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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 13:34

Normalement, un bon cocktail-apéritif d'anniversaire, c'est deux tiers d'eau et un tiers d'une liqueur, alcoolisée ou pas. À Carole, où les Trophées Jumeaux revenaient fêter leur 20ème édition, après s'être égarés en des lieux divers, le dosage a été respecté. Sur trois jours il y a eu deux tiers d'eau, les vendredi et samedi puis un tiers de soleil, ou ce qui en tenait lieu, le dimanche. Ce jour-là, je suis resté au coin du feu à soigner mes rhumatismes "réveillés" par ce samedi passé à piétiner autour du circuit. Et j'ai les preuves de ce que j'avance même si ce sont des photos pas vraiment baignées... de lumière.  

GrenouilleUn temps tellement humide qu'une étrange mutation biologique a commencé à se produire dans les allées du paddock : l'homme retournait lentement à l'état de grenouille !

MashMorose et humide décor pour la 125 Mash, lot d'un tirage au sort des billets d'entrée à ces Trophées. Elle a été gagnée par un habitant de Croix, lieu où se sont tenus de nombreux "Jumeaux" précédents.

Kawasaki 125 KHBelle petite compé-client des années 75/80 diriez-vous, en cherchant dans votre mémoire de quel modèle il s'agit et qui a bien pu la piloter. Fatale erreur et temps perdu ! Cette Kawasaki ne doit rien à l'usine, mais tout à Jean Voise qui est parti d'une 125 KH de série pour arriver à ce bijou. Un ami a fait le pot de détente, un second ami a fait la peinture, un autre a fait... etc, etc.

Kawa 125 KH frein AVSeule pièce non-Kawa, le frein avant très aéré provient d'une Yamaha 200 RD.

kawasaki_kh_125_1blatt.jpgUn p'tit coup de nostalgie avec cette publicité d'époque sur la 125 KH. Ici dans la présentation anglaise mais, autant que je sache, identique aux autres dans ses caractéristiques : moteur deux-temps à admission par disque rotatif, 12 ch pour 95 kilos.

Dresda griseDepuis plus de quatre décennies les Dresda font le bonheur des amateurs de machines sur-mesures. À l'origine, le cadre inspiré de celui des Norton Featherbed, recevait un moteur Triumph. Par la suite, cédant à la demande, son créateur Dave Degens a proposé (et propose toujours) une partie-cycle avec les bonnes pièces apte à recevoir des moteurs japonais.

Yamaha bouchonLe peintre de la Kawasaki 125 de J. Voise est particulièrement fier du bouchon de réservoir qu'il a entièrement refait pour sa Yamaha personnelle. Malheureusement, avec sa machine trop belle et neuve, il n'a pas voulu affronter les rigueurs de la météo. Désolé, pas de photos, et pourtant elle en méritait !

Itom Minatelli"Moteur Minarelli !" s'empresse de préciser le pilote de ce 50 Itom flambant rouge comme il se doit. Avec ses 13 dents en sortie-moteur et 32 dents à l'arrière, il irait assez vite si l'eau du ciel n'était pas venu contrarier son allumage. 

Itom frein AV doubleLe bras droit de la fourche Paioli a dû être travaillé pour recevoir le deuxième ancrage du frein avant constitué de deux tambours à simple came.

Itom logoUn nom qui a fait rêver toute une jeunesse française !

BMW Bol 74Bien connue mais toujours aussi belle, l'historique BMW 90S type Bol d'or 1974 avec son numéro 43, comme à l'époque.

NSU 250 SupermaxAutre machine allemande de légende, une NSU 250 Sportmax : une vraie, reconnaissable à son monstrueux frein avant et son sublime réservoir en alu "modelé" !

KTM carénéePeu courante en vitesse, une KTM deux-temps dont le pilote vient de se faire une chaleur à cause d'une boîte récalcitrante.

Velocette ChatokhineL'Atelier Chatokhine était présent avec une Velocette de toute beauté et d'une présentation impeccable...

Velocette Chato action... normal, puisque c'est le patron lui-même, Roland, qui la pilotait. Malgré ses (longs) cheveux gris, il n'a pas perdu la main et s'amusait à faire des misères à un autre concurrent sur une ACT d'une célèbre marque britannique.

Ducati monoPetit modèle mais gros cœur, les Ducati monos ont l'air de se faire un peu rares ces temps-ci au profit des bicylindres de la marque.

Guzzi 850 Le MansMalgré une inhabituelle robe blanche qui peut tromper, c'est bien là une Guzzi 850 Le Mans.

BSA rocket 3Le stand de Ron Chandler avec une BSA Rocket 3 cylindres de 1970 qui courut à Daytona.

BSA Rocket freinConcession au modernisme de la technique - et à la sécurité - deux disques flottants pour l'avant.

Triumph Ron ChandlerAutre Triple de Ron Chandler, celle-ci en version Triumph avec freinage amélioré car, comme la précédente, il ne s'agit pas de machines de musée. 

Mobylette 2013Dans une réunion de motocyclettes anciennes, il est normal de trouver une "pit-bike" qui soit au diapason !

Harley 2013C'est bizarre, mais le son d'une Harley-Davidson de ce type est bien plus harmonieux que le "potato-potato" (breveté !) qu'on entend dans nos rues...

Motobécane bisSans rancune envers la marque qui fit tout jadis pour tuer en France la compétition en petites cylindrées, des amateurs s'efforcent aujourd'hui de courir sur des Motobécane. Étonnant, non ? Beaucoup, comme ici Pierre Luciani, gardent le moteur 175 d'origine monté dans une partie-cycle, elle aussi peu transformée mais d'une présentation impeccable. 

Motobécane manx profilSon ami et voisin de stand, Frank Albert, a choisi pour sa Tobec une solution plus radicale en s'inspirant du cadre Norton Featherbed, rien de moins ! Cadre avec soudures à l'ancienne qui n'accrochent pas le doigt (suivez mon regard au hasard vers une japonaise) et réservoir-selle itou de la main du maitre.

Motobécane manx moteurPour réaliser un tel travail sur une collerette d'échappement, il faut vraiment aimer son métier. Et bien le maîtriser !

Laverda 1000Qui, de deux amoureux d'une marque italienne est le plus passionné ? Celui qui n'a d'yeux que pour une 3 cylindres de Breganze ou l'autre pour qui une Desmo est un summum de belle mécanique... 

Laverda 1200Je vous laisse chercher un site ou un blog concernant les Ducatis car pour Laverda, j'en ai trouvé un qui fait le tour de la question et c'est ici http://laverda-passion.blogspot.com/ même si je n'ai pas trouvé réponse à la question qui me réveille la nuit : pourquoi les Laverda sont-elles tout d'un coup devenues orange. Mais je l'ai trouvée ailleurs ma réponse : c'est un hommage aux machines agricoles de la société qui sont orange, elles aussi.

