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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 18:51

 Lorsque la guerre éclate, Georges Monneret a 32 ans et il n'est plus question de compétition. Dans son livre "Vive la Moto", il parle sans détours de ce qu'il a fait durant l'Occupation : "Le matériel était rare. Les motos comme le reste. J'ai utilisé les relations que j'avais pour faire... du marché noir. Mais moi je l'avoue sans honte quand tant d'autres ne veulent plus s'en souvenir".Monneret 1942687Les occasions de rouler à moto sont alors rarissimes et lorsque Georges est invité en 1942 par Paris-Soir à participer à une course sur le trajet  Vincennes-Porte Maillot il est trop heureux de sortir son side-car René Gillet. Ses concurrents sont, de gauche à droite : dans le fiacre Jane Sourza, une célèbre vedette du music-hall et de la radio ; Georges Milton, chanteur et acteur qui prendra le métro ; Georges Speicher, champion de France cycliste 1939 ; Beaudouin et Poirot, deux coureurs à pied et enfin le marcheur Parizet. Il semble que cette photo soit le seul témoignage de l'événement dont on ne connaît malheureusement pas le déroulement ! Pendant ces années, il a également pu tourner avec sa Velocette pour le plus grand plaisir d'écoliers invités au Vélodrome d'Hiver par Paris-Soir le grand quotidien parisien. "Je leur ai fait un peu peur, dira t-il plus tard, mais ne m'auraient-ils pas appelé froussard s'il avaient su que je n'étais qu'en première... ? J'étais au maximum de vitesse sur la piste !".   

Toujours attiré par le monde du spectacle - il aurait voulu être artiste de music-hall - il invite beaucoup de monde à Bourg-la-Reine où il habite. On y voit Mistinguett ou Edith Piaf qui vient avec Paul Meurisse, Marcelle Bordas la chanteuse à grosse voix, les duettistes Charpini et Brancato mais aussi des sportifs comme Jules Ladoumègue, Georges Carpentier ou encore Charles Rigoulot "l'homme-le-plus-fort-du-monde", tout juste sorti d'un stalag. Un jour, il trouve un garçon qui tourne autour de la Velocette qu'il a rapportée de son magasin de Montrouge pour la montrer à ses amis. Georges engage le dialogue : Qui es-tu, un petit copain de mes fils, je parie. - Non, monsieur Monneret. Je livre la charcuterie pour ma mère. - Ça te plaît la moto ? - Oh oui, alors. Comment t'appelles-tu ? - Alain Delon.

Ces relations (hormis Delon...) ne seront pas ingrates et Georges fera appel à eux et à d'autres au lendemain de la guerre lorsqu'il reprendra la course mais, surtout, lorsqu'il se lancera dans des opérations largement médiatisées. Car il est conscient, l'un des premiers coureurs motocyclistes français, sinon LE premier "qu'un pilote peut se servir de sa notoriété pour faire 'mousser' la moto au lieu de se cantonner strictement dans le domaine de la course et... du cambouis" (in Vive la Moto). Ainsi, pendant les quinze années suivantes il va courir pour engranger les titres de Champion de France tout en enchaînant par ailleurs les "coups de pub". Cependant, sauf dans de rares cas, ce sera une promotion au bénéfice de marques étrangères - qu'il représente dans ses magasins - tant les constructeurs français sont timorés pour ne pas dire plus. Il gênera aussi une Fédération motocycliste inféodée au tout-puissant Automobile Club de France, son organisme de tutelle. Au sein de cet ACF, la Fédération est représentée par une minorité de clubs et une majorité de constructeurs : ainsi tout est bien verrouillé. Monneret-1947-ajs-twin666.jpg

Les années 1946-47 lui sont peu favorables car en courses il enregistre casse sur casse, parfois avec des motos d'emprunt. Avant la guerre, il a couru sur des Monet-Goyon qui ont perdu leur compétitivité face aux machines anglaises, tandis que la (ou les ?) Jonghi ont disparu du paysage. À son tour, comme les autres vedettes de l'époque, les Loyer, Houel et autres Cauchy ou Lhéritier convertis aux Velocette, il doit se tourner vers les anglaises. On le verra parfois sur des Velocette, mais la marque de sa vie sera AJS. C'est pourtant avec une 250 Guzzi que le 23 octobre 1947 il renoue avec Montlhéry, haut-lieu des records européens. En compagnie de deux pilotes anglais, Thomas et Anderson, il s'attaque sur la machine de ce dernier au record des 24 heures. Une panne mécanique stoppe la tentative à la quatrième heure. Leur moyenne s'établissait alors à 140,809 km/h. 

