Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 17:28

1948 bol programme158

Curieux Bol que celui de 1948 qui ne verra que peu de ténors "professionnels" au départ. En cause, une polémique entre certains pilotes, non des moindres, et l'organisateur Eugène Mauve. Dans le numéro de Moto Revue rendant compte de ce Bol d'Or figurait une lettre ouverte donnant les raisons de cette absence des meilleurs, dont le vainqueur de la précédente édition, Gustave Lefèvre. C'est justement lui qui, en compagnie de Lauer son compagnon d'écurie, signe cette lettre ouverte, au nom de l'Écurie Garreau (Clément Garreau était l'importateur Norton). Tout en ne citant à aucun moment le nom de Mauve, le "Père Créateur" du Bol d'Or, les deux compères, sans doute trois avec C. Garreau... écrivaient :

"De nombreux motards se sont peut-être demandés pourquoi beaucoup de sportifs (...) n'ont pas voulu participer au circuit de St-Germain. La réponse n'est pas difficile : c'est que les vrais sportifs désapprouvent l'organisation."

"Lefèvre et d'autres tiennent à préciser qu'avant le Bol de 1947, ils avaient été sollicités à plusieurs reprises pour participer à la célèbre course, et qu'à ce moment-là on promettait au gagnant plusieurs centaines de milliers de francs de prix... Les motards se rappellent que Lefèvre remporta une magnifique victoire mais ils ne savent pas par quel malentendu on réussit à transformer les promesses et à réduire les sommes d'une manière dérisoire. (...) En fait de centaines de mille francs, Gustave Lefèvre pour sa première place n'a touché que 54 000 francs (*), somme de laquelle il faut retrancher 18 000 francs d'essence et d'huile sans tenir compte de l'usure de la moto, du travail des mécaniciens, de la préparation, etc... les autres concurrents ont été dupés dans les mêmes proportions.(...) Tant qu'on agira avec un esprit aussi intéressé, aussi peu compatible avec le sport, les vrais motards marqueront leur mécontentement, mieux, leur répugnance : ils ne participeront plus aux courses (...).

"D'autre part, les coureurs demandent que le Bol d'Or ne soit pas incorporé dans le Championnat de France".

LAUER - LEFÈVRE

(*) À peu près la valeur d'une 125 Motobécane latérales ou d'un 100 Monet-Goyon 2 temps.

 1948-Bol-lenglet-BEST-237.jpg Pour la première fois dans l'histoire du Bol, une BMW remporte la victoire absolue grâce à l'amateur Jacques Lenglet, du Moto Club de Paris, un exploit confirmé par la deuxième place de son frère Robert sur une machine identique. Tous deux pilotaient des R 51, un flat culbuté de 24 chevaux construit de 1938 à 1940. La victoire fut longtemps indécise. Dès la première heure, Venin créait la surprise sur sa 500 Saroléa ex-Monneret en parcourant 22 tours du circuit de St-Germain contre 21 à son plus proche poursuivant. Puis des ennuis de sélecteur, une rupture du ressort de boisseau du carbu, la première de ses trois chutes obligent Venin à laisser le commandement à Faëne sur 350 Matchless, une ex-surplus militaire préparée par Rossignol. Lui aussi est victime d'une chute mais il reprend la tête au général et s'y maintient à partir de la 7ème heure. La rupture des deux ressorts de soupapes de sa culbutée à la 15ème heure le retarde considérablement. Ce dont Lenglet profite pour prendre la première place de façon définitive, terminant ses 24 heures à 79,167 km/h avec 1900,021 km parcourus. 1948 AMC Mathieu1re manière

Le nom de Jean Mathieu a été pendant de longues années associé dans la compétition à celui d'A.M.C., le motoriste auvergnat. Avec des machines et des moteurs qu'il préparait et modifiait lui-même dans son atelier de Bort-les-Orgues, Mathieu fut de toutes les courses importantes françaises. D'abord en 125 puis en 175 lorsque les basses manœuvres de Motobécane (avec quelques autres...) aboutirent à l'interdiction des courses en 125. L'allègement de sa 125 du Bol a même porté sur la fourche qui est une parallélogramme profilée suspendue par un ressort sous cache télescopique. L'absence de phare est normale, cet "accessoire" n'étant obligatoire que pendant les heures de nuit. Mathieu finira deuxième derrière Betbèze sur sa redoutable 125 Ardie deux-temps. Encore une victoire de l'Allemagne !