Morini 350 bi en VCe qui est bien avec les marques italiennes c'est que, dans la série, on y rencontre toutes les techniques. Les allemandes, c'est flat-twin ou deux-temps ; les anglaises, c'est mono culbuté ou vertical-twin culbuté alors qu'en Italie, Aaah ! En Italie, vous avez la petite cylindrée culbutée, mono ou twin, verticale ou horizontale (et aussi en deux-temps : Rumi) ; un cran plus haut, le mono culbuté horizontal (Aermacchi, Guzzi, Motobi) ou vertical et aussi avec arbre à cames en tête (Parilla, Benelli, Ducati, Bianchi). Arrêtons l'énumération avec ce 350 Morini bicylindre en V qui tranche avec une longue lignée de monos prestigieux, culbutés et double-arbre. De mauvaise foi, moi dans ma démonstration ? Où ça ?

DépannageLa piste humide a envoyé bien du monde au tapis, mais sans autre blessure que celles portées à l'amour-propre des victimes.

Norton ManxMenée de mains expertes, une Norton Manx comme on en voit de moins en moins en France, du moins sur une piste.

Side BMW deuxLes Trophées Jumeaux ont toujours fait une place de choix aux sidecaristes (Gérard Jumeaux oblige), et pour des gens qui maîtrisent l'art de la glisse, le terrain était carrément "too much".

Side BMW blancCe qui n'empêche pas d'user son fond de culotte avec autant d'ardeur qu'un Jorge Lorenzo use ses coudes.

Side ClaironMadame Clairon ne ménage pas sa peine en virage à gauche et je me suis laissé dire qu'elle prenait des cours de couture sur cuir chez un sellier, mais avant de... Side Clairon guêpière... passer sa combinaison, elle aurait dû retirer sa guêpière qui fait une si vilaine bosse dans son dos. Si je puis me permettre, et sans vouloir semer la zizanie dans son ménage, je lui conseillerais un modèle qui dégage bien le dos comme celui-ci...

guepiere-carnival-en-satinCe modèle qui ne gêne pas les mouvements existe en blanc, ivoire et noir chez >  http://www.majarretiere.fr/guepiere-mariage/88-guepiere-carnival-en-satin.html

Side regardVeuillez excuser un moment d'égarement passager (plutôt passagère...) et revenons à ce qui nous occupe : le sidecar. En voici un dont le pilote lance un regard sévère au photographe qu'il doit trouver un peu trop dissipé.

Side anglais huiléNon seulement la piste était glissante, mais tout d'un coup le passager aussi est parti en glisse sur sa plate-forme...

Side anglais huilé bis... pas étonnant puisque celle-ci est barbouillée d'une pellicule d'huile lâchée par une faiblesse du bouchon de remplissage du moteur.

Matchless G50Aussi rare en France que la Norton Manx, une Matchless G50.

Norton Gus Khun verteNorton Gus Kuhn 750 Commando, un nom qui faisait de la peine à Garreau l'importateur Norton en France. Au point que dans un essai de Moto Revue, sur aucune photo de la moto entière on ne peut voir sur le carénage le nom King's Motorcycle, l'exclusif Gus Kuhn pour la France. Sur une photo, la GK essayée est entière mais en profil perdu avant. Plein profil sur une autre photo, mais elle est cadrée juste au milieu du réservoir... (MR 1946 de 1969). À l'époque, Garreau passait des pages entières de publicité dans MR et King's, seulement un quart-de-page.

Norton cadre treillisEncore une autre préparation Norton sans carénage qui aurait déplu à Clément Garreau.

Norton 88On termine sur une Norton 88 d'origine et qui semble avoir bien vécu mais en conservant ses originaux silencieux en "poire".

Béquille écoloPlus simple et plus écolo que cette béquille de paddock, ça n'existe pas !

Vincent Egli RaspoutineSans pitié pour plus petit que lui, Raspoutine sur sa 1000 Vincent-Egli-Godet s'apprête à manger une 500 japonaise.

Triumph Metisse 3 cylAux "tailleurs sur mesures" tels Gus Kuhn, Dresda et autres Seeley, on ajoutera Rickman qui s'est "occupé" des Triumph, y compris les Trident comme celle-ci. Toujours en activité, Rickman fournit des kits mais aussi des pièces spécifiques depuis 2 £ (bouchon de réservoir d'huile) jusqu'au "rolling chassis" à 4000 £ (prix de départ...).

Triumph Trophy trailDans le parc visiteurs, une Triumph 500 Trophy Trail qui préfigure l'ère des gros trails. Elle connut un peu de succès aux États-Unis mais guère en France. Elle disparut dans la tourmente qui frappa Triumph au milieu des années 70.

Triton Jumeaux 2013Le cafe racer (le vrai), c'est ça : un moteur Triumph dans une partie-cycle Norton. Avec cette Triton on est loin des machines qui usurpent aujourd'hui le nom de cafe racer grâce à un gros pneu avant sans garde-boue et une bande amiantée autour des échappements... 

Georges Asséo Yam RDLCFigure turbulente des réunion d'anciennes qu'on a connu sur une P.M.S. (Yam), une folklorique Ducati-Panzani puis une Ossa enduro, Georges est passé à la machine "moderne" mais toujours colorée selon ses goûts.

Georges doubléCommentant cette photo, Georges est capable de vous dire qu'il vient de faire l'extérieur au numéro 25, alors qu'en vérité Georges chaine mollec'est lui qui va se faire doubler comme le prouvent la comparaison des chaînes des deux...Georges chaine molle 2 machines. Ci-dessus, la chaîne est détendue, Georges vient de couper les gaz. À droite, la chaîne de la Yamaha n° 25 est parfaitement tendue, la machine est en pleine accélération et va passer la Yamaha 350 RDLC de Georges. C.Q.F.D.Yamaha XT Tran-DucLes Yamaha 500 SR comme celle-ci, ou la plus célèbre (et plus répandue) XT sont de plus en plus appréciées en vitesse où, au prix d'améliorations abordables, elles permettent de plaisants résultats. 

Yamaha SRX blancheOn peut dire la même chose de la SRX de même marque, quoiqu'elle soit plus rare, donc chouchoutée en collections.

Rudge profilPendant une dizaine d'années, Rudge exploitera la victoire de G. Walker au G.P. de l'Ulster 1928 en présentant son modèle à 4 soupapes sous le nom "Rudge Ulster". Ce modèle en est la dernière évolution de 1938 avec toujours 4 soupapes parallèles protégées par un carter étanche. Les deux impressionnants silencieux sont du type dit "Brooklands" car créés pour satisfaire aux normes de bruit instituées sur le célèbre autodrome de Brooklands sous la pression des riverains...Jacques marchandPas de pression en revanche pour Jacques Marchand, chef d'orchestre de ces Trophées, qui arbore un air momentanément sérieux, le temps d'une photo. Il vient juste d'être couronné par l'équipe des drôlesses chargées de l'accueil des 300 engagés. Elles l'ont élu pour son intelligence. Lui dit que c'est pour sa beauté. Ou peut-être l'inverse...

Circuit-carole-avion-BON-copie-copie-copie.jpgLe circuit Carole vu de l'avion de Monsieur Google Earth qui m'espionnait pour le compte d'Obama. J'étais en 1 pour une manche des solos. En 2 j'étais trop loin pour des photos intéressantes mais ça m'a permis de me rapprocher du 3 où j'ai picasietté à la table de la famille Liard (& Associé) qui m'a généreusement nourri d'une paire de chipolatas (avec moutarde). Je suis allé digérer en 4 où j'ai fait quelques photos des sidecars. Tout ceci sous la flotte : quelle journée !

