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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 19:05

On n'en connaît pas encore le prix exact, mais il est probable qu'elle atteindra des sommets lors de la vente aux enchères qui se tiendra au Bally's Hotel Casino à Las Vegas. Le caractère "bling-bling" du lieu choisi est en lui-même tout un programme. Le 10 janvier 2013 (si on n'est pas tous morts ce 21 décembre qui vient...) la maison Bonhams vendra donc une BMW 500 'Kompressor' estimée entre 380 et 460 000 euros. C'est une 500 double arbre avec le moteur d'une RS255 d'avant-guerre mais en version modernisée au lendemain de la guerre et construite avec des pièces "usine" fournies par BMW, ou récoltées par ailleurs en Allemagne, préservées par des anciens de l'usine ou des pilotes. Exclue de la compétition par la F.I.M. (*) qui, dans la foulée interdit également la suralimentation (**), l'Allemagne fut réintégrée en 1950 ce qui obligea BMW à revoir sa copie, tout comme le firent NSU et DKW.

 (*) Le compresseur devint hors la loi dès la reprise des compétitions en Europe au lendemain de la capitulation de l'Allemagne, mais les BMW, DKW et NSU suralimentées purent continuer à participer au championnat national d'Outre-Rhin jusqu'en 1950.

(**) Le compresseur était la bête noire des Britanniques qui le jugeaient "déloyal", sans doute parce qu'ils ne le maîtrisèrent jamais vraiment, du moins en course, au contraire des Italiens et des Allemands. De même qu'ils combattront plus tard le carénage à ses débuts... avant de s'y rallier.

La nouvelle 500 BMW "usine" est amputée de son compresseur mais reçoit une oscillante arrière et une télescopique remaniée puis une fourche de type Earles. C'est un jeune pilote du nom de Walter Zeller (1928-1995) qui construira le palmarès de cette version dénommée 253, apportant à BMW deux titres nationaux en 1954 et 1955. Après cette date, BMW se retire officiellement de la compétition solo tout en continuant à soutenir Zeller à titre individuel. Il finira deuxième au championnat mondial 500 derrière la MV 4 cylindres de John Surtees en 1956, un an avant d'arrêter sa carrière de pilote.BMW-Kompressor-Zeller-2596-copie.jpg  Vingt ans après son retrait, Walter Zeller reprend son cuir et part à travers l'Europe sur les circuits où s'organisent des courses dites de "démonstration" réservées aux motos anciennes. Il a convaincu BMW de lui confier une 500 du modèle "usine" 1949 qu'il va remettre en état d'origine avec l'aide du fidèle Gustav Lachermaier, mécanicien hors pair spécialiste des RennSport. On les verra partout ensemble comme ici à Zolder en 1981, Walter toujours élégant et souriant avec un Gustav qui n'a pas abandonné son éternelle blouse grise, typique des mécanos allemands des années 50/60. 

BMW Kompressor Zeller595-copie-1C'est donc cette machine qui attend vos enchères, déjà ouvertes sur le site de Bonhams qui la présente (photo ci-dessous). Vous avez tout juste le temps de convaincre votre banquier qu'il s'agit là d'un placement raisonnable et bien moins dangereux qu'un compte secret en Suisse (ou au Luxembourg).

BMW Zeller Bonhams Capture d’écran 2012-12-16 à 19.49.1

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 18:02

Motos Insolites FMD-1 terLorsque pendant plus de 40 ans on a posé ses fesses professionnellement sur à peu près tout ce qui a deux roues (voire trois), que compte la planète, il est normal d'éprouver un peu moins d'intérêt pour la chose motocycliste. On en connaît qui, sitôt sonnée l'heure de la retraite, ont complètement disparu des radars moto (rien à voir avec ceux de la gendarmerie...). L'un se consacre à l'observation des p'tits zoziaux dans la nature, tel autre s'active au maniement du manche à balai. François-Marie Dumas n'est pas de ceux-là. Tout au long de sa carrière, il a emmagasiné dans le disque dur de son cerveau, occasionnellement dans son boîtier Nikon, des images de machines exceptionnelles à un titre ou à un autre, techniquement, esthétiquement ou encore tellement folles qu'il était injuste de les oublier. À défaut de pouvoir les admirer toutes de plus près, il nous permet aujourd'hui de les connaître un peu mieux. Sur plus de 200 pages, il décrit près de 110 machines à deux-roues dont plusieurs en exclusivité quasi-mondiale. C'est un hommage à tous ceux qui ont dépensé leurs efforts et leur jus de cervelle pour réaliser leur rêve alors que nombre d'entre eux ont connu l'insuccès, voire le mépris et dans le meilleur des cas une indifférence encore plus blessante.

(On apprend tout sur "Les Motos Insolites" en envoyant un mèle ici : fradange@sfr.fr)         

Peugeot ACT n° 61 Péan à GometzLe nom de Paul Péan est inséparable de celui de Peugeot dans les courses des années d'avant la première guerre jusqu'au début des années 20. Il a piloté toutes les versions de cette 500 qui fut un joyau de mécanique avec ses deux cylindres verticaux et son double ACT par pignons commandant 8 soupapes. Elle est ici au départ de la Côte de Gometz en 1920. 

1914 PeugeotA4-1Dans une version précédente, sans boîte à vitesses, elle a tenté la plume d'Yves Campion, montrant qu'il sait apprécier toute belle machine, même si elle n'est pas siglée Gillet d'Herstal.

Peugeot les 2 ACT Dijon 2008Une rencontre historique réunissant la 500 Peugeot bicylindre 1926 reconstruite par Jean Nougier (il en avait le moteur) et la 350 monocylindre simple arbre de la même année. Miraculeusement préservée, elle a retrouvé une seconde jeunesse grâce aux talents de deux Auvergnats obstinés.

1931 NSU Laguesse 350 - 1931-01Là, "on se risque dans le bizarre" comme disait Francis Blanche (Les Tontons Flingueurs), qui aurait pu qualifier ainsi le moteur du sieur Fernand Laguesse. Belge et ingénieur chez Gillet d'Herstal, il a conçu un moteur à pistons opposés. Opposés, mais dans un même cylindre... Puis il construisit un 350 bicylindre en ligne sur le même principe qui intéressera NSU (ci-dessus) en ajoutant une transmission par arbre. 1929 Laguesse bleuLaguesse céera sa propre société pour utiliser son moteur dans une partie-cycle très triangulée. Plutôt moderne pour l'époque (1929) elle recevait à l'avant une variante personnelle autour du principe télescopique (Dessin Yves Campion). 

1935 Barbier 1935-4Dans les années 30 en France, on s'interroge sur l'utilisation de la moto à des fins militaires (notre "cavalerie d'acier"). Chacun y va de son prototype et celui de Fernand Barbier reçut le encouragements de Robert Sexé (via Moto Revue) qui préconisait la moto basse afin de circuler en tout-terrain. Basse, la Barbier l'était même un peu trop, et on peut trouver curieux l'argument selon lequel le pilote, en opération guerrière, était caché par le réservoir placé devant lui à hauteur de menton. Se protéger des balles derrière un bidon d'essence, il suffisait d'y croire !

1938 Killinger 600 - 1938-4Cette Killinger & Freund a l'air d'une maquette en bois d'un quelconque de nos designers alors qu'il s'agit d'une moto qui roule, du moins qui a roulé à la fin des années 30 en Allemagne. On n'en connaissait à ce jour qu'un mauvais (très) dessin paru dans Moto Revue après la guerre qui la présentait comme étant une Megola modernisée, sans plus. Cependant, excepté le moteur et la transmission dans la roue avant, la Killinger est fondamentalement différente de l'ancêtre Megola. FMD raconte les pérégrinations de cette machine retrouvée au Canada et il donne quelques explications sur son fonctionnement, ce qui n'est pas superflu. Actuellement en cours de restauration, il faut espérer qu'on verra un jour de près cette Killinger dont l'étonnante silhouette a suscité sa "réplique" en bronze (!) qui orne aujourd'hui une place de Berlin (ci-dessous). 

