mauvaise photo de la monocylindre, ces machines n'avaient encore que leurs échappements commandés par culbuteur alors que celles du 1/3 de Litre avaient une commande par culbuteurs à l'admission et à l'échappement.

(À suivre)

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 17:38

La mise au point d'une moto ou d'une voiture reste un sport délicat et il en fut ainsi de tout temps. Si on se loupe, il est rare qu'on ait l'occasion de récidiver plus d'une ou deux fois. Mieux vaut se consacrer aux plus lourds que l'air. C'est beaucoup moins dangererux si l'on en croit ce bref florilège établi par la Vie Automobile du 31 octobre... 1903 !

29 mars 1900 – Santos-Dumont s’élève de Nice à bord d’un ballon sphérique qui, pris dans un cyclone, subit un trainage sur la forêt de Guignon. Contusions légères.

14 novembre 1900 – Après l’atterrissage du ballon Le Champagne-Mercier, pendant le dégonflement, et alors que Maurice Vernanchet se trouvait sous la coupole afin de dégager le clapet de la soupape qui ne fonctionnait pas, l’aérostat s’échappe. Maurice Vernanchet enlevé à 1000 mètres d’altitude se cramponne au filet, ouvre le clapet et descend sans autre incident.

Alberto_Santos_Dumont_.jpg

13 juillet 1901 – Le moteur du Santos-Dumont V s’arrête. Entraîné par le vent, Santos arrache le panneau de déchirure et tombe sur les arbres du parc Rothschild.

8 août 1901 – L’enveloppe du Santos-Dumont V se dégonfle. L’hélice touche et brise quelques suspensions devenues flottantes.  Santos arrache le panneau de déchirure et tombe sur les toits des Grands Hôtels du Trocadéro où l’enveloppe éclate.

6 septembre 1901 – Avaries du Santos-Dumont VI dans les arbres du parc Rothschild. Ramené à bras d’hommes, l’aéronat s’échappe près du parc de Saint-Cloud. Santos arrache le panneau de déchirure. Chute de 150 mètres.

19 septembre – Dans un virage trop court, à Longchamp, du Santos-Dumont VI, l’enveloppe touche un arbre et éclate.

Mais il arrive que les plus gros dangers ne viennent pas des airs, mais bien du sol :

4 juin 1901 – Le Rêve, piloté par H. de La Vaulx, accompagné de M. et Mme Dugué de la Fauconnerie, atterrit à Paris, à l’angle de la rue de Tolbiac et de la rue des Moulins-des-Prés (Butte-aux-Cailles). Pendant le dégonflement, la tenue et les façons des habitants du quartier laissent fort à désirer. Les aéronautes parviennent à grand’peine à éviter d’être victimes de scènes de sauvagerie.

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