En 1948, sa connaissance de l'anneau de Montlhéry est mise à profit dans des records que tente AJS avec une 500. Le 12 novembre, en compagnie de Jock West et Leslie Graham, il va battre les records de 2 à 4 heures à des vitesses allant de 178 km/h à 172. Comme ces 6 records (avec les distances intermédiaires) sont valables dans les catégories 500, 750 et 1000, cela fait 18 records au total. Leur machine était la "Porcupine", toute nouvelle bicylindre double ACT à moteur horizontal. Au prix d'un photomontage éhonté (ci-dessus), Moto Revue présente Georges au guidon de cette machine dans son numéro du Salon de... 1947, un an avant les records auxquels il allait participer ! En réalité, la photo faite à la sortie du paddock du Tourist Trophy est celle de Leslie Graham, l'un des rares pilotes à démarrer leur machine en la poussant du côté gauche (en France, c'était le cas de Georges Houel). Le casque est celui de Graham, seul le visage est bien celui de Monneret, découpé et inséré à la place de celui de l'Anglais. Petite supercherie dans le but de soutenir Georges le nouvel importateur... des AJS "pour la France et les Colonies".

La compétition, c'est une chose, mais faire parler de soi dans les titres de la presse non-spécialisée en est une autre. Georges Monneret va réaliser le premier des exploits qui émaillent une carrière que l'on dirait aujourd'hui "sportivo-médiatique" et pour ça il ne va pas se servir d'une Velocette ou d'une AJS mais de la plus simple, la plus humble, la moins chère des 125 françaises : une Motobécane D45 !

Monneret 1948 Tobec dépa669  

 

 

 

 

Le but de l'opération était de rallier Paris à l'Alpe-d'Huez en moins de temps que ne mettent le train et l'autocar, soit 670 km à couvrir en moins de 15 h 30. Le départ de Georges accompagné de Pierre et Jean ses fils jumeaux s'effectue devant la brasserie Le Terminus à la Porte d'Orléans. Il est donné le dimanche 1er février à minuit par le champion Marcel Cerdan (à gauche) au milieu d'une foule de badauds et de nombreux pilotes amis de Georges dont Houel, Lhéritier, Perrin, Giraud-Cabantous l'illustre champion de Talbot. La presse doit vérifier le sérieux de l'aventure et on note la présence de l'envoyé spécial de Moto Revue, le dessinateur-reporter-essayeur Daniel Rebour, toujours impeccablement coiffé (à droite). Nebout (alias Tano) représentait la revue Motocycles. L'assistance technique est assurée par un camion que conduit le chef-mécanicien de Monneret, le grand Robert Aumaître (à gauche, casquette). Trois autres voitures transportent les journalistes qui suivront la performance.

Monneret-1948693.jpg Deux heures plus tard, la caravane stoppe à Joigny (Yonne) dans la nuit noire. On perd 5 minutes pour un changement d'ampoule de phare sur la Motobécane de Georges. Tandis que Georges se restaure rapidement, Aumaître (à droite) s'est déja sali les... mains. Daniel Rebour, au centre, fait celui qui n'a rien vu...

Monneret-1948-Georges694.jpg Il ne pleut pas mais la route restera trempée tout le long du parcours. Le jour s'est levé, Georges file bon train et esquive un sourire à l'adresse du photographe René Pari qui suivra les trois hommes jusqu'au terme du voyage. Ses clichés seront réunis en albums offerts à quelques amis.Monneret 1948 Alpe d'Huez593

Lyon vient d'être dépassé, un peu de détente pour Georges et ses fils sur une route dégagée. Derrière, dans le camion, Aumaître veille au grain. Le prochain arrêt est à Grenoble où on rendra visite au "Palais de la Moto", d'André Chevallier (dit "la Bonbonne"), agent de Motobécane. (Archives F.-M. Dumas)Monneret 1948 Grenoble679Encore plus redoutables que la neige à venir, les pavés et les rails de tramway en traversant Grenoble.