                                                                        

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:39

Ces « Belles histoires » étaient de courtes BD publiées par Spirou et basées sur des faits « le plus souvent historiques » (dixit Ouiqui), mais, à ma connaissance, il n’y fut guère question de motocyclettes. Commencée en 1950, cette série disparut en 1980, hélas ! sans emporter tous les « Oncle Paul » avec elle. Il en reste une palanquée qui sévissent partout, y compris dans notre petit milieu. La dernière « belle histoire » qu’on leur doit est celle de la Verdel 1912. Lors de son apparition – ou doit-on dire sa… naissance – en 2000, elle donna lieu à plusieurs explications concernant ses origines. La plus vraisemblable était, je cite de mémoire, qu’elle avait été créée par un mécanicien du nom de Verdel, établi dans le nord de la France. Le magazine Classic Bike situe aussi l'origine dans le nord, mais dans le nord de... l'Angleterre ! De plus, il illustre son article par une carte postale de Bapaume datant d'avant 1914 où l'on voit un magasin portant l'enseigne Verdel. D'une autre source, on apprend par un descendant que ce M. Verdel était agent Peugeot, mais sans précision sur son éventuelle activité motocycliste. La boucle se referme. (Il faudrait reprendre tout ce qui, à l’époque, a été écrit sur le sujet dans La Vie de la Moto).

Verdel-solo-2000-BON-069.jpgAnnée 2000, sur la piste de Montlhéry première sortie publique de la Verdel aux Coupes Moto Légende. Patrick Sprotson va faire un départ canon et - paradoxe des multi-cylindres - dans un bruit très raisonnable. Au bout de quelques kilomètres, le cadre de la machine casse et elle retourne dans son stand. On ne la reverra plus jamais en France.

Verdel-moteur-2000-BON-070.jpg

La Verdel dans son deuxième état, l'ensemble est sobre et respecte les codes de l'esthétique motocycliste d'avant-14 jusque dans le lettrage de la marque sur le réservoir. En chicanant, on fera observer que le travail d'usinage des cylindres et culasses est peut-être un peu trop moderne.

UN AUTRE SON DE CLOCHE (LE VRAI ?)

Cependant sur Le forum des amateurs de Morgan j’ai trouvé une version différente de l’histoire. Plus étoffée (trop ?), elle me plaît bien.

Le 19 juin 2010, un contributeur british du Lancashire qui signe La Taupe, raconte en un excellent français :

« Je suis sûr que ce ne sont pas uniquement les motards parmi vous qui apprécieront.

Dans les années 80, mon copain Paul visite un musée d'avions. Il tombe en extase devant un moteur radial 5 cylindres exposé seul. Il prend une photo. Rentré chez lui, il passe l'hiver à dessiner une version 750cc de la photo. La cylindrée est en fait déterminée par les pistons de Reliant Robin 600cc 4 cylindres qu'il a déja. Le printemps venu, il passe à la réalisation qui demandera des centaines d'heures. John l'aidera à fondre des carters en alu, puis il fraisera les bielles, tournera les cylindres, un vilebrequin, etc... À l'automne le moteur est fini. Il se rend compte alors qu'il ne pourra pas le monter comme prévu dans son 3 roues car l'axe du moteur est trop haut et il faudrait monter un boîtier avec cascade de pignons. Il accroche le moteur au mur de l'atelier et il reste là pendant une dizaine d'années. Un jour, Raymond, un historien moto (Raymond Anscoe ?), lui montre la photo d'une moto de course française de 1912 avec moteur radial.1006190810051038006258670  Il n'en faut pas plus pour que Paul ait enfin trouvé une utilisation pour son moteur.                       

 Déjà une nouvelle peinture et, surtout, une transmission par courroie (ci-contre) sur la Verdel première version  

 Quelques mois plus tard, le moteur a été monté dans un cadre de vélo (très) modifié où il entraine la roue arrière par courroie. La bête est baptisée Verdel car ce vendeur de vélo de Bapaume est réputé avoir fabriqué des motos de course dont une, prévue pour les courses sur pistes en bois aux U.S.A aurait eu un moteur radial. Ce qui arrange aussi les choses, les uhlans du Kaiser ont rasé la ville en 1914 et aucune archive de chez Verdel n'a survécu. Un petit matin bruineux nous sommes conviés à la mise à feu. 

L'engin marche comme un avion. Patrick, un pilote de motos de course irlandais est suffisamment lobotomisé pour amener l'engin aux Coupes Moto-Légende à Montlhéry. Elle fait sensation lorsqu'il la sort de la camionnette et encore plus lorsqu'il passe en tête au premier tour devant des engins beaucoup plus jeunes et à 147km/h ! La moto sera achetée quelques années plus tard par un ancien pilote très célèbre et possesseur d'un grand musée moto qui tente depuis de lui donner des lettres de noblesse et une authenticité ».

Verdel Sammy Miller moteurLa Verdel "1912" telle qu'on peut l'admirer aujourd'hui au Sammy Miller Museum. Les bouts de tubes blancs obturent au repos les cinq échappements.

On pourrait en rester là, tout en s’interrogeant sur cet « historien moto » détenteur de la photo d’une machine à moteur radial (la R.E.P. ? Mais ses cylindres sont en éventail, pas en étoile). Étonnant aussi ce 147 km/h atteint à Montlhéry, et encore plus étonnant sur le "petit" circuit routier.

Cependant l'histoire continue avec un petit « plus », sur un site britannique cette fois, où l’on peut lire (je traduis à la louche ) : « 1912 Verdel, 750 OHV, Moto Vintage à 5 cylindres en étoile. Moto très rare. Verdel a construit des moteurs d’avions au Royaume-Uni, mais jamais de motos. Packard a construit des motos au R-U et, pour ce que j’en sais, tous deux se sont associés pour construire une telle moto. On ne connaît aucune Verdel originale ayant survécu. Néanmoins, il existe seulement trois ou quatre « fausses » Verdel qui utilisent la même architecture de cadre et le même moteur que l’originale » www.way2speed.com

Alors, quoi maintenant ? Ben, il faut s'attendre à une suite puisqu'il y a encore 3 ou 4 Verdel dans la nature...

                                                                        

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:07

Parcours compliqué que celui de cette marque AUDAX qui apparait ainsi de façon attestée en 1905 (catalogue ci-dessous) avec un palmarès remontant à... 1900. Il n'est pas exclu qu'un (ou des) catalogues Audax aient existé avant 1905, mais cette date semble être une étape importante dans un parcours qui prend naissance à Montluçon pour se terminer à Levallois-Perret, en banlieue parisienne.