1938 Killinger Biebl Wund#4E56E6Il est probable que d'ici quelques années, la selle et les poignées du guidon seront régulièrement polies et repolies car aucun gamin passant par là ne résistera à l'envie de la chevaucher.1953 Carniti 150 Flat twi BON#395822Baptiser ses deux-roues de noms imagés comme "Faro girevole" ou "Carniti tre" est une démarche qui révéle déjà un esprit original. Dans le cas de Pietro Vassena, "original" est un mot faible tant l'homme a inventé dans tous les domaines, hormis peut-être l'aviation. Pour la moto, il a commencé bien avant la guerre avec une 100 cm3 à moteur deux-temps horizontal. Mais c'est à partir de 1948 qu'il donne la mesure de son talent, toujours avec les mêmes idées de base. À son premier moteur horizontal il ajoute un deuxième cylindre et ce sera le Rumi qu'il crée pour Donnino Rumi avec un distributeur rotatif qui sera abandonné en série. Il passe ensuite chez Carniti à qui il apporte ses moteurs hors-bord produits sous la marque Elios. Entre temps, il a construit un bathyscaphe avec lequel en 1948 il descend à - 412 mètres dans le lac de Lecco, record de l'époque. Au début des années 50 parait un 150 cm3 Carniti à moteur flat-twin bien vite remplacé par le "Faro girevole", nom justifié par le phare logé dans l'avant du réservoir et qui pivote avec la fourche (ci-dessus). La partie-cycle n'est pas sans jeter un œeil vers le Rumi, avec une oscillante arrière à ressorts logés "à la Guzzi" sous le bloc-moteur.

1953 Carniti A-008-004-XXXDe l'avis des connaisseurs, son chef-d'œuvre est ce Carniti Tre doté de trois cylindres (Tre) toujours horizontaux. Mais l'originalité ne s'arrête pas là, car ce moteur de 187 cm3 est accouplé à une transmission/changement de vitesses. Deux arbres encadrent la roue arrière et ils se terminent pas deux galets côniques en caoutchouc qui frottent sur la roue flasquée et l'entraînent. Un levier placé devant le pilote fait coulisser ces deux arbres télescopiques, déplaçant les galets sur les flasques ce qui varie le rapport de transmission.

1953 Carniti 187 Automoto#395771Le carter contenant l'arbre de transmission est solidement ancré sur le tube de cadre au premier plan. En noir, le galet en caoutchouc au repos. 1953 Carniti 187 Automoto#395787À une telle merveille mécanique, il fallait une robe élégante : elle est signée Ghia.

1954 Vassena et C3Pietro Vassena devant son bathyscaphe C3 de 1947-48. C'est l'aboutissement pacifique d'études commencées avec les "torpilles humaines" qui infligèrent de gros dégâts à la flotte britannique de Méditerranée entre 1941 et 1943.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 17:00

En complément de l'article sur le Salon Moto Légende de Vincennes, voici quelques photos d'époque sur les sides Impérial fournies par l'ami Yves Campion qui a exposé ces machines sur son stand. Elles permettent de mieux voir la configuration du modèle des records attelé à la F.N. mono ACT, une 600 pilotée par Alphonse Vervroegen. Plombier de son métier, "Fons" Vervroegen a été, depuis la fin des années 30, le concepteur et le constructeur de ces sides baptisés du nom d'une marque belge. Marque de quoi ? Marque de bière ! T'as gagné !   

ImperialRecordFN002Sa F.N. est équipée du monocylindre semblable à celui des 500 de moto-cross rendues célèbres au plus haut niveau par les Victor Leloup (1er champion d'Europe en 1952), Auguste Mingels ou René Baeten. À la différence de la machine de Vervroegen, les leurs reçurents rapidement une fourche avant télescopique et une suspension arrière coulissante puis oscillante. Pour des records de vitesse en ligne droite, comme ici en 1951 au "Kilomètre de Wolvertem" un arrière rigide était jugé suffisant. L'avant conservait sa fourche à la curieuse géométrie à roue tirée et anneaux de caoutchouc, marque de fabrique de la... Fabrique Nationale. Donc pas question d'en changer.                                          VervroegenAdler001

 

 

 

En 1952, Vervroegen abandonne la F.N. et toujours avec Pierrot son fils comme passager il court sur Norton. Mais un grave accident en course (25 jours de coma) l'écarte définitivement de la compétition. Pierrot prend la relève et le guidon de l'attelage Norton Manx paternel qui lui apportera trois titres de champion de Belgique. À ce palamarès il ajoutera cinq autres titres en solos. Engagé en trial, en enduro il court aussi aussi en régularité, ces marathons où les Belges excellent. L'occasion de créer un Impérial "Sport" très léger et attelé à une 250 Adler MB 250 S une bombe de 18 ch. avec laquelle il participe à "Liège-Monaco-Liège", l'épreuve-phare des mangeurs de bitume à une époque où l'autoroute est encore dans les cartons des géomètres. Le "S" indique la Sport avec ses deux échappements relevés et qui gagnait 2 ch par rapport aux 16 ch du modèle MB, ce qui déjà permettait de venir chatouiller quelques 350... anglaises. Autres caractéristiques originales chez Adler, une fourche avant à roue poussée (balanciers et amortisseurs hydrauliques) et surtout des jantes de 16 pouces qui donnent un aspect agressif bien mis en évidence dans la photo ci-dessous de Pierrot Vervroegen en action dans le col du Turini en 1955.

* Le lecteur avisé se sera bien gardé de confondre Impérial belge avec Impérial français, marque lyonnaise à 100 %.

AdlerVervroegen004.jpg

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:57

137- on1Tout le printemps et l'été Igor Morar a écumé les brocantes et vide-greniers de l'Ouest de la France. Il y a rempli sa besace d'objets cassés, usés, rejetés, auxquels il redonne une nouvelle vie sous une nouvelle forme. Voici quelques échantillons de son travail qui témoignent d'une imagination sans limites et que vous pouvez retrouver avec beaucoup d'autres sur son site (adresse en bas de cette page).

Retournée sur un socle d'origine incertaine, une petite bonbonne (?) de verre contient les lampions d'une guirlande électrique. Lumière d'ambiance qui fait penser à l'appareil d'un savant fou. Par exemple, le papa de Frankenstein persuadé qu'il va donner la vie à sa créature grâce au courant électrique. Résultat, les plombs de son château pètent et les siens aussi !

Bougeors double

 

 

 

 

Vous n'aimez pas la lumière électrique et pour vous rien ne vaut un dîner aux chandelles. Igor a pensé à vous avec ces chandeliers. Mais là, aucune idée de la provenance et de la destination première de ces objets, à part les moules à gâteaux.

Chauffe éclaire

 

 

 

 

 

 

 

Retour à l'électricité sur ce qui, dans une vie antérieure a dû être un radiateur-convecteur électrique. Une ampoule remplace la résistance chauffante, ampoule protégée, ce qui n'étonnerait qu'à moitié, par les restes d'un fouet de cuisine (?). Avec une 200 watts ou plus, vous pourrez revenir à l'usage premier de l'appareil.

Sylol 74    B.2 

 

 

Sylol qui travaille pas loin d'Igor est spécialisée dans les horloges et les bijoux insolites. Elle aussi crée les unes et les autres avec des pièces de récupération. Il lui arrive, selon l'inspiration, de mélanger les genres : avec les vestiges d'une montre elle fait un bijou, par exemple des boucles d'oreille comme ci-dessus. Réciproquement, l'apport d'un bijou peut transformer une horloge en un objet précieux, lui retirant son caractère uniquement utilitaire.

Bague 10-1   SB47 detSylol se lance parfois dans des interprétations très personnelles comme avec ce pendentif audacieux, à droite. Mais c'est ainsi que l'artiste se démarque du classique tout-venant et dieu sait (euh...) que dans ce domaine il y a pléthore de classique, de rabâché même. À gauche, une bague à se faire offrir et qui vous permet de porter au doigt le rubis, symbole de pouvoir et de passion !