Monneret 1948 Bourg St M680

Monneret 1948 Motobécane 125 D45 r#88C9B2 

 

 

 

 

 

 

Après Grenoble, direction la route des Grands Cols vers Vizille, la vallée de la Romanche. Bourg d'Oisans est atteint à 12 h 50. Plus de 600 km ont déjà été parcourus. La route est encore praticable, mais la neige est de plus en plus présente.

Monneret 1948 Motobécane 125 D45 r#88C926

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un chasse-neige bloque toute la caravane sur la route de l'Huez. Le seul à pouvoir passer entre l'engin et le mur de neige est Jean Monneret. Il en profitera pour lâcher tout le monde et ne sera pas rejoint (Archives F.-M. Dumas).

Motobecane-1948--125-D45-r-88C585.jpg

Le but est proche et ce qu'il faut éviter à tout prix c'est la gamelle dans cette neige fondue, alors on rame !

Monneret 1948 Motobécane 125 D45 r#88C927    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les chalets de l'Alpe d'Huez sont en vue, mais bien qu'il se soit "allégé" de sa tenue d'hiver, Georges ne pourra rattraper son fils Jean (Archives F.-M. Dumas).

 

Monneret 1948 Motobécane 125 D45 r#88C928

Enfin c'est l'arrivée, comme "c'est écrit dessus" et les trois aventuriers posent pour la postérité. Mission accomplie : ils ont couvert les 670 km en 13 h 45, soit 1 h 45 de moins que le train/autobus. Un tout jeune Georges Burggraf (à gauche) est venu les voir de près, mais d'autres pilotes étaient là aussi pour les fêter : Hordelalay, Chevallier. Le champion italien Francone viendra même les féliciter au guidon d'une Sertum, marque dont Monneret prendra la représentation en France (Archives F.-M. Dumas).  Monneret 1949 Sertum Bol d'or594

Gagnante de la catégorie 250 du Bol d'or 1948 et 4ème au classement général avec l'Italien Benzoni, la Sertum avait de quoi tenter Monneret. Avec son fils Pierre, il va s'engager sur ces prometteuses et élégantes italiennes dans le Bol d'or suivant. Lui sur unesetum culbutée (ci-dessus) tandis que Pierre pilotera la latérales (ci-dessous) de la marque, toutes deux en catégorie 250. Hélas ! il était dit que le Bol d'or était une épreuve maudite pour Georges. En 1949, pas plus que dans sa tentative d'avant-guerre il ne verra l'arrivée. Des quatre Sertum qui ont pris le départ, c'est celle de Pierre - la moins puissante - qui tournera le plus longtemps, jusqu'à la 21ème heure. Son père était deuxième au général au bout de 4 heures de course lorsqu'il rentre à pied, poussant sa machine : soupape grillée. Il repart après réparation mais l'incident se renouvellera à deux reprises et c'est l'abandon à la 15ème heure. Les deux autres Sertum - des culbutées - aux mains de Benzoni et de Francone s'écrouleront elles aussi (culbuteurs, soupapes, embiellage) quelques heures avant que Georges ne s'arrête. La photo couleur ci-dessus de la 250 Sertum VL ( Valvole Laterali = soupapes latérales) vient du site : oldmotormarket.it/sertum.html

Monneret-1949-pneu-mostr690.jpg

Artiste de music-hall refoulé, Georges avait toujours une idée pour amuser le public (et les photographes) en toutes circonstances comme ici au Salon de 1949.

En 1950, Georges entame l'année par un grand coup : Paris-Moscou sur une bicyclette Olympia équipée d'un 50 cm3 ! Ce moteur est un CICCA (Compagnie Industrielle et Commerciale du Cycle et de l'Automobile) deux-temps à transmission par galet sur la roue avant. Pendant 144 heures, et sous le contrôle de la F.F.M., Georges et ses fils se relaieront sur un trajet qui fait... le tour de Paris par les ...