En 1899, Paul Labre déposait le brevet d'une "bicyclette à pétrole" qui sera exploitée sous la marque "Lamaudière & Labre - Système Labre", ce dernier ayant trouvé un apport de fonds via M. Lamaudière. Fin 1900, Labre se retire de l'affaire, mais la marque continue d'être exploitée sous son nom de "naissance", y compris en compétition. Elle devient "Lamaudière & Cie" en1902, puis "Lamaudière, Mauger & Cie", alors que le propriétaire en est E. Goslin qui l'a acquise en février 1903. Ce qui lui donne le droit de le proclamer à ses agents sur un papier à lettres à l'en-tête ronflant : "Ancienne Société Lamaudière & Cie, Constructeurs - E. Goslin, Propriétaire".  1904-Audax-couv-catalog065.jpgMais M. Goslin est prisonnier de la "vieille" appellation Lamaudière & Mauger car ses machines sont connues sous ce nom. Il en sera ainsi jusqu'à la crise des immatriculations/ventes qui frappe la moto française vers les années 1907-1909 et emportera vers l'oubli tant de nos marques.

1904-Audax-2-motos062.jpgDes deux motos Audax présentées sur ce catalogue, seule la N° 1, ci-dessus, se retrouve à l'identique chez Lamaudière en 1904. Sur certaines publicités de cette même marque, il est indiqué : "Motocyclettes marchant au pétrole ou à l'alcool".

1904-Audax-moto-1063.jpgAucune photographie d'une Audax à fourche suspendue n'étant connue à ce jour, on ignore de quelle marque était proposé cet "accessoire" dont de nombreux (et divers) types étaient alors présentés sur le marché. 

1905-Mauger-Lamaudiere-T068.jpgUne Lamaudière & Mauger engagée et pilotée par Mauger dans le Tour de France 1905. la comparaison avec l'Audax N° 1 montre bien qu'il s'agit de la même machine.

1904-Audax-moto-2064.jpgOn trouve un équivalent Lamaudière proche de cette N° 2 au départ de la course de côte de Château-Thierry (1902) et dans Paris-Madrid (1903). Ces deux machines préparées pour la compétition se signalaient par une énorme couronne de pédalier et une entretoise verticale reliant le dessus du cylindre au tube horizontal du cadre. Sur la N° 2 ci-dessus, cette entretoise est remplacée par deux autres que l'on distingue, légèrement inclinées, sous le réservoir. La position de la selle, repoussée vers l'arrière est un montage typique des motos de course. Se peut-il que, malgré ses positions "anti-vitesse" développées dans son argumentaire (voir ci-dessous le dernier document), Audax ait proposé une machine de course ?  1904 Audax Palmares066Vendre une machine d'une certaine marque en présentant le palmarès d'une autre marque, il fallait pour celà faire une grande confiance au sens du discernement de la clientèle ! 

1904-Audax-description067.jpg"3000 à 3600 tours par minute" : vitesses invraisemblables en 1905 !

                                                                             

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 14:51

Qui ne serait alléché par cette phrase décrivant un endroit "Où l'on respire un air d'authentique aristocratie infiniment supérieur à l'atmosphère légèrement commerciale d'autres manifestations". Ces quelques mots sur le ouèbe, extraits du texte de présentation du Concorso d'Eleganza Villa d'Este, en Toscane, situent l'ambition de ses organisateurs. Proclamé ainsi le meilleur du monde, ce Concorso fait passer pour des comices agricoles ceux de Pebble Beach (en Californie, sponsor Rolex) ou d'Amelia Island (au Ritz-Carlton, en Floride). En Italie, au bord du lac de Come, les plus belles voitures y rivalisent, donc, d'élégance, et depuis 2012 on a épicé le programmePebble-jury.jpg avec des catégories réservées aux motos. Ce qui était déjà le cas depuis 2010 à Pebble Beach où, conscients que les spectateurs se lasseraient un jour de voir et revoir un match Indian/Harley, ensuite Harley/Crocker, Cleveland/Henderson puis Indian/Crocker et ainsi de suite, ils ont cherché ailleurs. En 2012, c'était l'année des avant-14 en "état d'origine" ce qui, aux États Unis, peut aboutir à présenter "du neuf plus vieux que le vrai vieux". En 2013, le thème a été "la moto française". Pour juger en toute objectivité du résultat, sinon vous allez encore dire que je suis un médisant, allez donc voir l'article de Paul d'Orléans sur http://thevintagent.blogspot.fr/2013/08/pebble-beach-2013-pass-poupon.html qui nous promet pour bientôt l'essai de la seule et unique Majestic 4 cylindres. Unique, ça on veut bien le croire...

Assez bling-bling en blazers à boutons dorés à Pebble (ci-dessus) ou plus "sport" à Este, les jurés savent néanmoins être espiègles. Ainsi en Italie : parmi les douzaines de motos qu'on leur a présentées, ils ont élu à la toute première place - best of show, en langue locale - ils ont élu une moto SOVIÉTIQUE. Pas une moto "russe" non, une vraie rouge, soviétique et (comme disait le regretté Salvador Dali) anti-ca-pi-ta-lissss-tique. Irréfutable : elle est de 1948 !

Russe-drapeau-femme-Capture.jpgUne telle victoire aurait dû se fêter à la façon du bon (euh...) vieux temps par une allégorie du type "L'une de nos athlétiques gymnastes brandit haut l'étendard de la triomphante révolution prolétarienne, emportée par la machine issue de l'imagination féconde de nos meilleurs ingénieurs, confiée à un glorieux champion issu des valeureuses écoles de pilotage de notre grand parti, etc, etc". Montage ambiance concours elegance ville este 2013Point de ces incongruités dans le parc de l'Hôtel Villa d'Este où évoluaient de gracieuses demoiselles entre la présentation des voitures. L'occasion de montrer les créations des meilleurs couturiers surmontées de chapeaux que n'aurait pas désavoué la modiste de la reine d'Angleterre ! Tout le contraire d'une gent canine affichant une exemplaire dignité empreinte de simplicité, en un mot : la classe. (Photos BMW.com

imZ-m-35k 01-copie-1Voici donc cette IMZ de l'Irbit Motozykli Zavod (Usine Motocycliste d'Irbit) qui a accéléré le pouls des cinq membres du jury au point d'éclipser la crème d'autres productions mondiales en compétition. Du même coup elle a également remporté la palme dans la catégories des flat-twins puisque BMW, sponsor de cette réunion, a bien voulu oublier que cette russe (pardon, soviétique) lui devait énormément. Mais c'était il y a bien longtemps, alors il y a prescription sur le délit de contrefaçon... Par ailleurs, on peut s'interroger sur les critères d'élégance qui lui ont été appliqués alors que c'est son intérêt historico-technique qui fait tout le "prix" de cette étonnante machine. (Photo Motociclismo)

IMZ-M35-K-profil-demoiselles.jpgVenue du musée autrichien de Vorchdorf qui présente 99 % des modèles BMW depuis les origines, l'IMZ est du type M35 K, soit 350 pour la cylindrée et K pour Kompressor. Elle vient de recevoir la couronne de lauriers du gagnant alors que sa robe austère est estompée par celles de ses "demoiselles d'honneur". Celles-ci semblent ranimer une lointaine mode féminine, avec un soupçon de soviétisme, toujours en accord avec l'année de la M35 K : 1948. Signalons que le propriétaire de l'IMZ a reçu, outre une médaille commémorative, un magnum de champagne Pommery, autre sponsor du Concorso (c'est que ça coûte ces petites sauteries !). La France était ainsi représentée avec ce breuvage célèbre dans le monde entier sauf que - disgrazia ! - Pommery est aujourd'hui propriété d'un groupe belge...