Donc c'est bientôt Noël, vous l'avez remarqué ! Il vous faut savoir où se trouvent toutes ces bonnes choses, alors voici où elles vous attendent. À condition de faire vite car bien évidemment ce sont des pièces uniques, lampes, horloges et bijoux.

Igor expose sur : http://lampygores.wordpress.com

Sylol est à : http://sylolbijoux.wordpress.com et http://sylol.wordpress.com (horloges)

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:20

La motocyclette étant un mot du genre féminin, il était normal que l'élément de base des premières "motos humaines" soit constitué par des dames et demoiselles. De toute façon, pour des raisons évidentes ces créations ne pouvaient pas incorporer d'éléments masculins, sous peine de dégénérer en une vaste séance classée X. Arrêtons tout de suite les ricanements des petits malins qui soupçonneraient un travail numérique à grands coups de Photoshop. Point non plus de loucheries du genre "effets spéciaux" dont raffole les grosses machines à dollars du cinéma actuel. Ce travail est ici artisanal, naturel pour ne pas direTrina merry 382860 10150489627002201 415357294 n écologique, mais sans vrais morceaux de motos dedans. La mise en couleurs est réalisée par Trina Merry, une virtuose du pinceau et de l'aérographe, dans la meilleure tradition du "body art", sur une "matière vive" fournie par des contorsionnistes, des artistes venues du cirque et des expertes en yoga (Trina est une personne timide et la seule photo d'elle sur Facebook est ici à droite...).

Et pourquoi tout ça ? "Nous avons voulu montrer que l'art de la moto est un véritable art", explique le promoteur américain du Progressive International Motorcycle Show qui organise dans les plus grandes villes des États-Unis, de New-York à Dallas, de Chicago à Seattle, un genre de salon de la moto itinérant avec présentation des derniers modèles de motos, exposition d'anciennes de légende (Indian Burt Munro), exhibitions de "stunts", etc. La publicité est assurée par Ryan Berman et son agence i.d.e.a. ("idée" en langue étasunienne) qui a bien réussi son coup car les affiches et posters de ces créations ont envahi le vouèbe. On ignore si l'affluence dans les salons de l'expo en a été augmentée

Human grise entièreTrois types de machines ont été créées en commençant par une "tout-terrain", ci-dessus et dont on assiste au montage "à blanc" ci-dessous (Toutes les photos Copyright Juan Moreno).

5 Human noiresDans tous les cas, la pilote est Erin Bates, une motarde convaincue et réputée reporter à la T.V., spécialisée dans le moto-cross.

Human bleue entièreLa "construction" de chaque moto a nécessité entre 13 et 18 heures de travail sous la surveillance de deux masseurs-kiné prêts à intervenir en cas de crampe aigue, voir plus si...

4 Human bleuesLa roue avant de cette "tourisme" est particulièrement remarquable, même si le pneu manque un peu de pression. 

1-Human-jaune.jpgC'est sur la Ducati "sportive" carénée qu'Erin a l'air le plus à l'aise... Le feu rouge est plutôt choupinet.

2 Human nues... et pourtant la mise en place n'a pas dû être facile !

Scooter indien tumblr m38lg4KMyV1qzo6iro1 500Mais en Inde, sans plus de chichis ni tralalas, les gamins des rues ont inventé la chose depuis longtemps !

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 17:38

1901 Mode femmes VGA 22 12 01 détail 2 L'imbécile fête de Halloween est apparue tout récemment dans nos contrées puisqu'elle nous vient d'un pays lointain quoique jeune, mais elle1901 Mode femmes VGA 22 12 01 DÉTAIL n'est peut-être pas si "importée" que ça. Voyez plutôt ce que l'hebdomadaire La Vie au Grand Air de décembre 1901 proposait aux "chauffeuses" soucieuses de protéger (ou dissimuler ?) leur visage des aléas de la route. Au choix, un masque de Pierrot du genre Carnaval de Venise (à droite) ou, à gauche, un équipement tout droit sorti d'un catalogue d'accessoires SM... Deux solutions à l'opposé des masques d'Halloween qui eux sont censés faire peur aux populations. M'est avis que ceux préconisés par La Vie au Grand Air avaientt plutôt pour but d'exciter l'imagination des messieurs supputant sur les trésors dissimulés par les voilettes.

1904 Mezidon pub sous pli discret D'ailleurs la même V.G.A. allait plus loin dans certaines de ses annonces publicitaires qui se trouvaient plus habituellement dans des publications... spéciales. Tout le programme de celle-ci est résumé dans le titre de façon on ne peut plus directe, annonçant un texte faisant la promotion de catalogues envoyés "sous pli cacheté" et garantis par des "Expéditions sans marque extérieure". Des fois que ça serait tombé en de mauvaises mains...                         

Harley-gonflable.jpgLe XXIème siècle n'est pas moins direct, du moins dans l'image de cette publicté turque pour Harley-Davidson sur le thème "Rien ne vaut le vrai". Tout le sel de l'image apparaît lorsqu'on agrandit la tête de la "passagère" dans laquelle vous reconnaîtrez (faites pas l'innocent) une poupée gonflable ! Trouvant ça un peu... gonflé, et pensant à un avatar Photoshop, j'ai enquêté car bande de Saint-Thomas comme vous êtes, vous alliez chercher à me mettre dedans. Eh bien, c'est une pub, une vraie qu'on trouve sur le vouèbe chez bosphorusmotor.com. 

Harley gonflable détailSi on comprend bien, les Harley ça fait peur aux dames même si elles sont fauses (les dames).

GP ACF le Mans 1911 forum-auto.comToujours pour relativiser les jugements à propos des moyennes "ridicules" que réalisaient en compétition les ancêtres d'avant-14 et même après, voici sur quel terrain se courait le Grand Prix de l'Automobile Club de France en 1911 au circuit du Mans. 

2009 TT Agostini-thumb-415x573-4629La vie d'un champion n'est pas toujours facile, d'autant que le Mino aurait sans doute préféré un mannequin moins "king size" !

I669Encore une affaire qui se passe au-dessous de la ceinture, mais - promis, jué -  c'est le hasard des trouvailles sur le vouèbe. Et puis, c'est l'occasion de penser un peu à nos amis gays !

thorSur ce même vouèbe, on trouve chez Monsieur Ebay ce jouet en plastique qui représente "The Mighty Thor", qui, comme chacun sait est le dieu du Tonnerre des Scandinaves. Un dieu aussi menaçant sur un scooter, rose qui plus est !

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 16:52

24 599 selon la police... 25 000 selon les organisateurs (la CGT n'avance pas de chiffres). Bon, on ne va pas recompter les bulletins de vote... euh, non, les billets d'entrée comme ça devrait se faire ailleurs, mais c'est sûr, il y avait foule à Vincennes au Salon Moto Légende, quinzième du nom. Cependant, dans les allées, on a entendu quelques couinements de visiteurs trouvant que la moto ancienne se faisait de plus en plus rare sur les stands, en passe d'être submergée par la vague des japonaises. On se croirait au bord de revivre les querelles des années 70, anglaises contre allemandes et les deux réunies contre les nipponnes. Cependant il est de fait que certains exposants, pourtant des fidèles, n'avaient pas pu obtenir de stand et s'interrogeaient sur la présence de machines de la (beuark) kustom kulture qui seraient à la moto ancienne ce que la musique militaire est à la musique (merci à Clemenceau pour la citation...). On ne va pas bouder notre plaisir car il y avait de belles choses à voir, mais il ne faudrait pas que la tendance actuelle s'accentue, au détriment des amateurs qui ne viennent pas à Vincennes pour admirer une "kustomisation", laquelle est - pour l'instant - un phénomène plutôt rare au delà des limites du périphérique parisien...  