Monneret 1950 Olympia trio 1Monneret-1950-Cicca-moteur667.jpg ... boulevards des Maréchaux et ses redoutables pavés ! Les étapes sont prévues toutes les deux heures pour le ravitaillement des hommes et de la machine dans les trois magasins de Monneret : Paris-Sud, à Montrouge ; Paris-Centre, bd Beaumarchais tout près de la Bastille et Paris-Nord, rue de Tocqueville. Chacun des pilotes effectuait une ronde de 8 heures et, démarrée le 21 mars l'épreuve s'arrêta le lundi 27 à 14 h 30 devant le magasin Monneret de la Bastille cerné par une foule de curieux attirée par les grands calicots en façade annonçant les péripéties de l'aventure. 3088 km avaient été parcourus, soit la distance Paris-Moscou. 6 jours et 6 nuits à la moyenne de 21,400 km/h. Georges Monneret fera état de cette performance dans ses publicités, mais pas les Ets CICCA qui avaient leur propre ensemble Vélorêve motorisé avec leur 50 cm3 (Archives F.-M. Dumas).

Monneret 1950 BON coupes du Salon

Le trio familial termine en beauté l'année 1950. À l'issue des Coupes du Salon disputées sous une pluie ininterrompue (on est à Montlhéry !), Georges est victorieux en 350 (AJS) devant son fils Pierre (AJS) tandis que Jean est quatrième sur... AJS. Pour la sixième fois Georges remporte le titre de Champion de France des 350. Dans ces Coupes, Pierre a mené à la victoire en 250 la Benelli de l'officiel Ambrosini. Autre machine d'usine, l'AJS 500 "Porcupine" championne du monde 1949 aux mains de Graham avait été prêtée à Georges qui a ainsi ajouté une nouvelle victoire en 500 à son palmarès. (Photos ci-dessus et ci-dessous : de g. à dr. Pierre, Georges, Jean).

Monneret-1950-voeux696.jpg

 

Monneret 1951 K-E 1000

Après douze ans d'interruption, le 11 mars 1951,  Eugène Mauve organise de nouveau la course de la Côte Lapize sur le routier de Montlhéry (800 mètres cassés par un virage près de l'arrivée). Une épreuve que Georges ne pouvait pas négliger bien qu'il soit en train, par ailleurs, de participer avec ses fils au "tour du monde" sur 125 Puch qu'il tente sur l'anneau de ce même Montlhéry depuis le 8 mars. Abandonnant pour quelques instants Pierre et Jean, il va effectuer sa montée à Lapize où la pluie ne favorise pas une grosse et puissante cylindrée comme la Kœhler-Escoffier. Avec 90,566 km/h il signe le meilleur temps de la journée mais ne bat pas le record absolu de la Côte. C'est apparemment sa dernière apparition au guidon de cette machine modernisée par de gros moyeux-freins centraux en alliage léger. Elle sera reprise l'année suivante par son fils Pierre qui signera lui aussi le meilleur temps de la journée avec 97,297 km/h.

Monneret 1951 Puchtrio617

De la plus grosse à la plus petite, c'est avec cette 125 que Georges et ses jumeaux vont tourner nuit et jour sur l'autodrome. L'expérience de Moury, vainqueur de sa catégorie au dernier Bol d'or leur a été utile : au lieu de mégaphones que l'on voit ci-dessus et ci-dessous, ils sont revenus aux silencieux d'origine (ou presque), afin de préserver leurs tympans. Le carénage est surtout destiné à protéger le pilote plutôt qu'à améliorer l'aérodynamisme. Il fallait que la machine soit le plus proche possible de la série mais le sélecteur a néanmoins été remplacé par un court levier à main.Monneret 1951 Puch solo618

La belle combinaison de cuir de Georges disparaitra rapidement sous un accoutrement moins élégant mais autrement efficace contre le le vent, le froid et la pluie.

Puch-Monneret-records---Duc.jpg

On simule un départ pour la photo qui sera publiée en couverture de Motocycles daté du 15 avril, alors que la tentative a réussi. Pierre, à droite, a une tenue et un air bien trop décontracté pour quelqu'un qui est censé prendre le relais sur la Puch TS.

Monneret-1951-Georges-vi695.jpg

Alors que la vaillante 125 Puch a dépassé les 30 000 km au bout de 19 jours, Jean Monneret est victime d'un grave accident. À la tombée du jour, il percute le camion qui déposait les balises d'éclairage (de simples lampes-tempête) autour de la piste. À l'hôpital d'Arpajon où il est transporté, on diagnostique des fractures à la jambe, au bras, aux mains ainsi que des brûlures au second degré. Le lendemain, après une interruption de 21 heures car il a aussi fallu remettre la machine en état, Georges décide de continuer avec son seul fils Pierre. Avant l'accident, leur moyenne était de 70,130 km/h...                  