IMZ 350 moteur gauchePlacé devant le bloc-moteur à soupapes en tête commandées par tiges et culbuteurs, le compresseur du type à palettes dirige le mélange carburé par deux canalisations vers l'arrière du cylindre, là où se trouverait un classique carburateur. On aperçoit ici la canalisation sous le cylindre gauche derrière le tube d'échappement. Même chose du côté droit, bien visible sur la photo précédente.

IMZ 350 moteur droitSelon des informations recueillies chez les Britanniques d'un club féru de machines russes, la M35 K développait 45 chevaux à 6 600 t/minute avec 4,5 à 1 de taux de compression. Elle valait 170 km/h contre 140 à la M35 de tourisme à admission atmosphérique dont elle dérivait. On sait tout sur les machines de l'U.R.S.S. motocycliste avec http://www.cossackownersclub.co.uk/028_spec_sheets_kmzRecord russe moto IMZ-copie-1Proposé récemment sur ebay, un livre avec des illustrations sur le motocyclisme en Russie présentait ce dessin d'une machine vraisemblablement de records. Elle a bien l'allure d'une M35 K, ce qu'un russophone parmi nos lecteurs pourrait confirmer...

Livre moto russe ebay... de même que le titre de l'ouvrage en question.

Dumas-Capture-d-ecran-2013-05-31-a-16.34.19.jpgEn plus du champagne franco-belge, F.-M. Dumas et son ABC de 1922 assuraient une présence 100 % française, ce qui lui a valu la deuxième place chez les flat-twins. Pratiquant ceinture et bretelles, il avait aussi apporté un exceptionnel scooter Honda flat-twin confié pour l'occasion aux mains expertes de Lana son épouse.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 09:21

C'est à dire retrouvé... dans mon ordinateur où je l'avais soigneusement mis au frais pour des temps futurs. Le voici donc ce projet Cazenave de 1965 dans toute sa majesté, et en version, si l'on peut dire, définitive. Étonnamment d'avant-garde si l'on veut bien le rapprocher d'une Honda DN 01 (ou NT 01) dont le "0" du matricule compte plus que le "1" puisque née en 2008 elle est passée à la trappe de façon aussi discrète que rapide !

cazenave Carosserie de Moto-Cyclo en polyethylène thermofoVous l'avez vu chez Alain dans son musée "Tutto Rosso", le voici complet grâce à une photo volée je ne sais plus où. Mais c'est un document exceptionnel dont l'origine doit être signalée. Ce qui sera fait si une bonne âme en connaît l'auteur ou du moins le site, blog ou autre sur lequel il figure. (La réponse est dans l'un des commentaires ci-dessous)

BikeSpecialHonda-DN-01redUn peu moquée à sa sortie, mais aujourd'hui regrettée par certains.  Collector's dans 50 ans ?


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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 13:30

1957 : phénomène de société depuis la fin de la guerre, le scooter en France amorce son déclin. La production de 1956 qui était encore de 118 293 unités, tombe à 90 308 un an plus tard ! C'est le moment de repartir à l'attaque pour Lambretta qui lance une campagne de publicité dans la presse généraliste, rien que ça ! (ici, Paris Match). Le constructeur de Troyes (Saint-Julien-les-Villas) a fait appel à quelques-uns des meilleurs dessinateurs humoristiques de l'époque qui vont œuvrer entre bande dessinée et gags au coup par coup. Cette première demi-page est signée par Jean Pruvost, celui-là même qui travailla pour Moto Revue dans les années 30 et dont on a parlé récemment à propos de Daniel Rebour. 

lambretta Pruvost TOUT BON

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 15:37

Au printemps 1900 fut organisée une course de motocycles (tricycles) sur le parcours Paris-Roubaix avec départ à Saint-Germain. La France Automobile n° 32 nous en apprend de belles sur cette épreuve calquée sur le modèle cycliste. Les meilleurs « chauffeurs » du moment dont Béconnais, Osmont, Marcellin, Girardot, Baras, Fournier, Demester, etc, s’y étaient engagés, attirant une grande assistance de sportifs. Au carrefour de la Croix-de-Noailles, environ deux cents personnes, assises ou debout, s’étaient massées avec une cinquantaine de bicyclettes couchées au pied de la croix, à l’extérieur de la courbe décrite par la route. Les premiers motocyclistes étaient passés sans encombre lorsqu’arrivèrent presqu’ensemble le n° 13 Martin qui prit le virage un peu à l’extérieur et le n° 7 Lerod (alias Dorel) qui voulut le dépasser. L’abordage eut lieu juste un peu avant la croix et les deux motocycles, accrochés l’un à l’autre, roulèrent dans la foule à l’extérieur du virage, causant plusieurs accidents. Mme Bos,femme du député de la Seine eut une double fracture à la jambe et M. Bichler fut également blessé. Quant aux motocyclistes, Martin eut la clavicule cassée et de fortes contusions, et Lerod « presque rien ».

Les étapes suivantes se déroulèrent sans autre incident à part une « chute magistrale » du vainqueur, Baras, qui « prit mal son virage » à son arrivée sur le vélodrome de Roubaix.

Tricycle-fantaisie057.jpgOn peine à croire que cet homme pouvait se transformer en écumeur de routes !

L’affaire de la Croix-de-Noailles devait avoir des répercussions devant les tribunaux car Charles Bos, député de la Seine, se porta partie civile devant le tribunal correctionnel. De son côté, le préfet de Seine-et-Oise fit dresser contravention aux vingt-deux coureurs (…) contravention « basée sur ce fait, dûment avoué, que tous ces chauffeurs ont circulé à des vitesses supérieures à celles prévues par les réglements de circulation ».

On ignore ce qui a résulté de l’action en justice du député Charles Bos, mais les pouvoirs publics n’étaient alors guère enclins à la clémence. Surtout lorsque la femme d'un député était en cause. Ils ne le seront pas plus quelques années après ainsi que le rapporte un écho de La Locomotion Automobile du 18 septembre 1902. Devant le tribunal de simple police du palais de Justice à Paris comparaissaient une vingtaine de chauffeurs pour délit d’excès de vitesse.

"Le juge aveugle et sourd, écrit La Locomotion, comme le Destin, frappait à tour de bras et tout le monde a écopé ferme. Osmont y est allé de deux jours de prison sans sursis et Bucquet de trois jours. Tout le monde a eu ses trois ou deux jours". On s'en tire plutôt bien, nous avec nos "simples" retraits de points. Surtout maintenant que les prisons sont encombrées. 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 17:26

Dès qu'on a passé le seuil, le rouge pique les yeux. Ce n'est pas un rouge tomate ou vermeil, rubis ou garance, non, c'est un rouge... un rouge... tiens, c'est un rouge Ferrari ! Pas étonnant puisque cette couleur c'est celle des Morini, Ducati, Guazzoni, Fratelli Boselli (Mondiali) ou autres... Emmevi, alignées en rangs serrés (trop) dans le musée d'Alain. Puis on s'habitue. L'œil s'accommode et on voit que dans ces rouges il y a d'autres machines aux couleurs moins flamboyantes et d'allure plutôt frêle. Et pour cause car ce sont des cyclomoteurs. Pas n'importe lesquels mais la noblesse dans cette cylindrée : des 50 à vitesses ! À vue de nez, je dirais une petite centaine mais je me trompe sûrement.