Girls benelli FMDPour une raison qui m'échappe, il se trouve que sur les 150 ou 180 photos que j'ai prises à Vincennes, un gros tiers montre des motos italiennes. Sans doute une question de mise en scène sur certains stands où l'on retrouvait la brune Sane et Miss Liz Chérie, la blonde, toutes deux aimantant irrésitiblement les numériques de Canon ou autres. On va donc faire la visite dans leur sillage, en commençant par une 500 Benelli de l'Ital-Club, chère à Dominique Martin...

Chimera bon 2

Cette Aermacchi Chimera - le design italien à son sommet - était présentée par Alain Nibart, le spécialiste de la marque lombarde (Varese). Peu appréciée à sa sortie entre 1956 et 1962, elle est aujourd'hui très recherchée que ce soit en version 175 ou 250 cm3. La partie de carénage qui se trouve derrière le sélecteur n'est pas bleue mais chromée et ici elle reflète la couleur de la moquette. 

Bobinage 1Encore une italienne sur le stand de M. Bobinages Pascal, mais celle-ci est parfaitement inconnue. Elle comporte tout ce qui fait le charme d'un cylomoteur 50, mais traité suivant la recette transalpine : fourche avant à courts balanciers style Guzzi, suspension arrière oscillante mais guidée par des éléments coulissants. Originalité personnelle dans la transmission qui s'effectue sur le pneu arrière au moyen d'un galet entraîné par chaîne. Merci au spécialiste qui, tout en répondant à nos questions, n'a pas interrompu son travail sur les magnétos. Avec succès : j'ai vu l'étincelle lorsqu'il a fait un essai.Bobinage 2  Bobinage 3

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Italiens sont des maîtres dans l'art de la fonderie mécanique quelle que soit la taille, la forme, le volume de la pièce comme ici le cylindre et surtout l'échappement ailetté et en alliage coulé, là où d'aucuns se contentaient d'un simple tube de tôle.Morini 175 Rebello droiteDans son état d'origine, le Rebello Morini, dit "Bialbero" (double ACT), seul exemplaire. Piloté par Giampiero Zubani, ce 175 remportera le Championnat d'Italie de la formule F2 en 1958.

Morini 175 Rebello moteurPuissance 27 CV à 10 000 t/m, double allumage par batterie-bobines, 105 Kg et 180 km/h...

Morini 2 ACT gauchePlacés dans le pavillon à l'entrée du Salon, les p'tits gars du club français Morini craignaient d'être un  peu mis à l'écart. À en juger par la difficulté d'opérer pour prendre des photos de leurs machines sans se faire étouffer, leurs craintes n'étaient pas fondées, loin de là !

Morini Rebello 2 ACT moteurEn plus, ces Morinistes (retrouvez-les sur www.motomorini-passion.fr) ne manquent pas d'humour, même s'il est un peu acide (comme on l'aime). À la fin du panneau d'exposition placé devant la Bialbero on pouvait lire : "... étant donné qu'il y avait plus de moteurs (Morini) que de motos à l'époque, on trouve aujourd'hui sur le marché des motos reconstruites autour de ces moteurs et dites "tutto originale".Morini Sette Bello Giro 1955On quitte le stand Morini sur l'image d'un 175 Settebello du Motogiro d'Italie 1955. À l'avant de la selle se trouve une boîte à outils et non la 'boîte à c...lles' chère au Motard Fou (private joke, mais un jour on vous dira tout sur le Monsieur en question). En arrière-plan, sur le poster au mur, on aura reconnu Giacomo Agostini dans ses débuts chez Morini.

Benelli moteur 1Comme vous n'avez pas dû bien détailler la machine de la toute première photo de cet article, voici le moteur de cette Benelli au majestueux carter renfermant les pignons de commande de l'ACT. 

Lambretta compéSans respect pour le caratère citadin et, en principe utilitaire, du scooter, certains n'ont pas hésité à en faire d'authentiques "bêtes de vitesse". À voir son volumineux réservoir, ce Lambretta était destiné aux épreuves sur longue distance.

Lambretta guidon... longues distances, peut-être, mais avec un guidon digne d'une machine de records ! (stand du Lambretta-Club de France)

Nibart saucissons Aermacchi  Morgon 78

Tout est bon pour alimenter la caisse d'un club et c'est pourquoi Alain Nibart proposait... de l'alimentation en forme de saucissons aux couleurs italiennes (l'emballage pas l'intérieur). Très apprécié sur son stand Aermacchi qu'il partageait avec l'Ital-Club de Dominique Martin, l'homme à la Benelli. Excellent, le saucisson, surtout accompagné d'un Morgon "Cuvée Racer" élevé par Jacky Grolet, par ailleurs motard convaincu (Jacky Grolet à Bellevue 69910 Villié-Morgon tél : 04 74 69 10 25). 

GloobyscootSans conteste, voici LA RÉVÉLATION du Salon ! Euh... c'est à dire du Salon de... 1953. Si tant est que ce "Gloobyscoot" y fut réellement présenté car il est passé totalement inaperçu des gazettes spécialisées de l'époque. Rien dans Moto Revue, rien dans Motocycles et Scooters, rien dans L'Officiel du Cycle et du Motocycle, rien dans Le Cycle, donc rien, nib de nada de rien du tout ! Trop fort, car MM Legroote et Renard ne négligeaient rien pour promouvoir leur bébé au nom de joujou pour pochette-surprise. Dès septembre 1963, ils prenaient commande pour le printemps 1954 "moyennant un simple versement de 500 francs", sage précaution prévenaient-ils car après "les délais de livraison seront peut-être de plusieurs mois". Ils cherchaient aussi des agents distributeurs, leur promettant "Gains assurés"

Glooby moteurÀ 115 000 francs, le Gloobyscoot 125 Ydral et 4 vitesses se plaçait à égalité avec un scooter Speed de 115 cm3. Mais il fallait compter 1/3 de plus, soit 147 500 F, pour obtenir le modèle "Luxe" (roue de secours, guidon Grand Tourisme, etc) qui trouvait alors devant lui des rivaux bien établis comme le Bernardet ou le Motobécane. Sans parler du Vespa, champion des prix à 138 000 F la bête ! Il n'est donc pas exagéré de penser que l'exemplaire qu'exposaient les Tontons Scouteurs est unique.

Denis Sire MargerinDenis Sire vous présente ses civilités, interrompant pour un instant la promotion (et les dédicaces) de son mystérieux "Baron d'Holbach", un album où sont réunis ses plus récents travaux. Ouvrage riche en pulpeuses pin-ups, voitures improbables (autant que les pin-ups), motocyclettes légendaires de compétition, avions de chasse, personnages de fiction qui hantent son imagination. Studieux, Frank Margerin à son côté est aussi occupé aux dédicaces de l'album des aventures de son célèbre Lucien qui a viré Harley. C'est comme ça quand on vieillit, on n'a plus toute sa tête. On parle ici de Lucien, évidemment ! 

Indian 30 000 eurosMagnifique livrée en deux tons (gris et gris tourterelle ?) sur cette Indian 1200 Roadmaster au prix (affiché) en rapport : 30 000 roros.

Indian moteurQuand on est lassé des grosses gamelles de Milwaukee, un latéral, ça doit être plus reposant. Et question allure, c'est autre chose que les pâles copies d'aujourd'hui qui osent arborer le sigle à la tête d'Indien et piétinent la tradition en proposant à l'amateur sans culture un culbuté aussi passe-partout qu'incertain.

Adler 250 sideLa brune Sane a visité de nombreux salons dont celui d'Yves Campion qui présentait une belle Adler 250 de rallyes attelée à un Impérial bruxellois et néanmoins belge.