Monneret 1951 Puch616 

 

 

... Elle n'est plus que de 66,860 lorsqu'ils reviennent en piste et ils ont encore 10 000 km à parcourir - à deux - pour réussir leur défi. Dans les 7 jours suivant, leur moyenne va non seulement se maintenir mais augmenter. Pas de beaucoup, certes, puisqu'elle s'établit finalement à 67,030 km/h mais ce gain est remarquable pour la bonne raison que d'habitude sur les records de longue distance - ici 40 000 km ! - la moyenne tombe régulièrement au fil des heures. L'implication de l'usine autrichienne ne fait aucun doute, trahie par le personnage en knickers et bas blancs, une élégance qui se rencontre assez peu souvent chez le mécano français de base... Monneret 1951 Puch arrivée

Le 2 avril 1951, à 10 heures et 37 minutes, Georges Monneret franchit la ligne d'arrivée avec au compteur de la Puch 125 TS un total de 40 076,494 kilomètres parcourus à la moyenne de 67,040 km/hMonneret 1951 Père-097 

 

 Le père de Georges Monneret est venu à Montlhéry pour partager la réussite de son fils et de son petit-fils dans une aventure que la presse de l'époque semble avoir boudé. On peine à trouver des textes aussi bien dans Moto Revue que dans Motocycles. Si on était mauvaise langue, on supposerait un "différend" entre les deux revues et un importateur (les Ets Humblot) trop peu enclin à passer des annonces publicitaires...

Monneret 1951 Puch pinup615

Cette photo qui semble symboliser la victoire a été en réalité faite avant le départ de la tentative. On remarque que le carénage est présent ici alors qu'il a été réduit après l'accident de Jean et que les pilotes ont équipé le guidon de manchons. Ces différences sont visibles en comparant avec les deux photos précédentes. De plus, on aperçoit derrière Pierre la tête de son frère qui, naturellement était encore à l'hôpital au moment où Georges bouclait son tour final.   Monneret-1951-Marseille656.jpg

Monneret 1951 Marseille2657  

 

En avril 1951, Georges et Pierre  descendent dans le Midi pour le Grand Prix de Marseille. Mal leur en prend car le club organisateur, soucieux de présenter un plateau prestigieux a obtenu l'engagement de Geoff Duke. Pilote d'usine de Norton, Duke est vice-champion du monde 1950 en 350 et 500 et il vient d'attaquer la saison 1951 par une victoire au G.P. d'Espagne à Montjuich le 8 avril. Sur le chemin du retour il fait un crochet par Marseille où, sans forcer son talent, il rafle la victoire en 350 et 500. Georges Monneret s'est défendu durant 8 tours, jusqu'au moment où la chaîne primaire de son AJS a cassé. Collot (n° 4 sur la photo en haut) a fini 3ème, à 4 tours de Duke, ce qui donne une idée de la valeur du pilote britannique. Pierre Monneret (n° 2) a chuté en course. En 500, Georges était sur une Norton, marque qui ne lui est pas vraiment familière. Il est si peu à l'aise à son guidon qu'il s'arrête au bout de 6 tours "sa moto n'ayant pas été préparée pour ce circuit et laissant à désirer", selon l'explication étonnante donnée dans la revue Motocycles. Du côté de la rivale Moto Revue, pas un mot sur ce Grand Prix de Marseille, même pas les classements secs...

Monneret 1950 Mauve625

 

De nouveau à Montlhéry où l'on trouve un quatuor historique dans l'histoire du motocyclisme français : de gauche à droite, Jean Monneret, Georges, Pierre et Eugène Mauve, le père du Bol d'or et de tant d'autres compétitions disputées sur le béton de l'autodrome ou sur le routier. Si le lieu est connu, les circonstances ne le sont pas malgré la tenue de Pierre qui laisse supposer une épreuve, voire une tentative de records ou tout simplement des essais de mise au point d'une nouvelle moto de l'écurie Monneret.

 

 

BIENTÔT LA SUITE (ENCORE !) MAIS PAS LA FIN ! ! !