Plan généralSurplombées par trois moto leggera italiennes, de gauche à droite : MV 250 bicylindre, MV 175 Disco Volante, Motobécane Sport, Peugeot Bol d'Or, Terrot (Type ?). Ensuite cinq autres motos non identifiées, soit le vingtième environ des "motos-motos" réunies par Alain en plus des cyclos. Indispensable avec tous les deux-temps de cette collection, le distributeur Shell de mélange à l'arrière-plan.

Queue de tigreAlors que le concurrent Esso est abondamment représenté ici et là par la célèbre queue de tigre en pure matière synthétique. Collector's !

Paloma pin up bisLa maîtresse des lieux règne sur une écurie de Paloma qui plonge le visiteur dans le meilleur des années "Yé-Yé". La Paloma Super Flash devenait l'Idole des Jeunes avec Johnny (et Sylvie), réunis tous trois dans le film "D'où viens-tu Johnny", un nanard garanti de toute première qualité.mascotte fuséeOn enjolive à tout va et un avion à réaction en mascotte sur le garde-boue avant peut vous faire gagner  ≤>œ +!•# !§¶  kilomètres/heure. Au moins !

Morini & LouisSur le podium, un Morini 50 Corsarino, "cyclo" à l'italienne, c'est à dire traité comme une moto que ce soit dans le moteur (kick et vitesses par sélecteur au pied) ou dans les suspensions.

Morini Corsarino 50Toujours en Corsarino, on peut préférer un modèle encore plus sport (selle avec dosseret) et  décoration de réservoir différente.Morini-en-file-BON.jpgMorini savait aussi faire plus gros que des "tasses à café", tel ce 150 cm3 de 1957, mais toujours aussi esthétique et racé que ses 50…

MV 125 TourismeM.V. Agusta est plus connue pour ses 3 et 4 cylindres de course, mais en plus petite cylindrée d'usage "courant" elle n'avait pas à... rougir de ses productions. La partie arrière du cadre est en tôle emboutie comme sur toutes les M.V. de tourisme, la 600 quatre cylindres exceptée.

Rouge et rougeSur fond de 175 MV Discovolante, (surnommée ainsi d'après la forme de son réservoir) une autre moto rouge bien connue.

Itom SerresL'Itom 50 "Competizione" du Français Jean-Claude Serre qui fit le podium lors de la course nationale disputée dans le cadre du G.P. de France à Charade en 1961.

Itom logoLa machine de route est plus discrète, mais la marque et le type sur le réservoir ne passent pas inaperçus !

Ceccato 80 1955Une petite bombe de 1955, le 80 cm3 Ceccato. La marque existe toujours et "vous offre une large gamme de solutions d'air comprimé s'adaptant à toutes vos exigences spécifiques". Cette phrase est extraite de la présentation actuelle de l'entreprise sur internet, à voir : http://www.ceccato-compressors.com/fr/. On est loin des deux-temps rageurs qui battaient des records dans les années 50.

Torpado BONChez Alain, on voit des marques dont le nom a l'air d'un gag ou d'une faute d'orthographe. De celle-ci, personne n'a jamais parlé, ni écrit le nom  dans une revue. Me trompè-je ? Ben, il semble que oui... parce que Torpado est bien vivant et habite sur le ouèbe où il propose des bicyclettes en tout genre et de toutes tailles, pour le minot, la demoiselle ou l'athlète. Plus de moteur, enfin si, mais électrique. Pourtant leur adresse, à Cavarzere où ils sont installés, c'est rue... Enzo Ferrari. De quoi donner des idées...

MV 175 ACT cuisine bocaux BONDu rouge jusque dans la cuisine (d'où les bouteilles et bocaux de confiture...). Mais une 175 M.V. double-arbre CSS avec fourche type Earles mérite des égards particuliers. Et la détailler en dînant est un spectacle qui vaut largement celui du JT à la télé. La tige métallique en travers du carter-moteur protège la magnéto extérieure dont on distingue le capot noir. Rare dans la production transalpine, la commande des ACT s'effectue par une chaîne.

MV moteur 2 actLe côté transmission secondaire de cette double-arbre est plus dépouillé. On regretterait presque la mode du double-échappement qui sévissait dans les années 30. C'est sur une machine de ce type qu'un certain Mike Hailwood remporta ses premiers succès. Est-ce la raison pour laquelle de honteuses répliques circulent... aux États-Unis ?

Parilla 175 de 1957Une 175 Parilla "Lusso Veloce" de 1957 dont le type de moteur est détaillé ci-dessous. Elle domine une rouge gauloise (Guiller ?) trahie par son rondouillard réservoir Mottaz, sa selle Aurora et ses poignées Saker.

Parilla 175 moteurUn autre moteur de Parilla avec vue sur le côté de la distribution bien particulière à cette marque. Velocette et Vincent ont également utilisé une distribution dans le même genre (arbre à cames surélevé) mais sans pignons en cascade comme on les voit ci-dessous. Le but est d'obtenir des tiges de commande des soupapes les plus courtes possibles afin d'éliminer les problèmes dus à l'échauffement. Sur des motos des années 30 dont les tiges restaient à l'air libre, il arrivait de perdre l'une d'entre elles, déformée sous l'effet du "flambage" du métal...

Parilla-pignons.jpgJ'ai cherché partout dans les livres et sur la toile une description sur le fonctionnement de cette distribution dite "surélevée". Je n'ai trouvé que cette photo (origine ?) d'un moteur en cours de restauration et qui permet de tenter une explication. Le pignon le plus élevé de ce train de pignons porte un arbre à cames (flêche). Ces cames agissent sur deux courtes tiges en V (protégées ici par des petits soufflets) qui actionnent deux culbuteurs devant et derrière la culasse hémisphérique. J'ai bon là ? 

Mondial 125 culbutée 1957F.B Mondial 125 de 1957. Machine de route à distribution par de "raisonnables" soupapes en tête commandées par tiges et culbuteurs...

Mondial logo... mais la marque (en dehors de ses racers) est capable de faire beaucoup mieux à l'intention du simple sportif...

Mondial 2 act... avec un très beau 200 cm3 double-arbre dont le kick s'actionne d'arrière en avant, détail caractéristique des Mondial. Le sélecteur à double branche est aussi une spécialité des marques italiennes. Sans doute pour ne pas risquer d'abîmer les escarpins des ragazzi. (Note du 29 octobre 2013 : Rectification fournie par la plus haute autorité compétente - à savoir Dominique Martin, président de l'Ital-Club de France - ce double-arbre est un simple culbuté ! Ce qui me console, c'est que je ne suis pas le premier à m'y laisser prendre...)