Triumph Wasp BrooklandsChez Marco Raymondin, une Superbike à la manière de l'époque où le mot n'existait pas encore. Moteur Triumph 750 avec kit Morgo, transmission primaire par courroie, frein avant Fontana 4 cames magnésium, frein Husqvarna magnésium à l'arrière, le tout installé dans une partie-cycle Wasp. Que du bon et bien d'autres bécanes à voir sur www.brooklands-classic.com 

Impérial side girlSur le même stand d'Yves Campion où l'on admirait l'Impérial de records déjà présenté ici, notre amie Sane en a profité pour élargir ses connaissances. Elle s'est plongée dans la lecture d'un ouvrage qu'on ne peut que recommander : "Moto Insolites", en vente partout et surtout chez l'auteur qu'on peut joindre ici pour toute question subsidiaire : fradange@sfr.fr 

Ariel Arrow LeaderL'industrie britannique n'a pas produit que des merveilles. Même si cette Ariel Leader carénée a aujourd'hui acquis un satut de "collector's" par son caractère "so british", elle témoigne d'une décadence qu'ont connue tous les constructeurs européens. Ils ont combattu la vague scootériste avec les moyens de l'adversaire. Non seulement ils y ont échoué mais ils y ont perdu leur âme.

Ariel 250 Arrow FMD-089En version plus légère (la Leader...) elle était déjà plus acceptable.

Iris réservoirSi vous avez le reste d'une Iris construite par Haustgen, moteur et partie-cycle, Yves Campion a ce qu'il vous faut...

Iris écusson... mais vous aurez peut-être du mal à lui faire lâcher une pièce avec un si magnifique insigne de réservoir !

Dresch 350 34000 eurosEncore une machine à prix affiché : 3 400 € pour cette Dresch 350 à moteur MAG semi-culbuté. Pas mal si le ramage se rapporte à... etc.

Nibart Krajka Costeux Baldé OuleveyBrochette de cinq personnages célèbres de la moto ancienne (enfin ancien, plus ou moins). Au premier plan, le patriarche Charles Krajka qui brigue les lauriers de Charlemagne côtoie le moustachu Jean-Claude Costeux. En haut, Louis Oulevey (à droite) pose à la façon d'un Bidasse des belles années, avec le litron bien en évidence (du Morgon, comme par hasard). Siglé Kawasaki sur toutes les coutures, on a reconnu Jean-François Baldé. Un intrus s'est glissé dans le paysage, ami lecteur saura-tu le reconnaître ?

Monet Goyon rougeEncore une moto rouge, française cette fois : Monet-Goyon 175 avec une jolie queue de carpe à l'échappement.

Margerin blondeMême pas troublé par la présence de Miss Liz Chérie à son côté, Frank Margerin à sla manœuvre sur son album "Je veux une Harley". C'est à ça qu'on reconnaît les vrais professionnels, ils (elle) se doivent avant tout à leurs lecteurs (leurs admirateurs) et aussi un peu aux photographes, ce dont on les remercie (Pour ceux qui veulent en savoir * plus : Misslizcherie.com). * notez bien que dans savoir, il y a "voir"...

Cottereau broderieÇà vous a tout de même une autre allure qu'un quelconque "Black Rebel Motorcycle Club" ou (j'ai un doute) : "Broken Rods Motorcycle Club" ? Et quel bel hommage à une si vieille et oubliée marque dijonnaise qu'on aura reconnu. Sans parler de la preuve d'amour de la brodeuse à son biker, pardon, à son motard !

Pierce Moto AntiguasLes Espagnols de Motos Antiguas présentent en France des machines exceptionnelles et pratiquement inconnues chez nous. Parmi leurs "Clasicas de Coleccion", cette Pierce Arrow de 1909, 4 cylindres en ligne et 700 cm3, transmission par arbre, cadre-réservoir contenant l'essence (tube supérieur) et l'huile (tube avant). Suspension avant sur double fourche réunies par des courtes biellettes.

 Pierce moteurAu contraire de la F.N. à soupapes d'admission automatiques dont elle est inspirée, la Pierce américaine possède des soupapes en T de chaque côté des cylindres et elles sont commandées par deux arbres à cames longitudinaux.  

Indian board trackPas de freins, pas d'embrayage, un cadre, une fourche, un moteur et un pédalier pour démarrer le tout : la meilleure recette pour écumer les board-tracks telle que définie par Indian.

Neveu 3Vincennes attire les célébrités du monde motocycliste qui se livrent avec le sourire aux formalités d'une dédicace comme ici Cyril Neveu, quintuple vainqueur du Dakar.

Yamaha YZ SB Olivier

En 1985, Jean-Claude Olivier, alors patron de Yamaha-France a participé au Superbiker (Super-motard de l'époque) à Carole au guidon de cette impeccable YZ préparée pour la spécialité.

1986 JCO Yamaha YZ Super582Lors du Salon, cette machine a été vendue avec d'autres ainsi que des pièces d'équipement du pilote au profit de l'ICM (Institut du cerveau et de la Moëlle Épinière). En comparant la photo (d'époque avec J-C O himself) en noir et blanc avec celle du Salon en couleurs, on note de minimes différences dont l'essentiel touche à la présentation et la suppression de quelques auto-collants. Deux d'entre eux vaudraient cher aujourd'hui aux yeux de l'autorité gendarmesque. 

Chimera girlOn se quitte comme on a commencé, par une italienne moto, et arrivederci Sane

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 18:56

Installer et nourrir un cheptel de 240 mille bestioles sur mille mètres carrés de terrain est une tâche qui pose quelques problèmes. Et c'est bien ce que la dame fonctionnaire des impôts a dit à Gilles Grépinet lorsqu'il s'est présenté (au téléphone), comme auto-entrepreneur. Elle a finalement enregistré son statut d'éleveur après qu'il lui ait précisé que son "élevage" se composait... d'abeilles ! Encore le chiffre qu'il a fourni est-il établi à la louche en comptant 40 000 têtes pour chacune des 6 ruches concernées. Gilles est donc apiculteur, presque citadin, et plutôt api-motard puisque son activité personnelle - à part la préparation de pains d'épices car les abeilles bossent pour lui - est de réparer/monter/entretenir des motos. Anglaises, de préférence, et même exclusivement des Triumph T 100, T 120 et T 140 ainsi que la Royal-Enfield Interceptor et la BSA B44. Son amour des BSA remonte à la nuit des temps puisque déjà tout petit il roulait sur une 650 twin A10 alors qu'il n'avait même pas de quoi se payer un casque et des bottes pour remplacer ses charentaises. Pour preuve la photo ci-dessous datant de 1971 ! Mais sa machine était déja "caférisée" selon les canons de l'époque : garde-boue avant en alu, guidon-bracelets, pattes de phare allégées. Les jeunes couches d'aujourd'hui démangées par la "custom kulture" (kulture, ils osent !) pourraient en prendre de la graine...

BSA TwinMise en scène bien bucolique grâce au massif de fleurs du premier plan en contraste prévisible avec le bruit des échappements "mégaphonés" de la 650 BSA ! 

Terrot silencieux Grépinet   Grépinet Lisieux

Dès ses jeunes années Gilles était devenu une vedette des médias dont L'Éveil de Lisieux qui, en 1979, lui a consacré cette page largement illustrée (ci-contre). Il y racontait son peu de goût pour les motos japonaises "pas par snobisme, ajoutait-il, mais parce que j'aime bien tout ce qui se fait de vieux, et puis cela correspond peut-être à mon sens de l'originalité dans le domaine du deux-roues". Le "vieux" dans son atelier c'étaient, entre autres machines, une Motobécane 125 culbutée, une 350 Terrot Sport de 1930, une 350 Royal Enfield de 1953, une 350 Horex de 1954. Son rêve du moment c'était la 1000 Brough Superior et aussi une 500 Terrot RSS. On voit que Gilles était déja un amateur dont les goûts n'étaient pas vraiment mauvais. Grépinet Mons 88 BSA564Lorsque on s'est retrouvés il roulait toujours sur une anglaise, c'était en Belgique au trial de Mons tracé sur un terril tout noir que la neige de novembre 1988 avait repeint en blanc. Malgré le froid et cette neige qui n'a pas cessé de la journée, ils s'amusaient comme des gamins, son passager Nénesse (Cromwel) et lui dans leurs Barbour aux qualités calorifiques pourtant... guère connues.Grépinet Mons 1988 BSA563À défaut de la Brough de ses rêves, il avait une 500 BSA Gold Star BB34 de 1953 attelée à un caisse dans le genre "string" réalisée par Didier de La Dessa. L'ensemble était une "enclume" selon les critères du trial actuel mais pour les pilotes de l'époque c'était une merveille. Encore aujourd'hui, j'en connais qui ne la refuseraient pas, même si c'est simplement pour la mettre dans leur salon. Depuis mon balcon, je vois à travers la fenêtre d'un voisin son vélo de course accroché au mur de sa chambre, alors pourquoi pas une BSA ? (bien sûr avec une cloison et des chevilles solides...).