 

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Pari Patrick 10/06/2014 17:33

Merci pour votre réponse tardive....
Remarque désagréable sans doute, injurieuse c'est un peu exagéré!
Désolé je n'ai pas lu ou vu le commentaire dont vous parlez ou mon père est cité dans le texte? mais bon si c'est le cas je vous présente mes excuses.
Bien que j'aurai aimé voir sous la photo "photo René Pari"
Je fais vivre, à ma manière, une partie des archives photos de mon père, que je possède. En bon professionnel, Il avait l'habitude de bien annoter ses contacts contrairement à ce que vous
dites.
je suis très attentif à ce que son nom apparaisse quand il s'agit de ces images.
De tout temps les photographes professionnels ont toujours attachés une très grande importance à ce que cela soit le cas, mon père était de cela.
Si les photos René Pari ne sont pas trop connus c'est que je ne
je ne souhaite pas qu'elles se retrouve sur le net. Cela ne veut pas dire que je ne m'en occupe pas.
c'est mon choix.
Cordialement

zhumoriste 10/06/2014 19:11








Bon, je retire "injurieuse".


Je comprends bien votre réticence à mettre les photos de votre père sur le net mais vous pourriez les passer en basse définition, c'est à dire en 72 dpi.
Ainsi elles restent parfaitement lisibles à l'écran mais on ne peut pas les utiliser dans l'édition car elles "pixellisent" à l'agrandissement. Dans mon blog elles sont en 180 dpi, ce que
certains me reprochent sans me donner leurs vraies raisons... faciles à deviner. Néanmoins, j'en retrouve parfois sur des sites ou blogs et dans ce cas, j'envoie un mail en demandant leur
retrait ou, au choix, la mention du nom de mon blog. Je n'ai jamais eu de difficultés à faire admettre l'une ou l'autre solution, sauf avec un site polonais qui m'a piqué des dizaines de
documents sans mention d'origine.


 





Pari 28/04/2014 20:07

Vous auriez pu citer l'auteur des supers photos de Georges Monneret.

Il s'agissait de mon père René Pari grand photographe. Avez vous fait des recherches, il est très important de citer l'auteur des photos.
Cela doit sans doute vous passer au dessus de la tête.....

Je vous le signal quand même.

zhumoriste 10/06/2014 11:23



Votre réflexion désagréable, limite injurieuse, m'a d'abord incité à mettre votre commentaire au panier. J'ai ensuite réfléchi et voici ma réponse.


René Pari est sans nul doute un grand photographe, mais vous devez reconnaître qu'il est parfaitement ignoré de la postérité. Il est inconnu sur le ouèbe, sauf... sauf par l'une des photos du
raid de la famille Monneret, publiée dans ce blog. Son nom est cité dans la légende de la photo où il est dit : "Georges file bon train et esquive (esquisse, plutôt !) un sourire à l'adresse du
photographe René Pari qui suivra les trois hommes jusqu'au terme du voyage". Mon expérience de la presse professionnelle (Carte de journaliste n° 14 603 obtenue en 1953) et 38 ans d'exercice dans
diverses publications m'ont permis de constater que la majorité des photographes ne se préoccupaient pas du sort de leur travail une fois celui-ci publié. Il fallait classer et protéger des
bandes de négatifs 24 x 36, voire des 6 x 6 ou des plans-films puis les légender et les archiver. Tout un travail assez long auquel un photographe ne pouvait, ou ne voulait, guère se livrer, ne
serait-ce que par manque de temps. Chaque fois que l'un des journaux auxquels j'ai collaboré devait déménager, une lettre était envoyée aux pigistes, photographes, dessinateurs leur enjoignant de
venir récupérer leurs travaux. Très peu répondaient et leur œuvres étaient détruites au bout d'un certain temps...


Ce désintérêt s'est accentué chez les photographes avec la généralisationn des publications en couleur qui exigeaient un tri (fastidieux) des ektas à publier, le rebut partant à la poubelle. On
n'ose imaginer ce qui se passe actuellement avec la photo numérique... Ce n'est que récemment, avec le développement des ventes aux enchères de photos que la valeur de celles-ci est apparue, bien
trop tard pour certains auteurs.


Je vous salue, en souhaitant que cette réponse ne vous passera pas "au-dessus de la tête".



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