TarboNées Ital-Motor, les Tarbo 50, 125 ou 250 de 1967 sont dues à la collaboration de Leopoldo Tartarini avec le tchèque Jawa-CZ. Leur nom est tout simple : TARtarini-BOlogne (lieu de construction). Le modèle ci-dessus à gauche est équipé du deux-temps monocylindre CZ 125 de 8,5 ch. Les Ets Poch qui l'importait en France le proposaient à 2 400 F au début de 1967, prix ramené à 2 050 F pour le Salon. La Jawa 125 "d'origine" vendue chez le même importateur était à 1850 F.

by-Caferacerclub.org-TER86922110.jpg On apprécie mieux ici l'allure sportive de cette Tarbo dont le dessin du réservoir frôle l'œuvre d'art. Tartarini a toujours soigné la présentation des machines qu'il "remodelait", entre autres, Velocette-Indian, Grifon 650 Triumph ou Royal Enfield.

Louis et DidierD'une amabilité confondante et toujours disponible, Alain (à gauche) répond à toutes les questions subsidiaires des visiteurs.

MV 250 TourismeDerrière la Discovolante au premier plan, la MV twin 250 ou 350 à soupapes en tête paraît bien banale avec sa robe noire et, surtout, ses airs de faux deux-temps. La tendance était alors d'offrir un bloc sans la moindre aspérité, bien lisse, afin d'effacer l'image de la moto sale et compliquée... Le scooter offrira l'alternative avec les conséquences néfastes qu'on sait sur la construction motocycliste.

MV moteur twinTwin 250, ci-dessus ou mono 175, ci-dessous, le dessin général du bloc-moteur culbuté des M.V. est identique. Une 350 sera ensuite dérivée de la 250 par simple augmentation de l'alésage de cette dernière.

MV 175 maybe moteurDans leurs ultimes versions, vers 1975, les monocylindres M.V. arboreront des lignes tranchantes, tout en angles : la mode avait changé sous le crayon du célèbre styliste Giugiaro. Et le sélecteur y avait perdu l'une de ses branches.

MV 4 F4 BONAlain n'est pas confit dans l'admiration de ses merveilles des temps passés. En témoigne cette M.V. 4 cylindres F4, bien contemporaine et une autre 4 cylindres un peu plus ancienne et avec laquelle il a couru.

MV 49 9 enfantLe clou de la collection de M.V. !Guidon italien

Le guidon sport  à l'italienne comme chacun en a voulu un, ou se l'est fabriqué avec plus ou moins de réussite, pour sa moto ou son cyclo.Motobécane Camus 2 actLa 175 double ACT de Marcel Camus lointainement dérivée d'une Motobécane et recueillie par Alain. Elle a déjà été présentée ici dans un article du 15 mai 2013.

Motobécane 2 moteursDans un coin de l'atelier, deux culbutés de Motobécane en attente d'une restauration.

Paloma et pin upElles ne sont pas trop de deux pour surveiller ce troupeau de Paloma (8 ? 10 ? plus ?) dont, au fond, une Flash Super Strada identique à celle de Johnny...

Johnny et Sylvie... vénéré ici comme il se doit en tant qu'idole des jeunes en compagnie de Sylvie Vartan et de la Super Flash !

Johnny Paloma 0000404663-001Johnny-d'où-viens-tu prêt à filer au guidon de sa Paloma. Sur le réservoir, la mallette pleine de drogue qui va lui valoir bien de ennuis par la suite. La queue de bestiole qui orne l'antenne fixée sur le porte-bagages derrière lui n'est pas une fantaisie de cinéma, mais une mode (le film est de 1963) qui a précédé, et peut-être inspiré celle du tigre Esso (campagne de pub lancée en 1965).

Paloma FlashEncore une Paloma mais avec un détail qui signale bien son époque. Outre "Les Chats Sauvages" avec Dick Rivers, il y a, accroché au repose-pied, un appareil photo que tous les Bidasses des années 50/60 ont connu. C'est un Photax III Blindé, le seul qui était proposé dans les foyers de l'armée française aux appelés et rappelés en Afrique du Nord.

Photax blindéIl devenait "Blindé" par l'effet du bouchon d'objectif qui est ici au repos, enfoncé dans le rabat du sac "Tout prêt". Pendant le transport, appliqué sur l'objectif, il protégeait le déclencheur afin d'empêcher une prise de vue intempestive (deux diaphragmes et 3 vitesses  : 1/100è, 1/25è, pose)

Giulietta1965 : le cyclomoteur se rapproche de plus en plus de la moto comme cette Giulietta Sport GSS 4 au moteur refroidi par turbine. Le "4", c'est pour 4 vitesses commandées par sélecteur au pied. La merveille avait un prix : 1480 F + Taxe Locale, soit 100 à 200 F de plus que la concurrence équivalente. Et les 50 japonais pointaient déjà leur nez...

Etoile garde-boueEncore un enjoliveur qui devait faire gagner de la vitesse. Attendrissant, tout de même.

Paloma en tasEn bleu, en rouge, en vert, en gris, toute la palette sur ces Paloma dans une vitrine de rêve qu'aucun motoriste n'aurait pu présenter en magasin il y a 50 ans. 

Johnny soloJohnny toujours présent.

Beta-bleue.jpgPeu connue jusqu'à nos jours, Beta a fabriqué des bicyclettes depuis les années 1900 jusqu'à la fin des années 40. Puis il abordé la moto sans oublier de passer par la case cyclo. Son 50 à turbine de refroissement est, comme de juste, traité en vraie moto avec, entre autres un cadre double-berceau complet. Aujourd'hui, Beta s'est fait un nom dans la machine de trial, d'enduro, de cross et l'inévitable scooter. 

Louis-solo-BON.jpgAlain est particulièrement fier de son Super Vap 50 Special Monneret à moteur Sachs 3 vitesses. C'est avec un exemplaire de ce type que Georges Monneret réalisa son raid Dunkerque-Monte Carlo avec son épouse en duo et son fils Philippe dans une remorque.

Cazenave-carenage.jpgPièce unique que cet étonnant carénage en plastique qui aurait dû devenir un cyclo Cazenave. Il y avait encore en France des gens qui croyaient à un avenir de la moto, mais ce n'étaient pas ceux qui se vantaient d'être "le premier constructeur mondial de motorisés". 

Fuchs réservoir logoChez Alain, on fait sans arrêt des découvertes comme cette marque peu(in)connue, Fuchs, constructeur de cyclos qui montait le moteur Sachs 50 (En Suisse ? En Autriche ?).

Cyclos-en-ligne.jpgVoici la moitié environ de l'une des "ailes" du musée qui a son pendant tout aussi garni le long du mur d'en face. Entre les deux, un vaste plateau de "divers" dominés par les Corsarino présentés sur les premières photos.

Norton John PLayerLe choc est rude entre les "tasses" et ce produit d'une industrie britannique pure et dure. Le frein à disque monté ici sur le bras gauche de la fourche doit fournir une indication concernant le modèle et l'année. Celui qui connaît... Ducati pignonDans un coin de l'atelier (chez Alain les coins foisonnent), une partie de culasse Ducati qui espère des jours meilleurs.

 

Parilla bleueIl est connu qu'Ettore Bugatti accordait beaucoup d'importance à la sonorité de l'échappement de ses voitures. Les deux mégaphones de cette Parilla ne doivent pas (pas que) leur présence à l'amélioration des performances... 