Grépinet Mons 1988562À Mons, cette année là il ne fallait guère compter sur les encouragements du public, mais le trialiste ne roule pas pour la galerie ! 

gilles-BONNE-NEW.jpgSur la table d'opérations, une 500 Triumph Cheney en cours de finition...

Rickman-cadree-NEW.jpg... tandis que, moteur de 650 TR6 refait et cadre neuf, cette Rickman-Metisse va bientôt faire un heureux !

gilles abeillesEn costume de lumière, façon Dark Vador qui aurait blanchi au lavage, Gilles s'apprête à passer à l'action sur ses ruches.

gilles-3.jpgElles venaient juste pour voir les ruches, mais vous savez comment sont les femmes : dès qu'elles voient un nouveau costume il faut qu'elles l'essaie. 

gilles2La BMW R50/2, c'était cette année, pour les Éléphants avec un départ de Normandie sous la neige qui n'a malheureusement pas tenu ses promesses jusqu'au circuit. Carrramba ! Encorrre rrraté ! Mais Gilles espère se rattraper aux prochaines Millevaches !


Gilles Grépinet vend ses pains d'épices (17 € le kilo) et effectue des envois partout. Toutes informations (miel et motos) par son mèle : gilles.grepinet@orange.fr 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 16:55

Plus que discrète en 1904, l'entreprise Buchet l'est encore plus en 1905. Si ce n'étaient les résultats en compétition d'un Anzani ou d'un Thomas, de Bac ou de Collomb, plus personne ne connaîtrait l'existence des productions de Levallois. Encore faut-il faire la liaison avec Alcyon puisque c'est souvent sous cette marque que les coureurs cités sont engagés. C'est que le vide laissé par la disparition d'Élie Buchet n'est pas comblé malgré les efforts d'un Anzani plus que jamais en première ligne car Rigal (auquel on l'a parfois associé) est parti dans le monde de l'automobile.

D'autres changement s'annoncent lorsqu'en juillet 1905 les Ets Buchet passent sous une nouvelle direction comme nous l'apprennent les revues spécialisées : "M. J.- Ambroise Farcot vient d'être nommé directeur des usines Buchet, à Levallois-Perret. Attaché comme ingénieur pendant quelques années aux établissements Farcot, de Saint-Ouen, le nouveau directeur possède une grande activité, jointe à des connaissances trés étendues ; il se propose d'orienter la production des usines Buchet vers les applications industrielles du moteur à encombrement réduit et à consommation économique" (La Vie Automobile, 29 juillet 1905). Information précédée d'un écho de L'Automobile (22 juillet) précisant que M. Joseph-Ambroise Farcot "vient de s'adjoindre comme ingénieur M. C.- A. Favron", sans plus de précision sur ce nouveau venu de la part de la revue pré-citée, sinon que "M. Farcot va construire des moteurs extra-légers pour l'aviation". Les Ets Farcot ont été créés en 1846 près du port de Saint-Ouen (Seine-Saint Denis) par l'ingénieur-mécanicien Joseph Farcot (1824-1908), un spécialiste de la vapeur. D'un esprit particulièrement prolifique, celui-ci ne déposera pas moins de 195 brevets entre 1833 et 1898 dans des domaines allant de la machine à vapeur aux pompes, alternateurs, grues, moteurs thermiques et même... bretelles ! On voit que Joseph-Ambroise avait de qui tenir. 

Cependant, l'une des rares activités de Buchet relevées par les gazettes en cette année 1905 concerne un "propulseur automobile" constitué d'une roue à aubes motorisée par le 3 CV 1/2 à eau, une machine destinée "au transport fluvial sur les cours d'eau rapide et de peu de fond". Par la suite, Farcot va se consacrer à la navigation plus aérienne que fluviale lorsqu'il s'installera "à son compte" en déposant brevet sur brevet à son nom (lui aussi), puis curieusement, sous celui de Farcot-Albaret, ce dernier patronyme étant celui de sa femme. Ou de son beau-père, ce qui ne laisse pas d'intriguer les historiens spécialistes de l'aviation des premiers âges... 1905 Anzani Hydra560Point de ces mystères pour Anzani (ci-dessus) qui débute la saison en s'attaquant au record de la Coupe Hydra, du nom du fabricant de bougies, accumulateurs et piles. Le détenteur de cette Coupe disputée avec des 1/3 de litre sur 100 km en vélodrome reçoit 5 F par jour (salaire journalier d'un employé du métropolitain). Le 6 avril, Anzani prend le meilleur sur la concurrence à la moyenne de 80,507 km/h. Le 17 mai la Coupe passe aux mains de son co-équipier Collomb. Celui-ci a mené son Alcyon-Buchet à 81,882 km/h puis, lors d'une autre tentative, il a élevé la moyenne à 82,379 Km/h. Ayant échoué précédemment dans ses efforts Cissac, pilote de Peugeot, finira par s'attribuer la Coupe le 9 septembre avec une moyenne de 84,997 km/h.      1905 Buchet Albatros 2437La précision "Supplément pour soupapes commandées - 20 francs" indique que les modèles "automatiques" étaient toujours disponibles en 1905. Chez tous les motocyclistes européens, les soupapes latérales ou culbutées mettront encore longtemps avant de s'imposer sur le marché.  1905-Buchet-Albatros-3438-copie.jpgSur ces extraits d'un catalogue de généraliste (L'Albatros) qui proposait les moteurs Buchet, on remarque que le nom d'Élie Buchet figure toujours sur le carter du modèle à eau (admission automatique) puisqu'il a été conçu du vivant de Buchet.

1905 Anzani bicyl Ch-Thierry

Malgré la déroute qui a sanctionné la participation en 1904 des Alcyon-Buchet aux éliminatoires du G.P. International du Motocycle Club de France (3 machines engagées, 3 abandons), Anzani persiste et présente trois Alcyon à l'épreuve de 1905 qui réunit une quinzaine de concurrents. Tavenaux et Griet sont ses co-équipiers et tous auront leur lot de chutes et crevaisons par la faute de malveillants qui, comme l'année précédente, ont jeté sur la route des clous que les cantonniers, pourtant motivés par une prime de 5 francs, n'ont pu voir à temps (10 francs au cas où ils prendraient un délinquant sur le fait...). Anzani sera le seul des "Alcyonistes" à connaître la satisfaction de terminer, mais en 4ème position ce qui lui enlève la possibilité de représenter la France dans le G.P. qui limite à trois par pays le nombre de concurrents. Anzani n'a pourtant pas démérité, ayant bouclé les 270 km du circuit de 5 tours en 3 h 31' 13'' contre 3 h 25' 3'' à Demester, vainqueur sur Griffon bicylindre devant les deux Peugeot de Giuppone et Champoiseau. Sans que ce soit précisé avec certitude mais au vu des moyennes enregistrées, il est probable que les Alcyon de cette course étaient elles aussi des bicylindres en V. Ce serait la première sortie de ces 8 HP (1000/1200 cm3), avec l'échappement à culbuteur, particularité du Buchet, des machines ressemblant à celle qui a été photographiée ci-dessus.

UN CHAMPIONNAT "DU MONDE" DE 5 KM !