1948 Bol Benzoni Sertum136

Décidément, les puissances vaincues de l'Axe ont pris leur revanche dans ce Bol. On a vu la victoire de BMW en 500, puis celle d'une Ardie en 125 et voilà que l'Italie s'en mêle avec l'Italien Benzoni sur une rouge Sertum culbutée qui est vainqueur des 250 à 74,616 km de moyenne (1790,788 km parcourus).1948 Bol Tri-Gilera243

Sur sa 500 italo-anglaise bien adaptée (moteur vertical-twin Triumph et suspension arrière Gilera), Sutra lutta contre les hommes de tête durant les premières heures. Une défaillance de sa magnéto le fit rétrograder et s'il termine 5ème des 500, il n'est que 13ème au général malgré tout son acharnement.

1948 Bol Murit244

Journée noire pour Jean Murit dont la 1000 BMW (une "Russie" violemment coursifiée) est arrêtée au bout de deux heures : bougies trop chaudes = pistons fondus. Qu'à cela ne tienne, le temps de changer cylindres, culasses et pistons Murit est à nouveau en piste. Sur un éclatement d'un pneu, il part en tête-à-queue et se fait emboutir par un autre concurent en solo. Les pilotes s'en tirent avec des contusions, mais le passager du side est blessé plus sérieusement à la tête entraînant l'abandon de l'équipage. L'autre pilote impliqué dans l'accident, Thibault, abandonne également, sa machine étant devenue inutilisable.

1948 Bol FN Guigna side242

Autre attelage, autre galère pour Guignabodet Père sur F.N. 600, une M 86 à culasse bronze. Elle emmenait un châssis Carpio surmonté d'une "caisse" profilée et lestée pour compenser le poids du passager absent. À la 5ème heure, une soupape embrassait le piston et c'était l'abandon.

1948 Bol FN Guigna241

"Bourrée de chevaux", selon Moto Revue, la Super Sport M 86 rigide à l'origine avait reçu une coulissante arrière "maison" dans un cadre fortement renforcé. Sur une aussi longue distance que le Bol, les pilotes essayaient par tous les moyens d'améliorer le confort, consommant du caoutchouc-mousse en quantité lorsque leur talent de mécanicien-soudeur (ou leurs moyens), ne leur permettaient pas de bénéficier d'un arrière suspendu. Dans les années suivantes, la petite industrie des suspensions adaptables (avant ou arrière) trouvera vite une clientèle, et pas seulement pour la compétition. 

1948 haut Bétemps

Encore une victoire pour BMW avec le side-car de Bétemps qui gagne sa catégorie des sides 1000 (il y était seul avec Murit) sur une R 75 bien musclée. Il est aussi 3ème au général avec 1846 km (à 76,930 de moyenne) et malgré un dernier tour effectué à pied sur panne d'essence. C'est là qu'on apprécie d'avoir un passager qui pousse ! 

1948 Bol Elie Huin138

Sur sa 125 à moteur A.M.C., Guy Huin avait réalisé une suspension arrière oscillante de type mono-amortisseur particulièrement bien haubannée. Une fuite au réservoir ne lui permit pas d'éprouver très longtemps le confort de son matelas de caoutchouc mousse. La marque clermontoise Élie Huin deviendra par la suite l'une des plus fidèles au moteur AM.C.     

1948 Carpio-JAP

Cette mystérieuse B.M. à moteur JAP 350, pilotée par Mariani était attelée à un side Carpio qui se démarquait de la concurrence par son châssis en tôle emboutie. Sans mal, Mariani remporta la victoire dans sa catégorie où il était seul concurrent. Mais "l'essentiel est de participer", comme disait le baron Pierre de.  

1948 Bol Venin batterie137

Installer un éclairage sur une 500 Saroléa culbutée de Grand Prix n'était pas chose facile, mais on pouvait faire confiance à Venin pour trouver une solution originale : la preuve. Fernand Venin était aussi un spécialiste de la recherche de l'allégement par perceuse...

1948 DKW Bol

À l'exception de Zündapp, les plus grandes marques importantes d'Outre-Rhin étaient représentées : BMW, NSU, et enfin DKW avec une "grosse cylindrée" 350 cm3 deux-temps. À son guidon,Tsi a fini troisième de sa catégorie derrière les Matchless de Faëne et Copman. L'étude de la mécanique des fluides n'a pas traversé le Rhin avec la machine et on roule en échappement libre.

1948 Bol moto vue239 copie

Un exploit qu'on revivra dix années plus tard (en 1959 et 1960) dans des Bol d'Or moribonds.

Partager cet article

Repost 0
Published by zhumoriste
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Z'humeurs & Rumeurs
  •      Z'humeurs & Rumeurs
  • : La moto et ses (larges) à-côtés
  • Contact

N'oubliez pas que...

... en inscrivant votre e-mail dans la case ci-dessous, vous serez prévenu instantanément par un message dans votre boîte de la parution d'un nouvel article. 

Recherche

Archives

Pages

Liens