Mondial 175 courseUne 175 Mondial de 1958 destinée à la course ou à la route ou encore à l'entre-deux...

Mondial echpt libre... grâce à un échappement que l'on peut libérer à volonté par la magie d'une manette, d'un câble et, au bout, l'accessoire prévu pour. Parions qu'en Italie, c'était un ustensile "réservé à la compétition". Tiens, ça rappelle quelque chose.

Norton ManxBSA twins, Norton Manx, Norton 88, une autre Norton, une Velocette et toutes celles qui ne sont pas photographiables car trop proches les unes des autres : Alain a aussi bon goût pour les "grosses" que pour ses 50. 

Demoiselle-chapeau.jpgEt on se quitte sur des adieux à "Miss Satam" préposée au volucompteur distributeur de mélange Esso.

Musée Lhoumeau entréeMUSÉE MOTOS ET CYCLOS à GENSAC-LA-PALLUE 16

(entre Cognac et Gensac) - Visites sur rendez-vous au 05 45 35 91 83

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 17:12

Juste pour le plaisir d'une belle photo, d'une belle moto et du premier des grands pilotes d'après-guerre !

Duke-Gilera-0a0abb491538c1a26e4395a6c4474260.jpg

(Origine : Bikermetric, sans doute au T.T.)

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 15:15

Dessinateur doué et sans doute autodidacte (*), lecteur de Moto Revue anciens et visiteur de ce blog, B. Vélo a trouvé dans un numéro de sa revue préférée de quoi lui inspirer une courte bande dessinée. J'avais ces planches sous le coude depuis le 1er juin, mais B. Vélo les avaient aussi envoyées à Moto Revue Classic. Cet illustre magazine les ayant publiées, les visiteurs de Zhumoriste peuvent  désormais en profiter à leur tour. Ceux qui préfèrent la version-papier trouveront cette bande dans MR Classic numéro 70, daté septembre-octobre.

(*) Vous avez remarqué, j'aurais pu parler de dessinateur MOTOdidacte, mais depuis que le titulaire de ce titre national s'est livré aux déclarations ignobles qu'on sait, il a salopé l'expression.

En-1956-1A-BON.jpg

En-1956-1B-BON-copie-1.jpg

En-1956-2A-BON.jpg

En-1956-2B-BON.jpg

Voici maintenant la source d'inspiration de B. Vélo :

    " Lorsque Dupont ouvrit les yeux, le cadran lumineux de la pendule marquait dix heures. Dupont aurait dû normalement être au travail depuis longtemps déjà, mais ce jour-là, par exception, il avait pu obtenir un congé et, en cette occasion, il pouvait se permettre de retarder quelque peu le moment, toujours désagréable, où il faut enfin se décider à quitter son lit, il actionna dans l'ombre le bouton de la T.S.F., la voix lointaine se mit à parler, et les échos publicitaires envahirent la chambre.

     À l'aéro-gare la publicité ! pensa Dupont qui, d'un geste brusque, arrêta l'appareil pour ensuite appuyer sur un commutateur placé près de la porte d'entrée : aussitôt, la lumière du jour pénétra à flots par une sorte de diffuseur suspendu au plafond. La chambre de Dupont, une pièce de dimension assez réduite, ressemblant plutôt à une cellule, ne possédait pas de fenêtre, car, à 30 ans, Dupont n'avait pas encore une situation suffisamment élevée pour pouvoir, dans l'un des énormes cubes de béton armé composant la ville, se permettre d'habiter un appartement donnant sur l'extérieur.

     Il se leva, fit une rapide toilette, s'habilla de cuir, puis, ayant avalé sans appétit quelques unes de ces pilules qu'un Professeur Thing avait inventées quelques années auparavant pour remplacer tous les aliments, il prit son casque, ses lunettes, ses gants, puis sortit.

     Un dédale de couloirs, des chemins roulants et une série d'escaliers mécaniques l'amenèrent dans un hall aux proportions colossales où des motos étaient rangées par centaines.

     D'un seul mouvement de la main droite actionnant la poignée tournante, Dupont fit démarrer sa 8 cylindres spéciale, franchit une porte, et pénétra dans un long tunnel qui, au bout d'une dizaine de kilomètres couverts en quelques instants, le conduisit au grand jour. Là, toute plate, toute nue, toute droite, bordée de cultures intensives et industrielles, une route s'étendait à perte de vue, sur laquelle, couché sur le réservoir de sa machine, Dupont s'élança comme une flèche.

     Après avoir parcouru 150 kilomètres en 45 minutes, il aperçut enfin à l'horizon un arbre, puis deux, puis toute une forêt. Un moment après, il stoppait devant une barrière blanche, laissant sa machine dans un grand garage, et ayant versé au guichet une quantité de francs qu'il lui avait fallu bien longtemps pour économiser, il prit possession d'une vieille moto datant d'une bonne vingtaine d'années.

     Peu familiarisé avec cette ancienne mécanique, il réussit,  non sans quelque difficulté, à faire "parler" l'ancêtre. Le démarrage s'effectua avec une souplesse toute relative, et Dupont s'engagea, entre deux rangées d'arbres, sur une petite route sinueuse et charmante, une de ces délicieuses petites routes du temps jadis, qui serpentait au gré de leur fantaisie au milieu des prés, grimpant les collines, plongeant dans les vallons, franchissant de temps à autre un ruisseau sur le dos cahoteux d'un vieux pont de pierre.

    Dupont aurait pu croire se trouver au paradis terrestre, il se trouvait simplement au milieu de ce territoire qui, par décision officielle, se trouvait conservé soigneusement dans le même état depuis plus de quinze ans, et où l'on pouvait, moyennant finances, se retremper pour quelques heures dans la vie d'autrefois.

     Après avoir roulé à allure réduite, par monts et par vaux, pendant un bon moment, Dupont s'arrêta devant un restaurant en plein air. Installé sous une tonnelle au bord de l'eau, il savoura lentement le plaisir d'un vrai déjeuner, prit part aux ébats et aux cris de la jeunesse, se coucha dans l'herbe où, fermant les yeux, il se remémora avec attendrissement ses débuts de motocycliste, en l'heureux temps où, dans le side-car paternel, on parcourait à l'aventure les forêts et les campagnes, où l'on pestait parfois contre ces braves motos qui n'avaient pas toujours bon caractère, mais qu'on aimait bien malgré tout, et sur lesquelles on rentrait le dimanche soir, fatigué, poussiéreux, mais joyeux quand même et plein d'entrain pour toute la semaine.

     Mais, hélas ! l'heure s'avançait, bien trop vite au gré de Dupont qui dut enfourcher de nouveau la vieille moto et prendre le chemin du retour.

À la barrière, l'impressionnante 8 cylindres, la dévoreuse de kilomètres, toujours prête à bondir, jamais en panne, attendait son propriétaire.

Dupont poussa un soupir résigné, regagna la grande route plate, toute nue, toute droite à perte de vue, puis vers la gigantesque cité triste et uniforme, vers la ville-prison et son existence factice, il lança son bolide à 200 à l'heure.

                                                                 R.W. BERNICK (Moto-Revue du 18 juillet 1936)

On n'en est pas tout à fait là mais presque si on pense aux trials et aux moto cross "indoor".

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