Ces moyennes "auxquelles on ne pouvait s'attendre" selon L'Industrie vélocipédique et Automobile, (Demester à atteint les 82 km/h - sur route, rappelons-le !) vont être confirmées sur le vélodrome de Zurenborg à Anvers au cours d'une épreuve pompeusement baptisée "Championnat du Monde pour Cycles et Motocyclettes". Après des éliminatoires courues les 16, 21 et 23 juillet, la finale moto est reportée au 24 pour cause de pluie. Les meilleurs sprinters se retrouvent alors dans une course de 5 km. Accidenté juste avant le départ, Bac est transporté à l'hôpital, ayant laissé un orteil dans la transmission par engrenage et chaîne de sa Magali... Au signal du starter, Olieslagers "merveilleux d'allure part à fond de train et prend 40 mètres", écrit L'Industrie Vélocipédique... "Il a pris un tour au quatrième kilomètre, lorsque son pneu éclate à l'entrée d'un virage. Olieslagers roule avec sa machine sur la pelouse, rebondit et se relève absolument indemne. Dès lors, Anzani a la course gagnée ; Pernette finit à 100 mètres". Avec un temps de 3' 1'' 2/5, Anzani a frôlé les 100 kilomètres à l'heure.

Belle performance sans aucun doute, mais dans des circonstances qui relativisent sérieusement le titre de "Champion du Monde 1905" qu'on accole ici et là au nom d'Anzani. Ses véritables titres de gloire sont ailleurs...

1905 cri Armes & Sports pesageLe Criterium avec la photo de Thomas au pesage (le bien nommé) fait la couverture de l'hebdomadaire Armes et Sports qui, heureusement, traitait les armes sous leur angle sportivo-mondain : escrime, tir au pistolet, tir à l'arc, etc. 

Dépossédé de la Coupe Hydra le 9 septembre par Cissac (Peugeot), le Buchet culbuté va signer une éclatante revanche dans les 100 km du Criterium du 1/3 de Litre (19 au 21 septembre). En finale, les deux premiers sont sur des Alcyon-Buchet, suivis d'Armbruster, individuel sur Buchet et de Naso sur Magali-Buchet. Une autre Alcyon-Buchet est 6ème (pilote, Griet) derrière la Quentin de Contant. Le 7ème est Capeaumont (Lurquin-Coudert). À la 8ème et dernière place on trouve Villemain sur une Chanon à moteur Villemain. Sauf erreur, c'est la première fois qu'apparaît une moto Chanon, par ailleurs spécialiste du tricar. Villemain est à nouveau présent à la Journée de vitesse de Dourdan sur moto Chanon (7ème ex-œquo en Touristes et 8ème en Vitesse).1905 cri thomas115Chef de file chez Alcyon, Anzani n'a cependant pas eu les honneurs de la première place qui revient à René Thomas. Celui-ci entamait là une glorieuse carrière qui le mènera à l'automobile puis l'aviation avec autant de succès. Il est ici à droite, terminant la mise au point de sa machine tandis qu'à gauche un concurrent se fait une ceinture en tuyau de plomb pour atteindre la limite de poids réglementaire.

1905 cri pesage117À l'extrême-gauche, Dominique Lamberjack (pilote-vedette de Griffon), est venu assister au triomphe de Thomas. Griffon pas plus que Peugeot n'ont participé aux Criteriums.

1905 cri Thomas120Thomas photographié dans le cadre du vélodrome du Parc des Princes. On remarque que sa machine n'a pas le hauban de renfort de fourche visible sur la photo du pesage.

1905 Thomas René 503Cette "carte de visite" autographiée par René Thomas fut pieusement recueillie par Jackie Pichon fondateur du fameux musée de Clères. Court résumé d'une très longue carrière.

1905 cri Anzani119Toujours à l'occasion du Criterium, Alessandro Anzani montait une Alcyon très semblable à celle de Thomas. Les spectateurs ne s'y sont pas trompés et à l'issue de la course ils ont autant ovationné le metteur au point italien des Buchet que René Thomas.

1905 cri Naso121Dans les séries éliminatoires du Criterium, plusieurs machines avaient une transmission finale par démultiplicateur et chaîne dont celle de Naso, 3ème sur sa Magali à moteur Buchet. Malgré un nom qui fleure bon la Provence, cette Magali, tout comme sa marque-sœur Mireille, était construite à Levallois par Gayon & Cie, 22 rue Garnier.

1905 Buchet Albatros 1-3 de litre CérèsL'Albatros à moteur Buchet (pilote : Cérès) participa aussi au Criterium du 1/3 de Litre. C'était une construction de H. Billouin, un important motociste généraliste qui proposera longtemps à son catalogue des machines à moteurs Buchet, voire des moteurs seuls, après l'abandon de la production de ces moteurs.

LE CRITERIUM EXPLIQUÉ AUX NULS

(D'après "La Vie au Grand Air")

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VERS UN DÉCLIN PRÉVISIBLE

La fin de la saison 1905 va être nettement moins brillante pour les Alcyon-Buchet. Excepté Thomas, on n'y retrouve plus les pilotes habituels qui avaient fait confiance au constructeur de Levallois. Ensuite on sait qu'Anzani n'a jamais été à l'aise hors d'un vélodrome et sur une certaine distance. Et si le 1er octobre, avec une bicylindre en V, Anzani gagne à la côte de Château-Thierry en catégorie Vitesse moins de 50 kg sur le kilomètre départ arrêté c'est sans opposant ! Les autres concurrents ont refusé de prendre le départ, celui n'étant pas donné lancé. La côte étant coupée par deux courbes devenues dangereuses à grande vitesse, les organisateurs avaient estimé que les voitures rapides comme les grosses motos "qui vont de plus en plus vite" ne disputeraient que le mile arrêté. En catégorie Touristes 1/3 de Litre sur le mile départ arrêté, Anzani en 1' 49'' 1/5 est battu "à la loyale" par la Peugeot de Giuppone, l'autre Italien (1' 40'' 3/5). 

LE MOTEUR AUX DEUX PAPAS 

Cependant, une fois de plus, le constructeur de Levallois crée la sensation, bien qu'en son temps il n'ait guère remué les foules avec ce moteur dont la paternité demeure encore aujourd'hui incertaine. Son carter est marqué Buchet, mais son architecture - trois cylindres en éventail et soupapes automatiques à l'admission - préfigurent les moteurs de ce type qui vont éclore plus tard chez Anzani, dont celui qui vaudra la gloire à un certain Blériot. Par ailleurs, Joseph-Ambroise Farcot va lui aussi se faire un nom dans l'aviation, mais sans reprendre, semble t-il, une telle formule (ici, les lumières d'un  "fana" de l'aviation seraient bien utiles). Dans son numéro 109 du 28 octobre 1905, la revue L'Automobile a publié une1905 Anzani 3 croquis569 description qui représente tout le savoir actuel concernant ce moteur. Extraits : "Trois cylindres, un vertical et deux calés à 50 degrés par rapport au plan vertical. Les trois bielles sont calées sur une même manivelle (ndlr : dessin ci-contre. L'allumage se fait dans l'ordre 1 - 3 - 2). Le rendement de ce moteur est tout à fait satisfaisant : les essais ont été faits sur une motocyclette de course montée par Anzani, qui a donné d'excellents résultats. Le moteur actuellement construit est un moteur de 80 mm d'alésage et de 80 mm de course (ndlr : 1200 cm3). Il donne 12 chevaux à 2000 tours et de 15 à 16 chevaux à 3000 tours. Les coefficients de rendement et de régularité sont très élevés, vu les dimensions et le poids du moteur qui est de 23 kg, ce qui représente à peu près 1 kilo 500 par cheval. Ce moteur, tout en fonctionnant dans les meilleures conditions, a encore l'avantage d'être très léger, ce qui est intéressant pour les moteurs de ballons et d'aéroplanes. (...). Ainsi qu'on peut s'en rendre compte par notre figure (voir ci-dessous) qui est la reproduction photographique d'une motocyclette Alcyon sur laquelle est monté un moteur trois cylindres, la disposition en éventail des cylindres de ce moteur s'harmonise de la façon la plus heureuse avec la forme du cadre. Le tout semble former bloc et donne une impression de grande solidité".

1905-Anzani-3-l-automobi567.jpgUn moteur aussi révolutionnaire sur une moto demandait un certain temps de mise au point d'autant plus dans le cas d'une conception bicéphale Farcot-Anzani. Ses débuts seront rien moins que laborieux lors de ce qui paraît être sa première sortie le 8 octobre à la journée de vitesse à Dourdan (route de St-Arnoult). Il est vrai qu'il affrontait les redoutables mastodontes de Peugeot menés par les spécialistes Cissac, Giuppone et Champoiseau bien rôdés au pilotage de leurs bicylindres en V automatiques.          

1905 Anzani 3 moteur sol568 copieC'est René Thomas qui défend Alcyon-Buchet sur le mile arrêté en catégorie "1/3 de Litre Touristes" mais il ne peut mieux faire que troisième derrière deux Peugeot (Giuppone et Cissac). Sur la même distance, on retrouve Anzani en "Vitesse moins de 50 kilos" avec la nouvelle trois cylindres. En 1' 10'' 2/5 il n'a rien pu contre le trio des Peugeot qui prennent les trois premières places, Cissac étant largement en tête avec un temps de 53 '' 1/5. 

1905 Anzani 3 cyl Dourda566L'épreuve du kilomètre lancé n'arrange pas les affaires de l'Italien qui se classe encore quatrième (moins de 50 kg) à 105,263 km de moyenne ce qui sera la meilleure performance de vitesse pure enregistrée par la 3 cylindres. Hélas bien loin de celle du premier, Cissac encore lui, qui signe un éblouissant temps de 27'' 3/5 soit plus de 130 km/h ! Dans cette journée, c'est finalement en catégorie "plus de 50 kg" avec sa "vieille" bicylindre en V à culbuteurs qu'Anzani aura eu le plus de satisfaction avec deux places de second. Même si chaque fois il a trouvé Giuppone et la Peugeot devant lui, aussi bien sur le mile que sur le kilomètre...

1905-Cissac-Peugeot-bi-en-V-Gaillon542.jpgCissac et sa Peugeot à soupapes automatiques : l'épouvantail de la catégorie "Vitesse moins de 50 kilos" (oui, moins de cinquante kilogrammes !)

LES DERNIERS FEUX 

La dernière rencontre de la saison est l'épreuve en côte de Gaillon dont le kilomètre en ligne droite, avec 500 mètres de lancée, promettait à tous "une hécatombe de records en raison des vitesses obtenues par les nouveaux engins" (dixit La Vie Automobile). Hélas, le 8 octobre la pluie et un vent violent allaient doucher ces espérances. Même un Cissac, vainqueur de la catégorie Vitesse en 31'' ne pouvait battre le record établi par Lanfranchi l'année précédente en 29'' 1/5 soit 123,287 km/h. Il égalait néanmoins le record de la journée des Grosses Voitures (Vitesse - 650 à 1000 kilos) signé par le baron Pierre de Caters au volant de sa Marcédès de... 120 chevaux ! Le record de Cissac restait néanmoins dans la musette des Peugeot, verrouillé par Giuppone, lui aussi sur Peugeot, qui se classait deuxième. Et devant qui ? Devant notre Anzani préféré et sa trois cylindres à... 19 secondes du premier avec un temps de 50'' 4/5 ! Chez les Touristes, beaucoup de records précédents sont battus. Anzani en récolte un nouveau sur sa 1/3 de Litre. Il grimpe la rampe à 66,808 km/h soit en seulement 3 secondes de plus qu'avec sa 3 cylindres de 1200 cm3. Belle démonstration des culbuteurs Buchet qui affirmaient ainsi leur supériorité technique en moyenne cylindrée. La leçon ne sera pourtant  comprise qu'assez tard    

1905 Anzani mono chaîne GaillonjpgC'est sans doute l'une des dernières occasion de voir Anzani sur une machine de vitesse. Elle montre aussi que la recherche n'avait pas cessé à Levallois puisque après la 3 cylindres, la transmission directe par chaîne s'appliquait également au mono 1/3 de Litre.

1905 Anzani 3 cyl Gaillo545À la fin de la journée de Dourdan, la 3 cylindres est hissée dans l'omnibus à vapeur Gardner-Serpollet par les amis d'Anzani (en bas, de dos). Elle va rester à Levallois puis demeurera invisible durant presque un siècle avant d'effectuer une mystérieuse réapparition du côté des Pays-Bas. Mais il se pourrait que dans un jour proche elle retrouve vie dans un cadre prestigieux...

      (À suivre, mais voui... mais voui...!)

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 18:43

animation-gillet-herstal-Thierry-Bouteillier-copie-1.jpgL'an dernier, lors de ce même Salon Moto Légende, Yves Campion avait révélé, on le constate ici, un certain penchant pour l'esthétisme des formes débordant d'un cadre purement mécanique (Photo de Rose par Thierry Bouteillier, sur Pix-Auto.net). Poursuivant ses recherches, Yves Campion va faire cette année une infidélité à Gillet d'Herstal sa marque favorite en présentant une machine selon son cœur, toute en galbes, courbes et rondeurs elle aussi, comme on le voit ci-dessous. Maquette ? Modèle réduit ? Exemplaire 1/1 ? Ce sera à voir de près à Vincennes.

Campion-side-ImperialParis02.jpg

Fer à repasser "design" ? Planche de surf ? Tapette à souris ? Jetski ? Tirelire ? On peut s'interroger encore longtemps sur la destination de l'objet.

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"DENIS SIRE - BARON D'HOLBACH"

C'est sous ce titre énigmatique que la Galerie Jean-Marc Thévenet présente les dernières œuvres de Denis Sire, un artiste qu'on a connu d'habitude moins solennel. En effet, se placer sous l'égide de Paul-Henri-Dietrich, baron d'Holbach n'est pas faire preuve d'un humour débridé. Et de toute façon on est assez éloigné de la moto puisque l'illustre bonhomme a vécu, essentiellement en France, de 1723 à 1789, ayant réussi à échapper à de sérieux ennuis tout au long de sa vie de philosophe "matérialiste". C'est qu'il n'y allait pas de main morte avec les doctrines du temps, surtout celle qui touche à la religion "instrument du despotisme". Athée, d'Holbach était donc un danger pour la royauté puisque celle-ci était dite "de droit divin". Nombre de ses livres où il développait ses théories furent interdits et il dû les faire imprimer en Hollande sous de faux noms. D'autres furent brûlés sur les marches du palais du Parlement. On le tient aujourd'hui pour l'un des inspirateurs de la Révolution de 1789. Ce qui ne nous explique toujours pas pourquoi Denis Sire s'est mis sous son parrainage...  Et encore moins avec l'illustration ci-dessous qui accompagne le carton d'invitation à l'expo, une Norton ACT pilotée par Jimmy Guthrie. Cinq fois vainqueur du Tourist Trophy sur Norton en 350 ou 500 et une fois en 250 (A.J.S.), ce fameux pilote écossais devait trouver la mort en 1937 au G.P. d'Allemagne. Si 70 vierges accueillent certains au paradis, celui de Denis Sire propose, lui, quelques délicieux "petits rats". Elles sont moins nombreuses il est vrai mais, entre nous, 70, c'est plutôt de la goinfrerie... 

Invitation Denis Sire

La Galerie Jean-Marc Thévenet se trouve près de Beaubourg au 32, rue de Montmorency, Paris 3ème. Exposition du 17 novembre au 5 décembre, ouvert du mercredi au samedi de 14h30 h à 19h30. Séance de dédicace du recueil "Denis Sire - Baron d'Holbach" le 24 novembre à 16h.

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